« Quand vous entendez les sirènes d’alarme, vous avez entre 5 à 7 minutes pour vous mettre à l’abri ». C’est le début du message publié dans les médias locaux polonais à la suite de l’intrusion massive des drones russes en Pologne, la nuit du 9 septembre au 10 septembre.
La Pologne a pris très au sérieux cette invasion des drones, devenus des armes de guerre qui tuent les populations à une centaine de kilomètres, de l’autre côté de la frontière, en Ukraine.
Tôt le matin, à 6h38 le 10 septembre, dans le village de Wyryki, à une quinzaine de kilomètres de la
frontière biélorusse et ukrainienne, un de ces drones s’est écrasé sur le toit de la maison d’un couple de retraités âgés de 70 ans, Ala et Tomasz Wesołowskcy. Quelques minutes avant l’impact de ce drone,
le couple était descendu de sa chambre à coucher dans la cuisine.
Dans un rayon de 20 km autour de cette commune, les forces de la défense territoriale, (WOT), ont retrouvé les restes de quatre différents drones. D’autres drones, voire leurs restes ont été retrouvés jusqu’à 300 km à l’intérieur de la Pologne.
« Dégât collatéral ?»
Ces drones seraient, un effet secondaire de l’attaque russe de Lviv en Ukraine. Erreur ou pas, ces drones russes n’ont pas respecté la frontière nationale polonaise, ni la frontière de l’Union européenne. Cet « accident », selon le pouvoir russe, n’est pas le premier, car régulièrement un ou deux drones, parfois un avion « se perd » au delà de la frontière polonaise.
Toutefois, jamais dix-neuf drones ne sont arrivés en une nuit sur le territoire polonais. La population locale a été paniquée par le bruit des avions de chasse polonais et hollandais, de l’Otan, qui ont poursuivi ces drones et en ont abattu plusieurs. L’intrusion du 9 à 10 septembre a eu lieu à la veille des opérations militaires d’entraînement des armées de la coalition russe nommées Zapad 2025, (en russe Ouest 2025), qui se déroulent tous les 4 ans. Cette fois, ces opérations ont été organisées du 12 au 16 septembre en Biélorussie, à la frontière polonaise.
Dans ce contexte, le gouvernement polonais a fermé l’espace aérien et terrestre à la frontière biélorusse. Cette décision a été signalée au président de la Fédération de Russie et ses belligérants. Désormais les Polonais surveillent la frontière européenne de l’est et il est temps pour l’armée russe de maîtriser ses engins volants pour éviter que les avions de l’Otan décollent.
Guerre imminente ?
Depuis le début du conflit en Ukraine, les Polonais sentent que la guerre s’approche de leurs maisons et s’y préparent. Fin août, le ministère de la Défense nationale, le ministère de l’Intérieur et de l’administration et le centre gouvernemental pour la sécurité ont élaboré, dans le cadre d’un projet gouvernemental conjoint, le « Guide de sécurité », un guide pratique contenant des informations essentielles permettant à chaque citoyen polonais de se préparer et d’agir efficacement en cas de crise, comme une guerre, une catastrophe naturelle ou une défaillance des infrastructures. Ce guide est téléchargeable sur une plate-forme gouvernementale et au début de 2026, chaque famille polonaise le recevra dans sa boîte aux lettres.
D’autre part, depuis la nuit de l’invasion des drones russes en Pologne, sur les réseaux sociaux polonais circulent des consignes « qui peuvent sauver des vies. Que faire quand on entend le bourdonnement d’un drone Shahed ? Il faut s’éloigner des fenêtres, s’allonger au sol près des murs porteurs. À l’extérieur, dans la voiture : éteindre le moteur, les phares, sortir du véhicule et s’abriter derrière un mur en béton. Se boucher les oreilles, ouvrir la bouche, un geste simple qui peut préserver ouïe et les poumons. Ne pas bouger avant que le silence ne revienne d’au moins 10 minutes ».
E.C