Association Le Gué : « Retrouver une place de citoyen »

L’association Le Gué de l’hôpital Guillaume Regnier permet aux patients de participer à des activités comme la fête des battages de Michel Rigourd, à Muël. Le but est notamment de « sortir les personnes d’un isolement psychique et social », explique Lætitia Le Tallec, infirmière et présidente de l’association.

C’est une association un peu particulière mais dont les activités ne diffèrent pas énormément : photo, loto, pêche, radio… Tout cela prend place grâce aux quelques 50 adhérents de l’association Le Gué de l’hôpital psychiatrique Guillaume Regnier. Parmi ces adhérents, l’organisateur de la fête des battages décrite dans l’Hebdomadaire d’Armor du 26 février, Michel Rigourd. Il fait partie du bureau de l’association, composé de patients et d’infirmiers « avec la même valeur de paroles » souligne Lætitia Le Tallec.

Dix associations existent encore à l’hôpital Guillaume Régnier. Celle-ci propose aux patients des activités pour « les accompagner dans leur insertion ou réinsertion » et de « retrouver une place de citoyen à part entière ». A travers des activités, souvent proposées par les patients eux-mêmes, comme une sortie pour aller voir un match du Stade Rennais, les personnes sont intégrées à la société : « c’est un entraînement à la vie sociale. »

Casser les représentations de la maladie mentale

Lætitia Le Tallec décrit l’association comme « un autre outil de soin » : « Certains patients qui refusent les soins traditionnels viennent participer à l’association car ils sont libres d’y venir ou non. » C’est aussi une façon de voir les choses différemment, « plutôt que de lutter contre la maladie, on fait avec ».

L’association essaie également de changer la représentation que nous avons des patients d’hôpital psychiatrique : « La maladie psychologique est une grosse souffrance invisible. Ces patients sont des personnes avant tout. » Au sein de cette association, les patients et les infirmiers ne sont pas différenciés :

« On voit la personne avant les symptômes. »

Lætitia Le Tallec souligne même que « ces personnes ont beaucoup de leçons à nous donner, notamment sur le respect de l’autre. Ils montrent aussi qu’une société trop sérieuse est tristouille et que nous avons besoin d’un peu de folie douce. »

Un lieu de formation

A l’extérieur cependant, Lætitia Le Tallec explique que la méconnaissance des personnes de la réalité de la maladie mentale « crée des peur car on ne prend pas la peine de les comprendre. »  L’idée est donc également de construire du lien et de montrer que ces personnes sont plus que leurs symptômes. D’après l’expérience de Lætitia Le Tallec, elles ont même « un savoir qui doit être partagé ».

Pour la présidente, l’association est « un lieu de formation pour les soignants qui voient des patients sur le terrain et plus à l’aise dans leurs relations ». La convention que l’association a récemment signée avec l’hôpital prouve la légitimité de leur démarche. Elle est également inscrite au sein du Projet Territorial de Santé Mentale du département d’Ille-et-Vilaine pour y parler de l’accès aux loisirs, à la culture et au sport.

Les activités ont repris avec la fin de la crise sanitaire et la fameuse fête des battages de Michel Rigourd « temps fort de l’association » aura bien lieu cette année !

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