Plénée-Jugon : SMAP PSE : Présentation du Paiement pour Services Environnementaux

Le dispositif de Paiement pour services environnementaux (PSE) était au cœur d’une réunion organisée mardi 28 juillet à Plénée-Jugon.

Les élus de la commune ont accueilli Pascal Renault, directeur du Syndicat mixte Arguenon-Penthièvre (SMAP), venu présenter ce dispositif qui rémunère les
agriculteurs pour leurs pratiques favorables à la préservation de la ressource en eau et de la biodiversité sur le bassin versant de l’Arguenon. L’accueil était assuré par Marine Charra, adjointe au maire, entourée de Pierre-Manuel Onfray et d’Amélie Guérin, élus. Elle a rappelé que quinze exploitations  agricoles de Plénée-Jugon sont déjà engagées dans cette démarche. Guy Corbel, vice-président du Syndicat de Caulnes-La Hutte-Quélaron, a également  participé à la réunion. En présentant le SMAP, Pascal Renault a rappelé l’importance stratégique du bassin de l’Arguenon, qui stocke 11 millions de m³ d’eau et  permet la production d’environ 12 millions de m³ d’eau potable par an. « Nous fournissons de l’eau à Saint-Malo, environ un million de mètres cubes par an. Nous sommes leur seul secours », a-t-il souligné, avant d’évoquer la situation climatique actuelle : « Nous sommes en alerte sécheresse, cela commence à devenir préoccupant. » Guy Corbel a illustré cette évolution par les relevés pluviométriques : « J’ai suivi les précipitations sur vingt ans. On était toujours entre 650 et 750  mm par an. Cette année, nous avons enregistré 350 mm en seulement deux mois », a-t-il indiqué.

Préserver l’eau et le bocage

Le PSE repose sur des partenariats volontaires avec les exploitants agricoles afin de préserver la qualité et la quantité de la ressource en eau tout en maintenant les paysages bocagers. Les  engagements portent principalement sur deux axes : la gestion des structures paysagères (haies, zones humides, prairies) et l’évolution des systèmes de  production agricole. Le dispositif vise notamment à renforcer la capacité des sols à ralentir l’écoulement de l’eau, réduire l’usage des pesticides, en
particulier des herbicides racinaires, développer les surfaces en prairie, favoriser le désherbage mécanique et assurer une gestion durable du bocage.

Des pratiques rémunérées

Les agriculteurs engagés dans le dispositif bénéficient d’une rémunération selon les actions mises en oeuvre. Ainsi, l’implantation d’une prairie en zone humide  pendant au moins trois ans est indemnisée à hauteur de 986 € par hectare la première année, puis 87 € par hectare les années suivantes. L’absence de   traitements phytosanitaires ouvre droit à 300 € par hectare et par an, tandis que l’entretien du bocage est rémunéré 0,15 € par mètre linéaire de haie et par an.  Une certification environnementale peut également être valorisée à hauteur de 1 000 € par exploitation. Sur la durée d’un contrat, fixée à cinq ans, la  rémunération moyenne atteint 19 615 € par exploitation.

Les interrogations des agriculteurs

Les échanges ont également fait émerger plusieurs interrogations. Les participants se sont notamment interrogés sur les débouchés permettant de valoriser les zones humides et les cultures à faible niveau d’intrants. Un agriculteur a notamment fait remarquer : « Personne ne veut de mon herbe et on n’a pas le droit de  broyer sur place », soulignant les difficultés concrètes rencontrées sur le terrain malgré les dispositifs d’accompagnement.