Broons : Collège Jean Monnet : Une classe engagée pour « créer, transmette et agir »

Cette année, la classe de troisième D aura un statut un peu particulier au collège Jean Monnet. Elle sera une classe dite «engagée».

Stéphane Guguen avait évoqué cette possibilité peu de temps après son arrivée en tant que principal à Broons, il y a un peu plus d’un an. Voilà que les choses se précisent et ont été clairement expliquées aux parents d’élèves en réunion. Virginie Omnès, professeure de lettres n’en est pas à son coup d’essai, même si elle  n’avait jusqu’à présent jamais utilisé le terme de « classe engagée ». Voilà plusieurs années qu’elle travaille avec les troisièmes sur le devoir de mémoire en lien  avec la Grande Guerre (14-18) avec sa collègue d’Histoire Céline Oréal ; Daniel Morvan, professeur de musique ;  Christophe Litou, professeur d’arts plastique et quelques autres. Lectures, travail sur des documents d’époque, mise en place d’une correspondance avec un établissement de la région parisienne sur le thème des Poilus,  présentation de fin d’année devant les parents.

Étudier un conflit pour comprendre l’engagement

Mais cette fois, c’est un nouveau cap qui vient d’être franchi. Un nouveau cap parce que l’engagement va être plus vaste, avec plus d’activités, plus de domaines,  concernés. « Cette année, nous allons étudier la Grande Guerre, mais nous allons surtout essayer de comprendre ce qu’elle nous dit encore aujourd’hui. Nous allons rencontrer des personnes engagées, découvrir des lieux de mémoire, participer à des actions solidaires et réaliser des productions dans plusieurs matières », a expliqué l’enseignante lors de la réunion de présentation. Le postulat de base part d’une question de fond : « Que pouvons-nous apprendre de ceux qui se  sont engagés hier pour comprendre comment nous pouvons, nous aussi, nous engager aujourd’hui ? ». Ce postulat part aussi d’une observation sur le terrain. «  Nous voyons qu’une majorité d’élèves souhaiteraient entrer dans l’armée, la gendarmerie, devenir pompier, médecin, secouriste, maître-chien etc., autrement dit  qui aimeraient s’engager pour être au service des autres ». Donc, étudier le conflit le plus meurtrier de l’ère moderne permettra aux élèves de (re)découvrir un
pan de l’histoire, de faire un saut dans le passé pour mieux comprendre le présent et peut-être aussi préparer un meilleur avenir.

Mettre des mots sur les maux

Le travail de la 3e D portera, dans un premier temps, sur le français, l’Histoire avec le projet « les arts plastique, la musique, la poésie dans le cadre du projet «  Mots et maux de la Grande Guerre ». Les collégiens devront se mettre dans la peau d’un Poilu pour imaginer les lettres qu’il écrit à sa famille, rédiger ces courriers  et les envoyer aux élèves d’un collège parisien qui feront de même. Comme ils l’ont déjà fait par le passé, les collégiens participeront aussi très  activement à la commémoration de l’armistice du 11 novembre à Broons. Un projet de séjour dans la Somm

e est aussi à l’étude pour pouvoir passer de « J’ai  étudié un lieu dans un livre » à « Je me rends sur place et je comprends pourquoi ce lieu est important ». Cela permettra sans nul doute de renforcer l’idée de l’engagement dont ont fait preuve les soldats qui ont défendu leur patrie. Certes, ils n’avaient pas le choix, mais ils ont fait preuve d’un courage immense.

La Seconde Guerre Mondiale ne sera pas le seul sujet de travail des élèves. Comme on l’a vu, le cercle c’est agrandi et des engagements modernes sont aussi dans le projet global.

Rencontrer ceux qui s’engagent aujourd’hui

De nos jours, il y a aussi des personnes qui s’engagent au quotidien soit à travers leur métier soit à travers le bénévolat. Les jeunes pourront aller à la rencontre  de ces personnes engagées pour aider les autres, pour sauver leurs concitoyens, pour les protéger des agressions et des dangers rencontrés chaque jour. Parmi  les pistes évoquées on peut citer : des militaires, des gendarmes, des pompiers, des sauveteurs de la SNSM, des membres du SAMU social et « différents  intervenants pouvant témoigner de leur engagement ». Stéphane Guguen partage évidemment les idées de ce projet. Il précise simplement que pour le moment,  certaines actions de cette classe engagée sont soumises à l’obtention de financements qui sont encore en cours d’étude. Mais quoiqu’il en soit, il faudra plus que des questions financières pour venir à bout de l’engagement des professeurs qui participent à l’affaire.