Fini le temps où apprendre à l’école était considéré comme un gavage. Désormais, les sciences de l’éducation et même les neurosciences apportent leur contribution à la pédagogie. Au collège Jean Monnet les enseignants ont été formés à ces nouvelles données et tous les personnels sont peu à peu formés à leur tour.
Une soirée d’information a été proposée aux parents avant les vacances. Sonia Roser, principale adjointe, et Caroline Lecot, professeure de SVT ont animé cette soirée. Comme d’autres enseignants, elles ont suivi une formation. « Nous avons choisi de vous proposer cette réunion parce que les apports de la recherche en neurosciences sont très riches. Ils nous apprennent beaucoup de choses sur le fonctionnement du cerveau et cela peut aussi vous aider avec vos enfants pour le travail du soir comme ça nous aide dans les cours », explique la principale adjointe. Elle ajoute que les AESH (accompagnants des élèves en situation de handicap) et les assistants d’éducation ont eu une formation car ils aident les collégiens dans leur travail quotidien.
Pas de pseudo-science
Et attention, pas de gadget ! « On est pas dans la pseudo-science. Il s’agit d’un travail de recherche rigoureux basé sur des bases scientifiques réelles. Le but est de comprendre comment nos élèves apprennent, comment on peut les rendre plus actifs comment on peut les aider à être attentifs », précise Caroline Lecot. Apprendre qu’est-ce que ça fait dans le cerveau ? Comment ça fonctionne ? Qu’est-ce que ça implique ? « Apprendre c’est déjà s’enrichir et accepter de changer ce que l’on pensait exact. C’est aussi donner une importance à l’erreur. Il faut laisser les erreurs dans les cahiers de vos enfants pour que nous puissions les comprendre », dit encore la professeur de SVT. Elle explique aussi qu’on ne naît pas avec un cerveau définitivement fixé. Les choses changent et évoluent, c’est la plasticité cérébrale.
À bas clichés et idées reçues
« Moi c’est comme ça : je suis nul en maths. » Ou bien : « L’orthographe ce n’est pas pour moi. C’est de famille, on est tous nuls. » Selon les deux intervenantes, ce sont là des idées complètement fausses. « On naît tous équipés de la même façon au départ, mais après on peut évoluer. Avec des idées comme celles-là, on ne progresse pas, tout est fichu puisque l’on pense que c’est inscrit d’avance. On sait aussi qu’avec cet état d’esprit, les résultats scolaires sont nettement moins performants car l’erreur est perçue comme une confirmation de ce que l’on pensait. » Au collège, les classes de 6e ont particulièrement travaillé sur cette thématique en classe pour apprendre à être meilleur, à se concentrer sur des informations spécifiques. « Être attentif c’est sélectionner les bons moments, les bonnes informations. On sait comment et pourquoi le cerveau oublie. Mais on sait aussi comment y remédier ».
Aider élèves et parents
Les parents et élèves de CM2 étaient également conviés à cette soirée dans le but de mieux préparer l’entrée en sixième. Sonia Roser et Caroline Lecot animent ce type de séance avec les élèves durant les heures. « Ce n’est pas obligatoire, mais nous le faisons parce que nous estimons que c’est important pour aider nos élèves à apprendre et les encourager à gagner en estime d’eux-mêmes», conclut Sonia Roser. Mais attention, neuroscience ou pas, il n’y pas de magie là-dedans : apprendre, avancer, réussir, changer son état d’esprit reste un travail qui demandera toujours un effort.