Montfort-sur-Meu : Histoire : Montfort au Moyen-âge

Pour connaître la superficie de l’ancienne cité médiévale, il vous suffit, pour en faire le tour, de suivre une série de boulevards. Ce terme miliaire désignait une  butte de terre maçonnée et constituait la 3e ligne de défense de la cité, après les remparts et les douves.

S’y ajoutaient les rivières du Meu et du Garun et l’étang jusqu’en 1760, date de son assèchement. Autant de défenses naturelles qui expliquent le choix du site par les premiers seigneurs en 1091 puis confirmé dans les années 1380, quand Raoul VIII décide de reconstruire son château. Montfort compte alors environ 600  habitants dont 300 intra-muros. Aujourd’hui, les limites de l’emprise de l’enceinte médiévale correspondent aux boulevards Léon Moutet, des douves, du  colombier, saint Nicolas (actuelle rue de Hennau) et retour place Saint Louis Marie Grignion de Monfort (l’église). Mais qui est donc ce Léon Moutet qui a donné  son nom en octobre 1946 à ce très court boulevard dénommé jusque-là, boulevard du Tribunal ? Un 2ème adjoint au maire Emile Beauchef, élu en 1908. Il est vrai que le maire, de par son métier de juge à Rouen et de conseiller à la Cour d’Appel de Caen, était fréquemment absent et remplacé par ses deux premiers adjoints  : Joseph Thézé et Léon Moutet. Quand, il est démis de ses fonctions par arrêté préfectoral le 13 juin 1944, c’est le 2ème adjoint qui se retrouve à la tête de la  mairie. Montfort vient de subir plusieurs jours de bombardements et est une ville sinistrée.

Malgré peu de moyens, Léon Moutet ne ménage pas sa peine, mais décède subitement  le 10 octobre 1944. Il est remplacé par Julien Pilorge. Et cette rue de Hennau, qui borde le côté nord de la cité médiévale, à qui fait-elle référence ? Cette voie qui assurait la liaison entre le faubourg Saint Nicolas et la butte Saint Jean était, sous l’Ancien Régime, en piètre état et les  voitures y couraient grands périls l’hiver. Les plaintes de l’Intendant du Roi étaient nombreuses, mais le coût élevé des travaux freinait la communauté de ville qui  demandait à l’État de les prendre à sa charge. Ce n’est qu’en 1900, que cette levée Saint Nicolas, prend son nom actuel. Il s’agit, pour la municipalité, de rendre  hommage à cette famille bienfaitrice de la ville. Issus de la bourgeoisie, les de Hennau font fortune pendant la révolution industrielle.

Dans les années 1860, un premier legs de 30 000 francs est fait à l’hospice par Théophile de Hennau. À son décès, son épouse Claire-Héloïse, lègue à son tour 50  000 francs. Par comparaison, un ouvrier gagne 700 francs par an. Toutefois, ce don n’est pas désintéressé, puisqu’en échange, elle demande à la municipalité, un entretien à perpétuité des tombeaux de la famille (accolés au mur nord du cimetière), ainsi que des messes. Cette voie permettait de rejoindre le donjon (à la  place de l’actuelle église) qui constituait l’angle Nord-Ouest de la cité médiévale. Le boulevard du colombier fait quant à lui référence à un colombier localisé  dans le secteur sans que l’emplacement précis ne soit connu. L’élevage des pigeons permettait un apport important en nourriture pour la table du seigneur et en  engrais pour les cultures. C’était la réserve des cuisiniers.