Née le 1er septembre 1926 à Paris, soeur Marie-Dominique a fêté ses 100 ans mardi 1er septembre 2026, entourée d’Isabelle Goré-Chapel, maire ; Lydia Bouchet et Christelle Cochon, adjointes, Brigitte Tanguy, présidente de d’association du Bourgneuf et du directeur de l’EHPAD, Jacques Brajeul.
« Mes parents étaient bretons, ils sont montés à la capitale chercher du travail, comme beaucoup à cette époque là. J’ai vécu jusqu’à mes 6 ans à Paris, puis j’ai été envoyée chez ma grand-mère maternelle qui habitait à Loudéac. J’ai alors été scolarisée à l’école Sainte-Anne », raconte Soeur Marie-Dominique. Elle passe son bac par correspondance en pleine période de guerre, « Pendant la guerre, il fallait un laisser passer pour se rendre à Saint- Brieuc et comme il n’y avait pas d’internat je suis restée sur Loudéac passer mon bac. J’ai vécu l’avant-guerre à Paris puis la guerre sur Loudéac. Quand la résistance s’est formée ça a été marquant. La ville de Loudéac a subi des bombardements. Contrairement à d’autres nous n’avons pas souffert de la faim car à Loudéac et alentours il y avait des terres agricoles. Par contre on a beaucoup souffert moralement, de voir les jeunes pris par les allemands et partir là-bas pour aller travailler dans les usines. Des jeunes de mon âge et que je connaissais ».
Elle reste à Loudéac jusqu’en 1947, puis part pour Épernon où elle rentre dans la Congrégation des filles de la Croix. Étant enseignante de mathématiques, elle va notamment enseigner à Plestin-les-Grèves pendant un an, à Paris également, et pendant 21 ans sur Brest. Elle enseignait de la classe de 6eme à la terminale, en école privée. Cette belle histoire entre elle et les mathématiques n’avait pourtant pas bien débuté, « Quand je suis arrivée à Sainte-Anne à l’âge de 6 ans je me souviens qu’il y avait une petite fille de mon âge qui avait écrit sur le tableau les centimes sous les centimes, les francs sous les francs, elle se débrouillait bien et moi je mélangeais tout, je n’y arrivais pas », dit-elle en rigolant. C’est la mère de Soeur Marie Dominique qui aimait l’arithmétique qui a transmis sa passion à sa fille. « Quand j’enseignais j’entendais souvent les élèves dire je suis nul, mais c’était faux. Pour moi c’est de la logique, c’est sûr que ce n’est pas pareil qu’en français où on peut écrire ce qu’on souhaite. En Mathématiques on attend quelque chose, mais c’est néanmoins surmontable ».
Quitter la Bretagne
« J’ai quitté Brest en 1980 et je suis partie comme économe (chargée des comptes) sur Paris et là j’ai pas mal circulé. On a été un certain nombre à quitter l’enseignement pour faire autre chose. En 1976 on comptait sept congrégations de Soeurs, puis nous avons décidé de s’unifier. On était connues sous le nom des Soeurs de la Croix, après cette unification on est devenues les Soeurs du Christ. On était 600 soeurs à cette époque ». Les soeurs s’impliquent dans l’éducation, la santé, la pastorale et les oeuvres sociales. Aujourd’hui, la communauté est implantée dans trois continents et sept pays (dont la France, Madagascar, le Cameroun et le Chili). « Durant les années où je faisais l’économat, j’ai circulé dans une grande partie de la France mais aussi en Belgique car j’étais économe de l’Europe. Maintenant ce n’est plus qu’une délégation. Je connaissais bien Soeur Tugdual décédé récemment à l’âge de 106 ans. On avait beaucoup de souvenirs en commun ayant travaillé ensemble », se souvient Soeur Marie Dominique. Soeur Dominique arrive en 2014 à l’EHPAD Le Bourgneuf à Merdrignac, suite à la fermeture de l’EHPAD de Guingamp où elle résidait depuis 2012. « Je connais quelques personnes sur Merdrignac car j’ai assuré quelques années les permanences de la paroisse. Mais sinon sur Loudéac je n’ai plus de famille. J’avais un frère âgé de 10 ans de plus que moi qui est décédé en 2002. Il a eu deux fils dont un est décédé et l’autre vit sur Laval. Mon frère était linotypiste à l’imprimerie Traonouil. Il a d’ailleurs connu le fondateur de l’imprimerie Le Maire ». Soeur Marie-Dominique a connu la famille de la célèbre artiste Jeanne Malivel, « Ils tenaient une épicerie sur Loudéac. Elle je ne l’ai pas connue mais par contre j’ai connu sa petite nièce Armelle Cordier ». Soeur Dominique ne s’ennuie jamais au Bourgneuf, « Je trouve toujours quelque chose à faire. Je participe par exemple aux animations loto. Avant d’être en fauteuil je participais également au cours de gym douce. Sinon j’aime bien la lecture », raconte-t-elle.