Jeudi 13 novembre, une trentaine de personnes étaient présentes à la salle des fêtes, dans le cadre d’une soirée-discussion organisée par l’association culturelle « Laur’art ».
La soirée était animée par René Kersanté, ancien maraîcher en Seine-Saint-Denis, à l’ombre des tours. Symbole de son activité passée, une cloche de verre était posée à ses côtés. Toutes permettaient d’abriter, quelques plants de salades, quelques melons, avant que les serres ne soient mises en place. Le conférencier a d’ailleurs regretté d’avoir jeté ces cloches qui existaient dès le Moyen-âge et qui avaient pour but d’accélérer la croissance des légumes (il en a néanmoins gardé quelques-unes), car elles sont aujourd’hui, fiévreusement, recherchées par des collectionneurs.
Des châssis, avec des feuilles en verre, leur ont succédé. La soirée a débuté par un film retraçant l’épopée des maraîchers dans les années 60 et 70. En effet, René disposait d’une caméra super 8 qu’il a beaucoup utilisée. Cette partie a permis de voir le travail à la main sur de grandes étendues, l’emploi d’un « désherbant » qui était la binette, l’utilisation d’une machine à vapeur pour désinfecter le sol. On a pu y voir des travailleurs portant une hotte, un procédé remontant au Moyen-Age, et qui permettait de transporter soit du fumier, soit des légumes.
L’intervenant tient à préciser : « Ma grand-mère a fondé l’exploitation en 1922 et elle a pu prendre sa retraite à 44 ans, moi à 77. Par ailleurs, à un moment donné, j’ai vendu jusqu’à 100 000 salades par semaine tandis qu’un magasin que nous fournissions écoulait jusqu’à 1500 bottes de radis à la journée. Nous avions, avec nos clients, des relations à la fois commerciales et amicales ». René Kersanté a assuré sa succession en confiant en 2017 la terre aux fermes du Gally sur 3 hectares incluant les bâtiments d’exploitation. Désormais, on y trouve une ferme pédagogique et des séminaires sont organisés dans les locaux. René Kersanté indique : « Être maraîcher, c’est un état d’esprit, on emploie du personnel, il faut savoir le gérer, on a une marchandise que l’on produit, que l’on vend soi-même et il n’était pas rare que l’on charge les camions à 4 heures du matin mais, à cette époque, les voisins ne se plaignaient pas du bruit ».