Montfort-sur-Meu : S’agissait-il du relais de Poste ou du relais de Messageries ?
Le bâtiment du relais.

Entre routes royales, relais et messageries, l’histoire de la Poste en pays de Brocéliande raconte tout un pan de la vie d’autrefois. La voici.

Au 18ᵉ siècle, le roi Louis XV a créé cinq routes de Poste en Bretagne. L’Ille-et-Vilaine, quant à elle, était divisée en onze subdélégations dont Montfort-Montauban-Plélan pour le pays de Brocéliande qui regroupait cinq cantons : Bécherel, Saint-Méen, Montfort, Montauban et Plélan. Mais la Poste du Roi était fortement concurrencée par les Messageries.

Les relais, entre mémoire et réalité

Les relais de Bédée et Montauban ont été créés en 1738. En 1847, une délibération du conseil municipal de Bécherel signalait que les dépêches entre Bécherel et Montfort, portées par un piéton, mettaient trois jours aller-retour… Mais les fonds manquaient pour l’achat d’une voiture ! Les relais de Poste aux chevaux, supprimés à la fin du 19ᵉ siècle avec l’arrivée du chemin de fer, étaient Bédée, Montauban, Plélan et Bécherel. Tous les autres étaient des établissements privés de messagerie qui desservaient les autres routes.

La mémoire collective garde l’appellation de relais de poste mais ce n’étaient parfois que des relais de messageries. Une confusion qui s’explique par la ressemblance des missions. La distance entre deux relais était celle que les chevaux pouvaient parcourir sans boire. Au 18ᵉ siècle, un courrier mettait entre trois et quatre semaines pour faire Rennes-Montfort via Montauban. À Montfort, le relais se trouvait 40 rue de Coulon, un autre aurait peut-être existé rue de Beloir.

La Poste aux chevaux et les messageries géraient chacune un réseau de relais qui se complétait mais se concurrençait aussi. La première était une institution d’État, pour les courriers officiels, établie sur les grandes routes stratégiques, tandis que les messageries assuraient le transport des marchandises et des voyageurs en coche puis en diligence. Une entreprise privée pour un service public, mais peu rapide car les chevaux n’avaient pas le droit de galoper, contrairement à ceux du Roi. Et, sans doute pour des raisons de rentabilité, les cochers devaient rester au relais et attendre des clients pour revenir. Ils portaient les fameuses bottes de 7 lieues (distance entre deux relais avant 1738) qui protégeaient chevilles-mollets-genoux et étaient souvent attachées au cheval. Des bottes de 4 kg en cuir bouilli qui n’étaient pas utilisées pour marcher…

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