Montauban-de-Bretagne : Sur les chemins de Saint-Jacques : 4185 km à vélo !

Le 20 mai 2026, jour de son départ en retraite, Paskal Clopas (nom modifié), membre de l’OCM Cyclo Montauban-de-Bretagne, quitte sa maison à vélo. Son  objectif : rejoindre Saint-Jacques-de- Compostelle, puis revenir en longeant au maximum l’océan.

Un projet imaginé depuis janvier 2025, qu’il mènera finalement sur 4 185 km et 11 semaines. Première étape au Mont-Saint-Michel, avant de rejoindre Saint-
Jean-Pied-de-Port avec deux amis. Après le passage à la maison des pèlerins, l’équipe prend la route du Camino Francés. Au col de Roncevaux, la première difficulté arrive : « J’ai perdu ma selle, décelée  aux trois quarts de la montée des 19 km. J’ai effectué le reste à pied car je n’avais plus de force dans les jambes». Ses deux compagnons abandonnent l’aventure au neuvième jour. L’un en raison de vertiges liés  à la chaleur et à la fatigue, l’autre après une chute à vélo. «  Pendant un moment, j’ai eu un peu le cafard de repartir seul et ensuite décidé de persévérer vers mon but initial. »

1 860 km jusqu’à Santiago

Avec son vélo, chargé de matériel de bivouac, Paskal avance en totale autonomie. Chaque matin, près de trois heures sont nécessaires avant le départ :  échauffements, respiration, méditation, petit-déjeuner et rangement du campement. Le 20 juin, exactement un mois après son départ, il atteint Santiago après 1  860 km. « Pour un débutant dans cette première escapade que j’ai continuée en solo, j’avais assez bien préparé mon paquetage vélo, campement, vestimentaire  et kit de réparation. Mais je ne m’étais pas du tout imaginé un si difficile relief côté nord-ouest de l’Espagne. » Après quatre jours de récupération, il reprend la  route sous la pluie vers le cap Finisterre, puis longe l’océan jusqu’à Irun et Hendaye. En France, il poursuit par la Vélodyssée et les routes côtières, via Arcachon,  Bordeaux, Royan, La Palmyre et le pont de Saint- Nazaire, jusqu’à Pénestin. Le voyage est aussi marqué par  les blessures. Une infection au pied, puis une chute  presque à l’arrêt qui lui provoque une foulure de la main droite : pendant douze jours, il doit changer les vitesses avec la main gauche. À trois reprises, il envisage  d’abandonner. « J’ai souvent été épuisé à la fin de longues journées de pédalage. Mais l’étoile du baroudeur aguerri m’a suggéré de continuer au fond de mes  tripes, si envisageable, pour ne rien regretter ensuite ! »

Des rencontres au fil des kilomètres

Au-delà de l’effort, Paskal garde le souvenir de nombreuses rencontres. À Astorga, il croise un cycliste de Bruges qui effectue son treizième et dernier Camino. «  Le lendemain de mon arrivée sur la place de la cathédrale, il m’a mis un mot sur mon vélo. Le hasard nous fera se retrouver plusieurs fois à Santiago. Depuis, on  s’écrit régulièrement pour prendre des nouvelles. » Il croise aussi, à plusieurs reprises, un couple de Mordelles rencontré au hasard d’une pause. La femme le  photographie et le filme pendant une ascension. « À 1 km plus loin et presque arrivé en haut, je me décide de faire demi-tour pour les revoir, juste à temps car prêts à repartir, pour leur donner mon numéro de téléphone afin de recevoir les photos et vidéos. » À Hendaye, autre surprise : il retrouve un couple d’amis de La Mézière, rencontrés dans le cadre de la danse bretonne et du tarot. Une soirée partagée avant de reprendre la route. Le retour à Montauban, le 3 août, est  chaleureux. Des cyclotouristes de son groupe OCM viennent à sa rencontre à une trentaine de kilomètres de l’arrivée. Devant la mairie, amis et voisins l’attendent  pour l’applaudir et partager un moment convivial. Son vélo n’est pas resté longtemps au repos : quelques jours plus tard, Paskal reprend la route pour rejoindre  ne quinzaine de cyclistes de son club à Château- Gontier, dans le cadre de la Semaine fédérale du vélo. « Maintenant, à l’entrée de ma pleine retraite, et ayant  amélioré depuis peu mon état de santé des co-infections de Lyme et fibromyalgie, je me projette à de nouvelles aventures pour essayer de profiter au mieux ces  quelques années de vie relativement valide en loisirs, voyages et bonheur. »