Breteil : Agriculture : Canicules à répétition, orages, le bilan d’un maraîcher bio

Johann Chesnel est installé comme maraîcher bio à la Basse Herdrouais. Après les canicules, un violent orage subi le 16 juillet et le retour de la pluie qui se fait attendre, il témoigne.

« Les conditions excessives, que ce soit le vent, la pluie ou le soleil, ce n’est jamais bon » précise Johann Chesnel. Des conditions difficiles qui ont commencé dès  le mois de mai « l’excès d’humidité de début mai a décimé les fraises ». Puis ce fut les trois canicules. S’est ajouté le 16 juillet, un violent orage qui s’est abattu sur la commune « il a duré près de 45 minutes. J’avais déjà connu des vents de 100 km/h sans avoir de dégât, mais là c’était bien au-delà. J’ai une  serre habituée aux vents de la côte nord et là, elle n’a pas tenu ». Avec des températures au-dessus des normales de saison depuis des semaines, les productions  sont affectées. Le bilan chiffré se révélera en fin d’année mais déjà « 6 tunnels ont été écrasés, comme celui des poivrons, résultat, 30 % ont été abîmés et certains ont grillé à cause du soleil, revenu dès le vendredi, alors que je n’avais pas eu le temps de le relever. L’orage avait transformé le terrain en boue, on s’enfonçait, on ne pouvait pas intervenir. J’ai toutefois réussi à me glisser sous certaines bâches et vidangé l’eau accumulée avec mon dos ».

Avec des pignons de tunnels qui n’ont pas résisté à la force du vent, c’est plusieurs jours de travail qui attendent le maraîcher en plus  du coût. « Un pignon relevable neuf vaut 1 000 € et j’en ai pour environ 500 € de matériel de réparation ». S’ajoutent les pertes de production « J’ai perdu 30% de  tomates, tous mes choux rouges en extérieur, les bottes d’oignons sont grillées et les aubergines et les poivrons qui eux aiment la chaleur, c’est le tunnel qui s’est abattu sur les pieds. Je vais être en rupture sur les salades, c’est un manque à gagner de 100 € par semaine ». Arroser serait-il une réponse à la sécheresse ?  « La ressource n’est pas illimitée. Et puis, je n’ai ni le matériel pour une telle quantité, ni la main-d’œuvre pour le faire. Et l’envie manque, moralement ça devient difficile ». Une culture de saison impactée et celles d’automne qu’il n’est pas encore possible d’anticiper « tant qu’il n’y a pas de pluie, il n’y a pas de semences et après il sera trop tard » conclut-il découragé.