Xavier d’Haucourt est un passionné. Il aime les voitures anciennes et s’en occuper. La sienne ? Une Dauphine de 1958. Leur histoire est bien plus liée qu’un simple coup de clé à molette.
Entre une haie taillée et de grands arbres, une allée s’ouvre discrètement sur une demeure de caractère. Un chemin sert de guide jusqu’à une bâtisse en pierre. Devant, une voiture trône, comme si elle avait toujours été là. La Dauphine bleue Dubarry semble avoir trouvé sa place dans ce décor d’époque. Xavier d’Haucourt, son propriétaire, en est fier. Ce bijou de mécanique est le fruit d’un long travail de restauration.
Raconter l’histoire de l’un sans l’autre semble impossible. Cette Renault de 1958 appartenait à François Levrel, le grand-oncle maternel de Xavier. « Il venait souvent rendre visite à ma mère et moi avec sa voiture », se souvient-il. L’oncle avait pour habitude de faire quelques tours au volant de sa Dauphine, et d’en réparer les petites pannes lui-même. Sans enfant, il finira par l’offrir à son neveu, « certainement pour un anniversaire », sourit Xavier.
La voiture restera longtemps au garage. La vie, le travail, le manque de temps : la belle endormie s’enfonce dans la poussière et l’oubli. Mais récemment, le passionné d’automobile s’est décidé à la réveiller. Et presque un an plus tard, elle roule comme au premier jour.
Une mécanique à remonter le temps
« Je m’accroche toujours à tout », avoue Xavier en regardant sa voiture. À ça et à sa passion : la mécanique. « J’ai souvenir d’en avoir toujours fait. Une fois, mon père m’a dit « Tu vas être bricoleur plus tard mon petit bonhomme». J’avais juste retiré une chaîne d’un vélo pour le faire rentrer dans son coffre », s’amuse-t-il. L’attrait pour les moteurs et les doigts pleins d’huile ne datent pas d’hier.
En grandissant, Xavier répare les mobylettes de ses copains, puis s’occupe de ses motos et de ses différentes voitures. À deux ou quatre roues, chaque véhicule porte un souvenir. Il affectionnait tout particulièrement sa Peugeot 204 verte. « Elle n’était pas neuve quand je l’ai achetée, mais elle me plaisait bien. » Après avoir réglé un souci d’huile, il change les deux ailes et roule 65 000 km avec elle. Une voiture fiable.
Historique, humain et technique
L’amoureux des moteurs définit sa passion en trois mots : historique, humain et technique. Pour restaurer un ancien modèle, il faut « le remettre dans l’état d’origine et honorer le souvenir de l’ancien propriétaire. » Pour ce faire, il est important de connaître quelques autres passionnés. Trouver des pièces et des conseils n’est pas si simple. Xavier d’Haucourt échange avec des fans de voitures sur des forums ou lors d’évènements, comme Les anciennes voitures à Merdrignac. « C’est un sujet qui réunit beaucoup d’adeptes. La passion les anime et ils aiment en parler. Tout le monde est très gentil et prêt à aider », déclare-t-il joyeusement.
Pour la technique, le réseau joue aussi. Le propriétaire de la Dauphine avait un problème avec ses amortisseurs et ne savait pas comment le résoudre. Après plusieurs recherches et échanges, il trouva auprès d’un fan de vieilles voitures. « Je n’y avais pas pensé ! », avoue-t-il. Mais ce que Xavier apprécie tout particulièrement, c’est le cadre des voitures de collection. La sienne est reconnue et immatriculée comme telle.
Alors dorénavant, si vous croisez une jolie voiture bleu clair, saluez-là. Vous aurez peut-être la chance d’entendre son klaxon de ville ou celui de route.
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