Plémet : Le projet de décharge à l’étang du Pas finalement refusé

Depuis l’annonce de la déposition en mairie d’une demande d’acquisition de cet étang communal par l’entreprise « Carrières Lessard » qui souhaitait en faire une décharge, une forte mobilisation des citoyens s’est mise en place. Et ils ont finalement réussi leur projet.

Depuis mercredi 25 mai des pancartes de revendications sont placées à Plémet, notamment rue de la Liberté, de l’entrée principale du bourg depuis la route nationale 165, jusqu’au village de Le Pas. Des revendications : « Non à la décharge dans l’étang du Pas » et « Non au projet de Pas » viennent en réponse à l’entreprise « Carrières Lessard », exploitant notamment celle de Saint Lubin et représentée par Bertrand Lessard.

L’entreprise avait déposé en mairie une demande d’acquisition de l’étang communal situé au lieu-dit Le Pas. Son but : le transformer en décharge et le combler, d’après le dossier remis aux riverains, avec des « déchets inertes » c’est à dire « qui ne se décomposent pas et ne brûlent pas ». Ces déchets seraient constitués soit de « terres et cailloux », « briques rouges », « béton » ou « tuiles et céramiques », provenant des « collectivités » en rapport avec des travaux d’aménagements, de voirie ou de réseaux ; des « entreprises de travaux publics » ou de « particuliers » avec des bennes de gravats.

Une ancienne carrière de kaolin

L’étang se situe au Nord-Ouest du bourg, au milieu d’un bois à environ 250 m de la rocade. Ses dimensions représentent 240 mètres de long pour 65 mètres de large soit une surface d’un hectare et demi, d’après le dossier précité. Les opposants au projet estiment sa profondeur entre 25 et 30 m. L’excavation formée par cette ancienne carrière de kaolin s’est peu à peu remplie d’eau jusqu’à former l’étang actuel. La mairie en est propriétaire.

D’autre part, le bois est régulièrement fréquenté ainsi que l’accès à l’étang. L’absence de végétation sur plusieurs chemins en témoigne. Il existe également un circuit de VTT, répertorié sous le n° 28 et dénommé « Circuit du Minerai » qui longe l’étang. Chantal Névo, maire de Plémet, a proposé aux conseillers d’organiser une visite du site afin de pouvoir prendre une décision en toute connaissance de cause.

Un collectif de défense est créé

Lundi 30 mai, dans la soirée, un collectif de défense de l’étang et du bois situé au lieu-dit Le Pas à Plémet s’est formé. Constitué principalement de riverains et d’habitants de la commune, ses membres ont élu leurs représentants. Le président Philippe Rémon est domicilié à Rohan Boudard. Le trésorier Christophe Cabaret est de Raulois et le secrétaire Patrick Clisson habite au village de Le Pas, non loin de l’étang. Une vingtaine de membres s’est rassemblé autour d’eux et a choisi pour nom de collectif : « Ensemble sauvons l’étang du Pas à Plémet ».

Philippe Rémon précise les trois objectifs du collectif :

« Défendre l’étang et le bois du Pas à Plémet ; contrer le projet de décharge dans l’étang et le bois ; et enfin protéger l’écosystème du bois et de l’étang ».

Le collectif mentionne que « des pétitions ont été mises en cours aux boulangeries « Les Petits Babas » et « Le Guyader » ainsi qu’au bar tabac presse « Le rendez-vous des cyclos » à Plémet. D’autres seront déposées dans les prochains jours dans d’autres commerces. » Le nom de celle-ci était : « Préservons ce petit coin de paradis, lieu de vie de la faune et de la flore, lieu de promenade de nombreux habitants à pied ou en VTT, et importante ressource en eau ».

Plusieurs membres du collectif ont aussi effectué « des tournées pour expliquer la situation aux gens et faire signer la pétition » à Plémet et dans les communes environnantes.

Les membres du collectif de défense étaient présents lors du vote à bulletins secrets.

Une mobilisation qui paie

Mercredi 8 juin, la réunion du conseil municipal avait une allure inhabituelle. Une quarantaine de personnes, membres du collectif : « Ensemble, sauvons l’étang du Pas à Plémet » était venue y assister. A leur entrée dans la salle du conseil, dans le calme, les défenseurs de l’étang ont remis la pétition à la maire, Chantal Névo.

1 395 signatures d’opposants au projet y étaient rassemblées tandis qu’une centaine d’autres étaient en cours de récupération. Pour statuer sur la cession de l’étang ou pas, la maire avait organisé un vote à bulletins secrets. Préalablement, trois conseillers ont fait savoir qu’ils ne prendraient pas part au vote, ne pouvant pas être « juge et partie ». Pierre-Yves Blouin, François Le Maître et Michel Rocabois, des agriculteurs, car ils louent des terres agricoles aux carrières Lessard. Une quatrième personne n’a pas voté, c’est Romain Boutron. Il l’avait annoncé lors du précédent conseil, au motif que Bertrand Lessard est son beau-père.

La tension était à son comble lors du dépouillement et chacun retenait son souffle pour mieux entendre. Résultat : Réponses unanimes pour le « Non ». Le conseil refuse de vendre l’étang à l’entreprise Carrières Lessard. Chantal Névo précise :

« Nous avons suivi la population car nous avons été élus par la population ».

Puis l’élue a rajouté : « Je vais adresser un courrier à LCBC dans les plus brefs délais afin de faire reclasser l’étang en zone humide », pour empêcher définitivement que l’étang puisse être transformé en décharge. Elle a également fait savoir qu’elle allait entamer une réflexion avec la population et les membres du collectif, pour aménager un chemin piétonnier autour de l’étang et valoriser ses abords. A l’issue du vote, le collectif d’opposants a manifesté son soulagement puis a quitté la salle, toujours dans le calme.

La visite de cet étang au milieu de la nature a attiré les passants.

Une visite du site

Dimanche dernier, après cette décision en leur faveur, le collectif : « Ensemble, sauvons l’étang du Pas à Plémet » a organisé un rassemblement pacifique in situ. Le but était de faire découvrir le site à ceux qui ne le connaissaient pas et de permettre aux pétitionnaires et autres habitants des environs de se rencontrer. Des balades étaient organisées sur le circuit de VTT qui traverse le bois entourant l’étang.

Philippe Rémon, président du collectif, et les membres se disent « tous très contents. Ce temps a permis aux gens de se rencontrer et d’échanger ». Tout au long de cet après-midi ensoleillé, environ 150 personnes se sont présentées, seules, en famille ou en groupe. « Plusieurs ne connaissaient pas le site et se sont déclarées enchantées par ce joli coin de nature » tandis que d’autres qui le fréquentent régulièrement se sont montrés « très heureuses du vote unanime des élus Plémétais ».

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