Trémeur : Trail Bourbon : Course mythique à travers des paysages d’exception à la Réunion

Après avoir longtemps pratiqué le football, Stéphane Perrault a décidé, il y a une vingtaine d’années déjà, de se mettre à la course.

« L’avantage, puisque c’est individuel, c’est que j’y vais quand j’en ai envie. J’ai déjà fait quelques courses sur route et trois ou quatre marathons. Très rapidement, j’ai été attiré par les trails qui, par opposition à la course sur route, se font sur chemin avec des dénivelés parfois importants. On est en pleine nature, on est moins concentré sur le chrono et davantage sur ce qui nous entoure », explique Stéphane.
C’est son beau-frère qui l’a un peu entraîné dans cette aventure. « Mais il faut rester modeste : je n’ai pas fait la diagonale. J’ai fait le trail du Bourbon qui fait 105 kilomètres. Ce sont en fait les 105 derniers kilomètres de la Diagonale qui en fait 180 ».

Un voyage en famille

Stéphane est parti avec sa famille au complet. « On avait aligné deux semaines de vacances à la course. On a fait des randonnées jusqu’à cinq jours avant la course pour garder la forme. Cinq jours avant, du repos pour être en bonne condition ». Pour les 105 kilomètres du trail du Bourbon, le départ a lieu à Cilaos, l’un des cirques situés à 1200 mètres d’altitude. Les coureurs sont sur la ligne à 21h donc il fait nuit (elle tombe à 18h à cette période). Ils sont 1800 à s’élancer. « Le départ est un moment vraiment sympathique. La population soutient à fond les coureurs. C’est très festif. Tout le monde ne parle que de ça ». Sur le total des coureurs, il y
a environ 60 % des dossards qui sont réservés au Réunionnais, 30 % aux métropolitains et seulement 10 % à des étrangers « parce que le but est de permettre au maximum de locaux d’y participer. C’est aussi pour ça que le temps limite pour faire sa course est assez élevé pour ne décourager personne ».

Dans le sac à dos, un certain nombre de choses listées par les organisateurs : au moins un litre et demi d’eau, lampe frontale, couverture de survie, veste imperméable, vêtement chaud pour les hauteurs, lunettes solaires, casque, sifflet pour signaler une chute.

De vrais bolides

Le temps limité pour le Bourbon est fixé à 42 heures. Au-delà, c’est l’élimination. Stéphane a fait un temps de 29h45’ quand le premier, un bolide, a fait son parcours en 13h30’. « Ma course s’est très bien déroulée. Sur des parcours tels que ceux-là, il y a forcément des moments plus difficiles. Il faut l’accepter et se dire que ça ira mieux après. C’est le jeu et il faut surtout garder des pensées positives en toute occasion. C’est une école de résilience. J’ai adoré la course même si j’ai été surpris par les 30 derniers kilomètres que j’avais imaginés plus faciles. Ça m’a confirmé que cette course est vraiment à part par les distances, les dénivelés et l’exotisme des paysages », dit encore Stéphane.

Précision : à la Réunion, et c’est très rare, les bâtons de marche sont totalement interdits pour ne pas abîmer les parcours. Et le terme course n’est pas vraiment le bon car, en réalité, on marche plus que l’on ne court à cause des dénivelés. Stéphane, est bien entendu prêt à renouveler l’expérience. Pour la diagonale cette fois ?