Laurenan : Une nouvelle rentrée perturbée pour Élisa Barbé

Retour à la case départ pour Élisa Barbé et sa famille. Âgée de 14 ans, l’adolescente est scolarisée au collège Louis-Guilloux à Plémet, en classe ULIS (Unité localisée pour l’inclusion scolaire). L’année dernière, à son entrée en 5ème, le transport scolaire dont elle bénéficiait jusqu’alors en classe de 6ème, avait été stoppé par le département, suite à l’avis de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées), jugeant que l’adolescente ne “souffrait pas d’un handicap faisant obstacles à ce qu’elle prenne les transports en commun”.

Les parents de la jeune fille avaient alors saisi le tribunal administratif et en décembre 2024 un accord avait été trouvé avec la Région pour une solution de transport. Un soulagement pour tous, mais de courte durée, puisque cette année encore la famille fait face à un nouveau refus. “On se retrouve dans le même cas que l’année dernière. Le département a encore une fois refusé le transport, j’ai refait une demande et ils m’ont bloquée et raccroché au nez. Ils m’ont dit que si elle était scolarisée à Merdrignac elle aurait le droit au transport scolaire, mais à Merdrignac il n’y a pas de classe ULIS. J’ai contacté mon avocat, cette fois-ci on ne fera pas de cadeau”, souligne la mère d’Élisa, Florence Barbé.

Dans le cas d’Élisa, c’est le Département qui a la compétence. Ce n’est pas normal de laisser des enfants sur le bas-côté de la route, qui vont, à cause de ce problème, se refermer sur eux-mêmes”, déplore Isabelle Goré-Chapel, conseillère départementale du canton de Broons. L’année dernière la jeune fille avait loupé le début d’année scolaire faute de transport, des cours à la maison avaient par la suite été mis en place avant la solution trouvée en décembre.

À Trémorel, le jeune Lorenzo, scolarisé dans la même classe qu’Élisa l’année dernière, se voit lui aussi refuser le transport scolaire cette année. Ces parents ont alors décidé de le scolariser à Merdrignac, “ça pose problème car il va se retrouver dans une classe “normale” donc il va faire face à des problèmes d’insertion et d’apprentissage”, explique la conseillère départementale. “Le but des classes ULIS est l’intégration et la confiance en soi. Cette situation crée un stress chez les enfants”, explique Alain, le père d’Élisa.

Quelle solution ?

Les parents de la jeune fille dénoncent le fait que le Conseil Départemental et la Région se renvoient la balle sur ce dossier et “qu’ils ont eu du temps pour trouver une solution et rien n’a été fait. Comme l’année dernière on doit passer par la voie juridique, c’est fatiguant de dire sans cesse les mêmes choses. On a même dit à mon mari de changer de métier, on nous a aussi dit de déménager, c’est une honte !” fustige Florence.

On entend souvent des grands discours au niveau national pour les enfants en situation de handicap mais sur le terrain aucun moyen n’est mis en place pour les aider”, affirme Mickaël Chevalier, conseiller départemental des Côtes-d’Armor. Élisa a pu effectuer sa rentrée 2025 grâce à l’association la Voie douce, “On aide les familles sur tous types de sujet que ce soit administratif ou autre, mais aussi pour le transport comme dans le cas d’Élisa”, explique Marie Leho,
directrice de l’association. La famille Barbé attend désormais une réponse claire du tribunal.