Près de quarante personnes étaient présentes, jeudi 16 avril, à la salle des fêtes de Laurenan, pour rencontrer Léandre Chevalier, de l’association briochine « L’Eclosion ».
À l’invitation de l’association Laur’art, il est venu évoquer un sujet d’actualité : ’intelligence artificielle. Il a d’abord présenté son parcours : travaillant sur le numérique depuis une quinzaine d’années, il a suivi un I.U.T. dans ce domaine, dans les années 1993-1994, à une époque où était annoncé l’arrivée des « autoroutes de l’information ».
« À l’époque, on n’y croyait pas et une génération après, les prévisions se sont amplement réalisées. À « l’Eclosion », nous nous considérons comme des médiateurs numériques », explique-t-il. Le public a pu en apprendre plus sur le sujet à travers des dates clés : un premier programme informatique a été conçu dès 1842, l’intelligence artificielle est devenue un domaine de recherche en 1956, le premier algorithme d’apprentissage a été conçu dès 1958 ; quant aux débuts d’internet, ils remontent à 1960. 1997 marque une étape importante puisque, pour la première fois, une I.A. bat un champion d’échecs, le fameux Kasparov.
Par ailleurs, ce qui donne le vertige, c’est, qu’avant 1900, on doublait le nombre des connaissances, notamment dans le domaine scientifique, tous les cent ans. Dans les années 2010, c’était tous les 13 mois ! Et depuis, le rythme s’est encore accéléré. D’ailleurs, en ce qui concerne l’I.A., l’apprentissage automatique existe depuis 1990, l’apprentissage profond depuis 2010 : même si les ordinateurs ne sont pas explicitement programmés pour une tâche, même s’il n’y a pas d’humains derrière, ceux-ci vont réagir, l’algorithme va se réadapter et le travail va être réalisé. Désormais, l’I.A. générative crée du contenu original comme des textes ce qui, bien entendu, pose question.
Léandre Chevalier a d’ailleurs fait une démonstration, en créant par l’I.A., de façon quasi-instantanée, un poème sur Laurenan, une chanson sur Loudéac, l’un et l’autre tout-à-fait cohérents. Si jusqu’alors il était possible de détecter les images générées par l’I.A, assez facilement, aujourd’hui c’est de moins en moins le cas. L’intelligence artificielle apporte néanmoins une aide dans le domaine médical, par exemple, dans le traitement du cancer lorsque la machine va préconiser le type de traitement qui convient, à partir d’une analyse de sang. Toutefois, il est alarmant de voir que l’I.A. va détruire des milliers d’emplois, notamment dans le domaine de l’informatique, des métiers intellectuels, de gestion administrative qui vont disparaître : ce sont autant de cotisations élevées qui vont manquer à notre système de solidarité. Par ailleurs, la nouvelle génération qui arrive, née à l’ère du numérique, n’aura pas développé certaines facultés intellectuelles, puisque la machine fait tout. Cela rend cette génération particulièrement vulnérable. Un autre problème généré par le « tout numérique » est la gestion d’une colossale quantité de déchets, le renouvellement des Smartphones étant très fréquent. Une timide prise de conscience est là notamment, au Japon, où l’on taxe désormais les robots. « L’intelligence artificielle est-elle dangereuse ? En fait, tout dépend de l’utilisateur », conclut Léandre Chevalier.
Pratique
La prochaine conférence de Laur’art, sera toujours en phase avec l’actualité car elle portera sur le climat et sera animée par Steven Tual, météorologue. La soirée aura lieu le mardi 12 mai, à la salle des fêtes de Laurenan.