Saint-Gonlay : Concours « Photo magazine » : Rachel Daucé : lauréate du prix du studio Harcourt

En décembre dernier, dans le cadre du concours « Photo magazine », Rachel Daucé a reçu le prix du studio Harcourt dans la catégorie « Portrait ».

Déjà en 2024, la photographe avait été sélectionnée et s’était retrouvée dans les 300 premières. Cette fois, sa photo a été choisie parmi 21 000 candidats. À  l’annonce de la nouvelle « je suis tombée des nues, le studio Harcourt est très emblématique, c’est très flatteur » dit-elle encore étonnée. Depuis 4 ans, l’artiste  travaille sur la série « Au pied de la lettre ». « Je prends une expression, comme « entrer comme dans un moulin », « faire chou blanc » ou encore « marcher sur des œufs ». Je l’utilise dans son sens littéral et je la détourne. Celle qui a reçu le prix s’appelle « avoir du fil à retordre » ».

Une passion, vue au départ comme « juste un passe-temps, un exutoire. Si ça ne me convient pas, parfois je recommence car il n’y a pas de logique marchande,  donc pas de contrainte de temps. Il faut que ça reste un plaisir ». Pas d’objectif de professionnalisation, même si Rachel Daucé a été photographe professionnelle pendant 3 ans en 2013 « je faisais les mariages, du packshot (photo de présentation de produits), j’ai travaillé pour un joaillier également ». Après un détour par la traduction « j’aime jouer avec les mots », l’artiste opte pour la photographie « composite » : « c’est un intermédiaire entre la peinture et la photo, je joue toujours avec les mots mais aussi les couleurs et les formes. La difficulté est de toujours garder la même hauteur, la même perspective et la même inclinaison pour pouvoir ensuite assembler plusieurs photos ensemble ». Son cliché « marcher sur des œufs », lui a ainsi pris un an de travail. Une passion qui trouve ses racines à  l’adolescence, quand durant les grandes vacances, Rachel Daucé traînait son ennui dans les rues de sa commune « j’allais souvent voir le photographe installé à  Romillé, Gilbert Nègre et il m’expliquait comment il travaillait. C’était de l’argentique et du noir et blanc, donc très technique ». Puis, à la suite d’un doctorat en  chimie,  « c’était de la construction déjà », elle vit à Stockolm quelques années. C’est là qu’elle produit un reportage sur les techniciens du théâtre royal « c’était  les techniciens qui s’occupaient de la mise en scène et de la construction des décors. Leurs conseils de composition m’ont beaucoup aidée ». Un parcours  singulier qui l’amène aujourd’hui à 50 ans à un travail primé « j’ai la reconnaissance de mes pairs et du milieu, c’est satisfaisant, même si en vivre, c’est autre chose  », précise celle qui est depuis quelques temps assistante export pour une entreprise saint-gilloise.