Broons : Arboriculture : 6400 plants et de belles promesses de fruits

On est sur les hauteurs de Broons. C’est une parcelle qui ressemble à l’un de ces coteaux où l’on trouve de la vigne. Mais ici, à Kermelin même s’il y aura un peu de vigne à raisin de table, ce sont surtout les fruits à croquer qui seront privilégiés.

Katell Deloy et Mathias Le Gusquet sont en train de finaliser un projet qui leur tient à coeur depuis très longtemps. Et ce genre de projet, c’est un peu comme un  fruit : il faut que ce soit mûr sinon, ce n’est pas bon. Si c’est une activité qu’ils démarrent, elle n’est pour autant pas totalement nouvelle pour eux. Avant de définir leur voie, ils ont longtemps, tous les deux sillonné la France, ses vergers, ses coteaux, ses vallées et ses parcelles pour aller faire des saisons de cueillette, de taille,  de plantation. Le travail de la terre, la culture des plantes, ils connaissent déjà pas mal. Dans l’affaire, Katell sera l’exploitante et Mathias sera associé non exploitant. « Après avoir fait pas mal de saisons un peu partout, on a eu envie de se poser, d’avoir notre affaire. On en avait aussi un peu assez de travailler pour les autres. On voulait être chez nous », expliquent-ils.

Retour à la terre, mais quelle terre ?

Bien entendu, dans ce projet, la terre est l’élément central. Comment faire ce retour à la terre sans la parcelle adéquate ? La parcelle était là mais il a fallu du  temps pour l’acquérir parce qu’il s’agissait d’une succession à plusieurs personnes. Il a donc d’abord fallu régler cette succession avant tout. Désormais, la terre  est à eux, un forage a été réalisé pour l’arrosage et il y a peu, les arbres ont été installés. Depuis qu’ils ont cessé de faire des saisons, Katell et Mathias ne sont pas  restés sans rien faire. Mathias a travaillé en électricité un bon bout de temps. Katell a fait des formations entre autres à la ferme Kabocha à Languédias, chez Louis Collet à Boisgervilly et elle a aussi travaillé au verger Croq’fruits à Saint-Lormel. Elle avait envisagé un temps de faire une formation de maraîchage mais a  abandonné l’idée. Un verger, c’est long à installer et ça ne produit pas de suite. Donc en attendant, elle a travaillé en grande surface ou dans l’aide à la personne.

700 plants à l’heure

Au printemps, fin du mois de  mars, une armée de bénévole, amis, membres de la famille, sont venus apporter un bon coup de  main à la plantation. « C’était le  bon moment. Il avait plu avant mais le sol avait déjà bien séché. La terre avait été bien préparée, travaillée finement. On est allés chercher une partie des plants en Belgique et un transporteur a apporté le reste depuis le sud de la France. C’est un entrepreneur qui est venu du Maine-et-Loire avec la planteuse, une machine  guidée par GPS. Auparavant, on avait eu plus de 6000 plants à habiller, c’est-à-dire à préparer pour la plantation. Avec la machine en question, on peut planter à  peu près 700 arbres à l’heure », précisent Katell et Mathias. Après cette plantation, le travail est loin d’être fini. Il reste les poteaux à fixer pour passer les fils
qui tiennent les arbres sur le rang. « Des poteaux en robinier faux acacia parce que ce bois, très résistant, peut être placé sans traitement du bois. On estime qu’ils  peuvent tenir à peu près 35 à 40 ans. Ils ont été installés avec une machine à enfoncer les pieux ». Tout n’est pas encore terminé. Il  reste des choses à fignoler, à installer. Et puis, dans un verger, rien n’est jamais fini : taille, nettoyage, surveillance, prévention des maladies et protection contre les ravageurs, le travail ne manque pas.

Des fruits bio

Et on n’oublie pas l’essentiel : tout est en bio. Pas concevable pour nos deux arboriculteurs de mettre dans leur verger des produits toxiques et dangereux. Côté fruits, « Il y aura neuf variétés de pommes, cinq sortes de poires, du raisin. Ce sera du muscat mais pas de Hambourg car il est trop fragile et nécessite trop  d’interventions. Mais ce sera quand même un raisin très parfumé. Il va y avoir aussi des kiwis ». Hélas, dans un verger, en plus des fruits, on a parfois les pépins  avec. La plantation de kiwis vient d’être touchée par un champignon installé sur les racines et de nombreux plants n’ont pas survécu. Un coup rude mais Katell et  Mathias vont surmonter ça. « L’an prochain, on installera sans doute des fraisiers et plus tard, encore autre chose mais on ne va pas tout faire d’un coup »,  concluent les deux nouveaux arboriculteurs. La production devrait démarrer vraiment en 2028.