Le cinéma associatif présidé par Alain Thébault a projeté un film documentaire qui met en lumière la création des maisons dites paillourtes.
Ce film intitulé « Brocéliande, pays des paillourtes », a été réalisé par Nicolas Straseele, qui est venu en Bretagne pour rencontrer le public lors de deux projections. Au Celtic à Saint-Méen, 50 personnes ont participé au débat avec Nicolas Straseele, réalisateur, Gurun Manrot, concepteur des paillourtes, Sylvère constructeur de paillourte en stage depuis 6 mois chez Gurun Manrot et Servane BZH de l’association Halem.
Au cinéma Cinélac de Ploërmel, 71 personnes ont rencontré le réalisateur, le concepteur et Émilie Baelde de l’association Halem. Une bonne partie du public est informée de l’existence des paillourtes mais sans forcément connaître le sujet. Sensibilisés par l’enthousiasme des protagonistes du film pour cet habitat naturel, le débat a permis d’approfondir plusieurs questions posées notamment à Gurun Manrot qui a construit sa propre maison avec des amis pour 5 000 €, sur un terrain partagé.
Le temps de mise en œuvre est de quelques mois à un ou deux ans selon la taille et le rythme de chacun, et aussi la nécessité ou non de se faire accompagner à temps plein, ou juste pour lancer chacune des nouvelles phases de chantier.
Beaucoup de questionnements
Les questions portaient aussi sur « qu’est-ce qu’un matériau écologique ? ». Il est principalement constitué de paille et d’argile, tout n’est pas naturel dans la paillourte. La ficelle pour attacher les ballots de paille est en plastique, mais permet l’économie de plusieurs centaines de kilos de bois. La bâche EPDM est utilisée pour la couverture. Elle est de la même matière que les pneus de voiture. « Protégée des rayons du soleil par une couverture végétale, la bâche de toiture est inerte. Elle protégerait la paillourte pendant des siècles », assure le constructeur.
Le public a été touché par l’ambiance sur les chantiers de construction des paillourtes, filmés par Nicolas Straseele. Son film montre à quel point les gestes pour construire engagent tout le corps, et encouragent l’esprit d’équipe.
Etre conseillé
En tant que construction compostable, la paillourte fait partie des habitats légers définis par la loi Alur de 2014. Cette loi permet d’accorder plus facilement le droit de construire des habitats légers, en affectant certains terrains pour ce type de construction. Pendant le débat, Servane BZH de l’association Halem a expliqué que dans la pratique, cette demande d’affectation peut durer 8 à 10 ans avant d’avoir une réponse qui est souvent négative. Cela pousse certains constructeurs vers l’illégalité. Le permis est plus difficile que pour une autre maison, il est préférable d’être conseillé pour bien choisir le vocabulaire qui décrit la construction.