Le 12 octobre dernier, à l’âge de 21 ans, la jeune pleumeleucoise a endossé le maillot de championne de Bretagne élite contre la montre. Une façon remarquée de clôturer la saison et qui compense une année 2024 mitigée.
En suivant son père et son frère sur les circuits la jeune Joséphine s’est aperçue que les filles pouvaient rouler aussi « je me suis dit pourquoi pas moi ? ». Elle a 8 ans. « Le vélo, c’est toute l’année, on allait tous les week-ends sur les courses ». Licencié à l’AS Romillé, comme elle, son père l’encadre « j’étais contente que ce soit mon père, c’était mon modèle » dit-elle en souriant.
Jusqu’en 3e, elle pratique vélo et natation « mais ensuite j’ai dû faire un choix ». C’est dans le contre la montre qu’elle se distingue « c’est ma spécialité, je l’ai découverte quand j’étais cadette (15-16 ans). Il faut apprendre à gérer son effort sur toute la durée du parcours, jouer avec ses limites. J’ai beaucoup travaillé sur des efforts de 20-30 minutes à 34-37 km/h de moyenne, ça représente entre 10 et 20 km. Il faut se dépasser, c’est une course contre le temps et contre soi-même ». Une fois passée en junior Joséphine Denieul a enfin pu avoir un vélo de chrono « c’est mieux pour performer, c’est plus aérodynamique ». Pour atteindre ces performances, « tous les week-ends, il y a des courses », durant la saison, Joséphine Denieul consacre environ 15 heures par semaine à ses entraînements, avec des sorties plus courtes. Et hors saison (de novembre à février), c’est 20 heures. En plus des sorties vélo, s’ajoutent des séances de musculation et de natation. « L’hiver, je travaille davantage l’endurance avec des sorties plus longues de 5 heures parfois ».
En coupe de France
Ses objectifs ? « En 2026, j’aimerais gagner une manche de coupe de France surtout en contre la montre individuel. Mais je ne choisis pas les manches que je vais faire. Les directeurs sportifs nous demandent nos objectifs et ensuite c’est en fonction de notre forme physique et de nos aptitudes ». Un régime est-il préconisé ? « Pas spécialement, il faut manger équilibré et varié. De la viande blanche et des féculents la veille et manger 3 à 4 heures avant la compétition ».
Pendant la course, elle a tout de même ses réserves, constituées de boissons énergétiques, de pâtes de fruit et de barres de céréales pour l’apport en glucides. Et en hiver, elle se met aux fourneaux et se cuisine des gâteaux de riz soufflé notamment « il faut que ce soit gourmand. On doit s’habituer à manger à l’entraînement pour le faire ensuite pendant les courses ». Depuis un an, la jeune championne a un entraîneur professionnel et une préparatrice mentale. Pour faire face à tous ces frais, la pleumeleucoise a créé une association « la Team Denieul » et est à la recherche de partenaires. « Je peux courir dans n’importe quelle course catégorie homme, mais je fais surtout des courses féminines. J’ai fait un peu de gravel en championnat de France cette année et une manche de coupe du monde en Hollande » dit-elle en toute humilité. Elle est toujours licenciée à l’AS Romillé, fait partie de la Breizh Ladies et évolue en division Nationale 1 Femme.
Des études en alternance
Une vie en dehors du sport ? Oui « passer pro n’est pas une fin en soi ». Après une licence STAPS ESPM (Ergonomie du Sport et Performance Motrice), Joséphine est en master IEAP (Ingénierie et Ergonomie de l’Activité Physique). Un diplôme qu’elle prépare en alternance, et en 3 ans pour faciliter sa pratique sportive. « Je souhaite aller dans la recherche et le développement de matériel sportif ».