À l’EHPAD Joachim Fleury, des résidents, dont plusieurs anciens agriculteurs, ont découvert à quel point leur métier a changé. Trois étudiants en BTS agricole sont venus leur présenter l’agriculture d’aujourd’hui, entre robotisation et innovations technologiques. Une rencontre intergénérationnelle qui a laissé les aînés tantôt émerveillés, tantôt nostalgiques.
Alban Gautier, Aubin Réalland, Pierre-Antoine Fouéré, tous trois élèves au lycée agricole du Rheu sont venus à la rencontre des personnes âgées. Dans le cadre de leur formation de BTS agricole ACSE (analyse, conduite et stratégie de l’entreprise agricole), ils avaient choisi de venir présenter l’agriculture actuelle et ses techniques innovantes pour les confronter au modèle que les résidents avaient pu connaître dans leur jeune temps. Les choses ont quelque peu changé et les résidents sont restés cois. « Notre but est de vous montrer ce qui se fait aujourd’hui et aussi d’échanger avec vous sur ce que vous avez connu. En fait, c’est vous qui avez jeté les bases de tout ça mais bien sûr, les choses ont bien évolué depuis », annoncent les trois étudiants en lançant leur exposé avec photos à l’appui.
Les vaches dorment sur des matelas
L’exploitation présentée est celle du GAEC de la Houilnais à Lanrelas sur laquelle travaille la famille d’Aubin Réalland. Trois associés et un salarié, 250 vaches laitières, 80 vaches limousines laissées en pâture une bonne partie de l’année et une unité de méthanisation qui permet de fournir de l’énergie à l’exploitation. « Ah, ben, chez nous, de mon temps il y avait trois vaches. Avec ça on avait du lait, un peu de beurre et de la crème. Mais, il fallait tourner l’écrémeuse et la baratte à la main », se rappelle une résidente.
Des robots partout pour traire les vaches, ramasser les bouses, nettoyer tout, apporter la nourriture au bétail. « Tout ça a bien changé parce que, nous on faisait tout à la main, avec des fourches, tous les jours », ajoute une autre dame. Les vaches dorment sur des matelas. Le robot de traite permet d’augmenter sérieusement la quantité de lait récoltée. « C’est 35 litres de lait par jour et par vache qui vont dans le tank de 20 000 litres. Comme les vaches vont au robot quand elles veulent, la production est plus importante mais sans plus de travail », assurent les trois jeunes. Là encore, c’est un gros changement parce que « nous, on pouvait bien tirer autant qu’on voulait sur les trayons, ça ne pissait pas plus », se rappelle la même résidente. Et une autre, en entendant le prix des engins nécessaires à tout ça lance « Ah l’argent ! Du pognon, il en faut pour faire tout ça. Et des litres de lait, il en faut pour payer tout le matériel ! ».
Ce n’est plus le même métier
Bref, on n’est plus dans le même monde. On ne fait plus le même travail. On n’est plus dans le même contexte. « Nous ne faisons plus le même métier. On n’est plus dans le physique mais davantage dans la réflexion, dans la surveillance, la technologie », estiment les étudiants. Conclusion d’un résident qui n’est pas issu du monde agricole : « On ne peut que rester béat devant autant d’informations, autant de progrès. Moi, j’ai appris beaucoup de choses cet après-midi ».
Cette animation se poursuivra par une visite de la ferme de Lanrelas. Cette fois-ci, avec un groupe de personnes âgées, le jeudi 20 mars. Une belle occasion de voir pour de vrai toutes ces avancées technologiques. Stéphanie, l’animatrice de l’EHPAD précise que « cette présentation a été faite dans le cadre de la semaine agricole au moment du salon de l’agriculture de Paris et que d’autres activités ont eu lieu sur le même thème.
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L’article est disponible dans l’Hebdo de la semaine.