Dans son bulletin Inf’Eaux 22, le département des Côtes d’Armor dresse un bilan pour le moins inquiétant de certaines rivières costarmoricaines.
En vigilance sécheresse depuis le 4 juillet dernier, le département s’inquiète des niveaux d’eau dans les rivières et nappes phréatiques jugés préoccupants. Malgré un mois de juin plutôt sec, l’intensité des orages a engendré des cumuls proches sur le mois des normales. Sous des températures devenant caniculaires, l’évaporation est importante. Les débits continuent de baisser suite aux mois précédents en déficit de pluie. Les niveaux sont préoccupants, atteignant des seuils de référence de « décennales sèches » sur bon nombre de cours d’eau, situation très semblable à celle de 2022.
Les nappes phréatiques accusent des baisses importantes, notamment à l’Est du département. La vie aquatique est impactée sur les petits cours d’eau. Afin de préserver les stocks pour l’eau potable et la vie aquatique, un arrêté de vigilance Sécheresse a été pris par le préfet le 4 juillet appelant au civisme de toutes et tous quant à l’usage de l’eau.
Fortes teneurs en pesticides enregistrées
Après les pluies d’orages, de fortes teneurs en pesticides ont été relevées dans les rivières. L’Hyvet à Merdrignac et l’Oust à Hémonstoir mesurent ainsi des teneurs élevées respectivement en diméthénamide, un herbicide principalement appliqué sur les cultures de maïs mesuré à la valeur très forte de 5,7 μg/l (2), du métolachlore ESA, un métabolite herbicide interdit depuis peu et mesuré à 1,22 μg/l (prélèvement du 12/05). Autre métabolite révélé a une forte concentration : le chlorothalonil R471811, issu d’un fongicide interdit depuis 2020, qui se manifeste dans toutes les rivières et particulièrement dans l’Islet à 2,37 μg/l. On note aussi la présence du terbuthylazine, herbicide à usage limité en raison de sa toxicité, sur maïs uniquement. Il est mesuré sur le Leff à une dose dépassant le seuil de toxicité vis-à-vis des organismes aquatiques (0,115 μg/l soit 2 fois le seuil de 0,06 μg/l).
Une consommation importante des nitrates par les plantes
Actuellement, la moyenne des teneurs en nitrates est de 24 mg/l, en baisse saisonnière classique à cette époque de l’année. Quelques cours d’eau révèlent cependant des teneurs encore élevées, au-dessus de 40mg/l : la Rosaie (affluent de l’Arguenon) ; Le Bizien (Pouldouran), le Lizildry (Plougrescant), le Quinic (Paimpol) et le Kermiton (Matignon).
En cette période où les teneurs en nitrates arrivant dans les estuaires ne sont jamais limitants, les conditions de fort ensoleillement et de températures élevées des dernières semaines ont favorisé la progression d’algues vertes, notamment en baie de Saint-Brieuc.
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