Lieu de baptême de Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, la chapelle Saint-Joseph est un site emblématique. Elle mêle histoire, art et mémoire.
Construite en 1874 à l’emplacement de l’ancienne église Saint-Jean, démolie en 1851, la chapelle bénéficie de la générosité des sœurs Élisabeth et Thérèse Barbotin pour sortir de terre. Un site emblématique puisque celui qui n’était encore que le jeune Louis Grignion, avant de devenir Saint Louis-Marie Grignion de Montfort, y fut baptisé le 1er février 1673, à l’âge d’un jour.
Il ne reste de l’ancien édifice que la porte en granit, typique de la Renaissance, et la décoration : ces choux frisés, reflets de cette époque. Le clocher d’origine et la statue de Saint Joseph, qui se trouvait dans une niche, sont tombés lors d’une tempête en 1967. Les murs étaient encore chaulés.
À l’intérieur, la chapelle abrite un ensemble sculpté, La mort de Joseph, œuvre de Jean-Marie Valentin, sculpteur prolifique du XIXe siècle, également auteur du Saint Yves de Tréguier et de tombeaux d’évêques dans la cathédrale de Rennes. Cette sculpture était éclairée par un puits de lumière naturelle, aujourd’hui bouché. Abîmée, elle sera bientôt restaurée grâce à une enveloppe de 10 000 € versée par la Fondation pour la sauvegarde de l’Art français. Une décision fruit d’un vote des élèves de seconde du lycée René-Cassin en avril 2024.
Autre sculpture du même artiste, La descente de croix, où Jésus est entouré de Marie, Marie-Madeleine et Jean l’évangéliste. Les vitraux, eux, sont le travail de l’atelier rennais Klein.
Le théâtre de l’histoire
Cette chapelle abrite cinq tombes : celles des deux sœurs bienfaitrices, des deux derniers prêtres de l’église Saint-Jean : Mathurin Bedel, mort en 1831, et Pierre Godin, mort en 1851 ; et du chanoine Delalande, décédé en 1936 et célèbre pour le journal paroissial qu’il a tenu pendant la Première Guerre mondiale, relatant la vie quotidienne des Montfortais.
Au XXe siècle, elle sert de lieu de réunion et de salle de catéchisme.
La chapelle a également été le théâtre d’un drame humain le 25 mars 1991. Il s’agit de la chute mortelle du Père Jean Tardivel. Monté à l’étage, qui servait de lieu de stockage, cet homme de 56 ans, à la belle carrure, est passé à travers le faux plafond de contreplaqué et a chuté de 4 mètres sur le béton.
Aujourd’hui, bien communal, la chapelle Saint-Joseph accueille concerts et expositions.
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