Ce n’est pas nouveau : le restaurant scolaire de Broons est à l’écoute des saisons, de la production locale et parfois des souhaits des enfants. Mais aussi à l’écoute des producteurs eux-mêmes.
« Voilà peu, nous avons reçu une proposition de la ferme de la Villeneuve à Plénée-Jugon. Ils nous ont demandé si on voulait du chou-rave parce qu’ils en avaient trop », explique Émilie, la responsable. Et aussitôt, elle a accepté de modifier ses menus pour faire goûter ce légume aux enfants. Mais le chou-rave qu’est-ce que c’est ? Dans le monde des jardiniers et de l’alimentation, le chou-rave fait figure d’OVNI (objet végétal non identifié). C’est une variété de chou qui produit un gros renflement de sa tige. Quand il est encore en terre, ce renflement qui ressemble à un navet se trouve un peu au-dessus du sol et c’est cette partie du légume qui est consommée. On en trouve très rarement dans les magasins, à l’exception des magasin bio et ce sont souvent les maraîchers bio qui en proposent. Du reste la ferme de la Villeneuve est en production bio.
Local, solidaire et goûteux
Lorine Drouet est actuellement en stage à l’Auberge des Écoliers dans le cadre de sa formation en BTS diététique et nutrition. Après avoir travaillé de nombreuses années dans divers domaines de la santé, elle a décidé d’aller voir du côté de la santé par l’alimentation « et on doit faire un stage en restauration collective d’au moins 150 convives pour observer l’ensemble du travail de l’équipe. J’avais envie d’un restaurant scolaire pour le côté éveil au goût chez les enfants », explique-t-elle. Avec le chou-rave, l’éveil au goût est assuré. La très grande majorité des enfants n’en avaient jamais mangé. Pour assurer, l’équipe a décidé de le proposer cru, râpé avec des carottes, ce qui fait dire à Alan qui a un peu plus de quatre ans : « On mange des carottes râpées orange et des carottes râpées blanches ». Examen de passage réussi pour le chou-rave : ils ont été très nombreux à apprécier ce nouveau légume sur la carte de l’Auberge. « Avec la chaleur qu’on a en ce moment, c’est un légume qui rafraîchit et qui a bon goût. En plus, celui-ci est bio et solidaire puisque la ferme qui le produit emploie des personnes en situation de handicap », ajoute Lorine.
Le Sarrasin jette un froid (dans la glace)
La nouveauté est aussi dans les desserts. Il y a quelque temps, la ferme du Chêne témoin avait proposé une glace au praliné noisette. « Nous l’avons fait goûter par petits morceaux d’abord et ce nouveau parfum a été aussitôt été adopté puisque presque tous les enfants en ont pris alors que très souvent, ils sont très nombreux à n’avoir plus faim pour le dessert », explique Émilie. La semaine dernière, une nouvelle glace est arrivée dans les assiettes : parfum sarrasin. En voilà une idée de mettre du blé noir dans une glace ! Goût surprenant, difficile à identifier évidemment pour des enfants qui ont nettement préféré le praliné noisettes de la semaine précédente.