Montfort-sur-Meu : Exposition : Michel Urvoy présente « Je vous écris de Benoît Labre »

« Comprendre avant de juger » insiste le journaliste Michel Urvoy à l’initiative de cette exposition « Je vous écris de Benoît Labre » qui est aussi devenu un livre Vies brisées, espoirs retrouvés publié aux éditions Ouest France.

« Cette exposition regroupe 25 portraits de personnes que j’ai rencontrées. Leur témoignage est sous forme de lettres adressées à un proche ou à une personne  quelconque et est accompagné d’une photo qu’ils ont choisi » précise le journaliste. « Chaque cliché est une aventure, une histoire, qui parfois a participé à leur  reconstruction et les a aidés à se regarder en face ». Tout nouvel administrateur de l’institut Benoît Labre, mais bénévole de longue date, Michel Urvoy explique «  Se retrouver à la rue, peut arriver à tout le monde, mais heureusement on peut aussi s’en sortir et ces lettres le montrent. Plusieurs commencent à s’en sortir, certains sont en formation, d’autres travaillent. Il y a de beaux rebonds. Beaucoup de ces situations s’expliquent par des drames familiaux (violences, alcool) y compris pour les demandeurs d’asile. Ils vivent misérablement et ne viennent pas pour les prestations sociales. C’est aussi le contexte social et familial qui  explique les comportements déviants. La seule solution est de les aider à s’intégrer ». Visible jusque fin septembre dans la salle Juguet, cette exposition est aussi  une façon de mettre en lumière le travail de l’association « ce n’est pas le moment de toucher aux budgets de ces associations, sans elles la société ne tiendrait pas. En flux régulier, l’institut, du nom de ce moine itinérant, devenu le saint patron des clochards, accompagne 650 personnes ».

Une association fondée en juin 1936 par Yves Desbois, responsable des camions qui livraient le journal dans tout l’Ouest, suite à la découverte de personnes qui venaient dormir dans ses  véhicules. Un visionnaire qui a compris que sans domiciliation, une personne n’avait pas d’existence administrative. C’est ainsi qu’est né le foyer, pour donner une  adresse à ces personnes de la rue. « Benoît  Labre est un institut qui s’adapte en permanence. Des sans-abris, il accueille désormais des migrants et des demandeurs d’asile. Il a même créé une structure le Rado, qui donne asile aux gens de la rue avec chiens ». « Nous allons garder l’exposition jusqu’à la fin du  mois de septembre pour tenter de mettre en place de la médiation avec les établissements scolaires » déclare Christophe Martins, président de Montfort  Communauté. « C’est important que les élèves puissent venir. Parfois l’exposition peut révéler des situations personnelles. Ça marche bien avec les primaires  notamment. Après, parfois, les plus jeunes reviennent avec leurs parents. Nous avons même eu un lycée qui a fait une campagne de dons après être venu la voir.  Il se passe plein de choses autour de cette exposition » conclut Michel Urvoy.