Saint-Méen-le-Grand : Sport : De la dispense de sport au sommet de l’Ultra-Trail

À 38 ans, mère de trois enfants et responsable d’unité pédagogique à CMA Formation (Ille-et-Vilaine), Laurenn Coudron est le visage de la détermination. Rien ne la destinait pourtant à boucler les 100 kilomètres de l’Ultra-Marin de Vannes parmi les meilleures. Portrait d’une athlète portée par la discipline, son entourage et  une incroyable force de volonté.

« J’étais souvent dispensée de sport, je n’aimais pas ça », témoigne cette ancienne élève du collège Camille-Guérin à Saint- Méen. Ainsi, rien ne laissait présager que cette Mévennaise deviendrait une spécialiste des très longues distances. Le véritable tournant s’opère à l’âge de 18 ans. Souhaitant perdre du poids et se  réapproprier son corps, elle chausse ses premières baskets. Ce qui n’était au départ qu’une démarche de santé devient rapidement une révélation. Après la naissance de son troisième enfant, elle franchit le pas de la compétition.

« Le sport ne m’a pas seulement permis d’affiner la silhouette : il a transformé ma vie, en  m’apportant épanouissement, confiance en soi et un profond sentiment de liberté ». En quatre ans d’ultra-trail, la progression de Laurenn a été fulgurante : un  premier dossard sur 14 km, puis un 56 km, avant de sauter directement le cap symbolique des 100 kilomètres. Une telle transition ne s’improvise pas. Pour réussir  à boucler ses épreuves et signer une remarquable 101ème place sur plus de 2 280 participants à Vannes, la préparation a été colossale avec « plus de 2 200 km  parcourus en quelques mois de préparation intensive. C’était un rituel quotidien strict : des réveils à 5h30 ou 6h du matin pour courir entre 12 et 15 km avant  d’aller travailler et des sorties longues le week-end, par tous les temps. On  n’est plus sur de la motivation quand on fait de l’ultra, on est sur de la discipline. Je  n’ai jamais loupé un entraînement : j’ai toujours été courir avec de la neige, du vent, de la pluie ou en pleine canicule », raconte-t-elle. Mener de front une carrière  professionnelle, une vie de famille avec trois enfants et une préparation d’ultra-marathonienne exige une organisation millimétrée. Un équilibre rendu  possible grâce au soutien inconditionnel du père de ses enfants, qui prend le relais lors des longues heures d’entraînement. Ses enfants, admiratifs et fiers,  constituent son premier cercle de supporters lors des compétitions. Loin d’être une aventure solitaire, l’ultra-trail est pour elle une expérience collective. Sur la  ligne de départ comme sur les sentiers, la rivalité s’efface devant la solidarité « les coureurs ne sont pas des concurrents, mais des partenaires d’effort qui  s’entraident dans la difficulté ».

Si c’est elle qui avale les kilomètres, Laurenn Coudron insiste sur le fait qu’elle « n’est jamais seule sur le parcours ». Épaulée par un mentor décisif : son entraîneur  Frédéric Gas, qui a cru en elle, lui a appris les ficelles du trail et l’a guidée du 56 km jusqu’au 100 km. Elle a également des soutiens fidèles : le BDS de  Pacé, géré par Romain Danzé, qui la sponsorise pour son année sportive autour de valeurs partagées. Aujourd’hui épanouie et accro au sport, Laurenn Coudron  souhaite transmettre son expérience et prouver que chacun est capable de se dépasser, quel que soit son niveau de départ. « Croyez en vos rêves parce que rien  n’est impossible. Avec du travail, de la discipline et de la volonté, on peut y arriver. Il faut commencer petit, ne pas s’arrêter et continuer, quitte à marcher au  début, mais tout le monde en est capable. »