Ils sont les petites mains qui assurent au quotidien des tâches souvent invisibles mais qui concernent tout le monde : professeurs, responsables administratifs, élèves, parents, bénéficient de leur travail. On parle peu souvent d’eux. On les voit peu mais s’il arrivait qu’ils ne viennent pas, leur absence serait très vite remarquée car le collège deviendrait rapidement ingérable. Les agents participent à leur façon à la bonne marche de l’établissement.
Il est 11h. Ils sont attablés dans le self du collège Jean Monnet. C’est le moment de prendre le déjeuner. Un peu tôt mais les agents n’ont pas le choix : s’ils veulent être prêts pour le coup de feu, quand les élèves vont arriver, il faut bien manger un peu. Au collège public, ils sont dix. L’adjectif qui revient le plus souvent quand on évoque leur travail, que ce soit avec eux ou avec les responsables du collège, c’est « polyvalent ». À Broons, ils sont placés sous l’autorité d’Alain Lorin, secrétaire général de l’établissement. « Ils sont sous mon autorité fonctionnelle. Ça veut dire que je gère au quotidien leur emploi du temps,
les tâches, tout ça sous l’autorité du chef d’établissement », précise Alain Lorin. Il ajoute, que ces agents sont tous sous l’autorité hiérarchique directe du Conseil départemental qui les recrute. L’équipe est composée de Nathalie Rouellé, agent d’accueil, Régine Pezavent, Élodie Fougereux, Rosemary Noré, Aude Guessant et Jean-Marc Lefort qui font 50 % de leur temps en restauration et 50 % en entretien des locaux, Laurent Dimart et Frédéric Gicquel qui sont aux cuisines, Carmen Rouillé qui est aide de cuisine, Emmanuel Le Roy agent de maintenance.
Tôt le matin ou plus tard le soir
Dans cette équipe, il y a ceux qui commencent vers 6h30. Ils assurent parfois les réceptions de denrées, ils ouvrent les locaux. Ceux-là restent jusque 16h. D’autres assurent leur service de 9h à 18h30 et pour le mercredi, ceux qui sont là y sont de 7h30 à midi. « Moi, je suis à la légumerie », indique Rosemary qui est en poste depuis déjà un bon moment comme Régine, Carmen, et Fredéric puisqu’ils ont commencé dans l’ancien collège. Mais ce n’est pas parce qu’on est à la légumerie que l’on ne s’occupe que des légumes. La polyvalence est partout. Par exemple, « je suis au service en cuisine mais je suis aussi bien ailleurs. Je fais l’entretien des locaux. Je vais un peu partout où il y a besoin », affirme Jean-Marc. Comme certains de ses collègues, il entretien les classes, les couloirs, le hall et il y a de quoi faire si l’on veut que le collège soit toujours propre et agréable à vivre. Certains ne touchent pas aux serpillières mais ont d’autres domaines de compétences très variés. Emmanuel s’occupe des divers contrats de maintenance, accueille les entreprises qui assurent cette maintenance, explique ce qui ne va pas et s’assure que le travail soit fait. L’informatique peut aussi faire partie de son travail. Il fait la tonte des pelouses. Comme la canicule a transformé l’herbe en paillasson, il a fait autre chose. En cas de nécessité il peut aussi participer à la petite plonge.
Ils sont sympas, on peut leur parler
Quant à Laurent Dimart et Frédéric Gicquel, ils sont aux fourneaux. Il faut bien donner à manger aux quelque 445 élèves et à la trentaine d’adultes qui mettent les pieds sous la table chaque jour. « Après une étude, il a été décidé de mettre en place un self participatif. Ça veut dire que l’on ne sert plus à l’assiette mais ce sont les élèves qui se servent eux-mêmes et prennent ce qu’ils se sentent capables de manger. On remarque vite qu’il y a moins de gaspillage quand on adopte ce système », explique Laurent Dimart. Ce jour-là, c’était crudités variés, riz à la sauce forestière, fruits variés et fromage. Pas de viande alors ? « On propose un repas végétarien par semaine et ça ne pose aucun problème », assure le cuisinier. Et les élèves, comment perçoivent- ils les agents de leur collège ? « Ils sont vraiment sympas. On peut parler avec eux. Ils sont agréables et ils nous écoutent », avaient indiqué certains collégiens en septembre 2025 quand le directeur académique était venu remettre le label de niveau 2 pour la lutte contre le harcèlement. Preuve que les agents eux aussi ont toute leur part à jouer dans la vie du collège et des collégiens.