Mauron : La forêt de Brocéliande en feu… de nouveau

«Les agriculteurs sont venus très nombreux : près d’une soixantaine de tonnes à lisier, certains se sont déplacés de loin du côté de Loudéac, Pleucadeuc », témoigne un jeune employé agricole, présent avec son tracteur le vendredi 12 août dans la basse partie de la forêt de Brocéliande. Dans le secteur de Campénéac, Loyat,  plusieurs départs de feu s’étaient déclarés, vers 1h30 dans la nuit de jeudi à vendredi.

Près de 300 hectares sont partis en fumée. Les agriculteurs prenaient de l’eau dans l’étang de Campénéac et allaient ravitailler les pompiers. Tous sont restés tard dans la nuit. Une tonne comprend quelque 21 000 litres d’eau. « Et il y avait plusieurs points de ravitaillement en eau pour les pompiers, plus les deux canadairs, un hélicoptère et deux petits bombardiers d’eau suédois. »

« Le feu d’abord contenu dans un certain périmètre, est revenu dans les broussailles ».

L’incendie s’approchait de plusieurs villages, les pompiers ont évacué environ 150 personnes.

Les agriculteurs et les casquettes rouges : les volontaires, habitants du secteur de Brocéliande, qui connaissent très bien la forêt ont tout fait pour prêter main forte aux pompiers. « Les pompiers ont l’habitude de travailler avec nous, cette coopération dure depuis de 32 ans » note Hubert, un habitant de Tréhorenteuc. « Chacun de nous a ses responsabilités, les agriculteurs avec leurs machines professionnelles se rendent utiles selon les demandes des pompiers. Les casquettes rouges restent en périphérie pour notamment montrer les chemins praticables aux pompiers, ils veillent à ce que la population reste en sécurité et ne pénètre pas dans les zones dangereuses ».

Le groupement des casquettes rouges a été créé à la suite des grands incendies « à l’époque les feux étaient encore plus importants ». Ce groupement de volontaires s’était mobilisé dès le départ du feu « à 1h du matin de jeudi au vendredi » poursuit Hubert. Les agriculteurs de toutes les communes voisines se sont déplacés pour aider les pompiers.

La forêt de Brocéliande brûlait de nouveau, la mobilisation pour éteindre le feu a été importante.

Le concours de circonstances a fait que cette fois le feu ne s’est pas propagé dans « les hauteurs du grand massif mais il est resté dans le petit massif, c’est une grande chance pour la forêt », souligne Alain Carric, agriculteur et adjoint au maire de Néant-sur-Yvel. « Quand nous sommes arrivés avec nos tracteurs et les tonnes à eau, les riverains nous ont applaudis. Je croyais rêver ». Samedi, cet agriculteur comme beaucoup d’autres est revenu « car les incendies n’étaient pas maîtrisés. Dans un même champ, pas moins de dix-sept tonnes à eau étaient mobilisées pour ravitailler les pompiers ».

« Nous habitons juste à côté, vendredi, vers 17h nous avons tout préparé dans la voiture pour évacuer. Les flammes semblaient être toutes proches », racontait un couple du village Bout de Ville à Loyat. « Deux champs nous séparaient ». 

Par ailleurs, plusieurs dizaines d’habitants, de secteurs éloignés des incendies se sont rendus disponibles « pour préparer de la nourriture aux pompiers ». C’était le cas de Philippe Louapre, maire de Néant-sur-Yvel, présent sur place dès 3h du matin de jeudi à vendredi.

Ces belles actions solidaires se sont poursuivies samedi midi…

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