Valentin Gendrot était l’invité de la librairie La Petite Marchande de Prose, samedi 13 septembre, pour le premier « ptit déjeuner de la librairie ».
Un écrivain qui revient sur l’assassinat de Magali Blandin qui a troublé, en février 2021, la vie paisible de la commune. Son livre Un jour, ça finira mal, publié aux éditions Stock. Pourquoi ? Parce que Vincent Gendrot est un témoin privilégié de cette « affaire », en tant que cousin germain de Jérôme Gaillard, l’assassin. Mais c’est aussi un journaliste qui aborde les faits en y ajoutant son analyse. « Il me semblait important de revenir sur la reproduction de la violence au sein de cette famille, le grand-père sur la grand-mère, le père sur la mère etc », explique l’auteur « et sur la responsabilité collective, à commencer par la gendarmerie car Magali avait porté plainte et de certaines personnes qui avaient été témoin de la violence physique exercée par Jérôme. Personne ne l’a protégée. Je ne suis pas sociologue ni fait-diversier, je reviens sur une histoire familiale et pour dire : il y a encore des gens qui pensent comme ça en 2021, la femme est la possession de l’homme. C’est du masculinisme rural avec une relation asymétrique de l’homme sur la femme ».
Et de rappeler « 47 % des féminicides ont lieu en campagne et un tiers de la population française vit à la campagne. Lorsque les parents de Jérôme se marient en 1971, c’est l’année d’une réforme concernant le mariage, où la femme devient l’égale de l’homme, mais Jean et Monique n’ont pas fait la mise à jour », déplore-t-il. Au-delà, de cette histoire, ce livre décortique les mécanismes d’un environnement violent.
Une analyse des mentalités qui évoluent beaucoup plus lentement que la législation. De la société, où le silence est encore trop souvent la règle. Des chiffres qui corroborent l’empreinte du patriarcat qui résiste. Un livre éclairant, qui apporte des éléments de réponses sans toutefois dissiper la sidération.
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