Mérillac : La biodiversité sera au cœur du comice du 13 septembre
Quatre personnes posent devant un mur en pierre.

Le comice agricole de l’ancien canton de Merdrignac se déroulera le 13 septembre dans la commune de Mérillac. Au cœur de l’événement : la biodiversité. 

On souhaitait proposer un thème en relation avec les pratiques environnementales qui ont été engagées sur la commune. Deux programmes d’aménagement de Breizh bocage ont été menés, un en 2017 et l’autre en 2019. Grâce à ça, depuis 2017, 2000 arbres ont été plantés sur la commune. On n’a pas choisi ce thème de la biodiversité pour faire la morale aux gens mais pour fédérer et manœuvrer de façon intelligente”, explique le maire Claude Delahaye.

David Rolland, chargé de mission habitat et biodiversité à la Fédération des chasseurs des Côtes-d’Armor, co-référent régional Label Haie et depuis peu président du Réseau Haies de Bretagne, sera présent au comice pour échanger avec le public sur la biodiversité et plus particulièrement sur le rôle majeur des haies. D’après les chiffres de l’Afac-Agroforesteries, la haie peut réduire de 50 % et jusqu’à 90 % la présence des polluants dans le sol.

Niveau biodiversité, elle peut héberger jusqu’à 80 types d’oiseaux, 35 espèces de mammifères, 100 espèces d’insectes… Elle joue également un rôle dans la captation du carbone : 1 km de haie adulte en bon état stocke en moyenne 140 tonnes de CO₂. “On a commencé à travailler sur Mérillac en 2020, à la ferme du Rocher, car l’agriculteur nous avait sollicités pour un projet particulier qui n’a finalement pas abouti. Néanmoins, ça nous a permis de voir avec lui ce qu’il voulait faire sur son exploitation et c’est la valorisation du bocage qui est ressortie. On a donc mis en place un PGDH (Plan de gestion durable des haies), c’est-à-dire bien gérer les haies sur l’exploitation”, explique David Rolland.

Plusieurs acteurs

La Fédération des chasseurs des Côtes-d’Armor travaille en collaboration avec les agriculteurs avec pour objectif de préserver la biodiversité grâce aux haies. “Le plan de gestion est un document qui prévoit la valorisation du bois, c’est un document technique. Pour chacune des haies, on va dresser une description et un itinéraire technique pour l’optimiser. En fonction de toutes les caractéristiques relevées (âge des arbres…), le technicien va proposer un itinéraire de gestion”, détaille David Rolland. Le bois est ensuite utilisé comme bois de chauffage ou bois d’œuvre, mais également comme litière pour les animaux. C’est le cas à la ferme du Rocher où il est utilisé pour mettre sous les bovins en remplacement de la paille. La ferme de la Ruselée, également présente sur Mérillac, a elle aussi sauté le pas du PGDH, mené par Marine Jolibert, technicienne cynégétique à la Fédération départementale des chasseurs des Côtes-d’Armor.

Le label Haie

La ferme du Rocher a obtenu le label Haie l’année dernière. “Ce label reconnaît la gestion durable chez les exploitants. À travers certains critères, on s’assure que la gestion est mise en place, par exemple sur la qualité de coupe d’arbre, car si elle est bien réalisée ça garantit sa régénération. C’est un travail d’intérêt général car il ne faut pas oublier que 70 % des végétaux que l’on consomme dépendent des pollinisateurs, et pour qu’il y en ait il faut des haies en bon état.” David Rolland fait néanmoins un constat alarmant sur l’état de santé des haies, qui décline depuis quelques années en France : “Le bocage ne va pas bien. 80 % des haies sont dans un état dégradé. Il est important d’enrayer tout ça, c’est pour ça que le programme Breizh bocage a été mis en place, car il permet d’enrayer ce déclin grâce à la plantation de haies.” En France, 11 500 km de haies disparaissent chaque année, cause directe de l’effondrement de la biodiversité et de l’amplification des catastrophes climatiques visibles sur les territoires.

Les agriculteurs engagés dans le label Haie perçoivent, par la PAC, un bonus haie, qui auparavant s’élevait à 7 € par hectare et qui, depuis le 1er janvier, atteint 20 € par hectare. “Le savoir-faire de la gestion des haies se perd de génération en génération, c’est pourquoi chasseurs, collectivités et SIC font la promotion des techniques de gestion durable. Notre mission est de former les techniciens et les exploitants, car les haies permettent de répondre aux enjeux environnementaux, notamment au réchauffement climatique.”

Toutes les actualités de Mérillac sont à retrouver dans l’Hebdo complet.