Jacky Lebas, un français qui vit en Ukraine, en conférence à Lamballe

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Réalisateur de documentaires installé depuis trois ans en Ukraine, Jacky Lebas filme et immortalise la guerre depuis les premiers jours, ce qui lui a valu d’être sollicité par 42 médias internationaux. Parce qu’il souhaite « rendre la vie à la maternité de Jytomyr », il se prépare pour un tour de France au cours duquel il donnera des dizaines de conférences. Il sera à Lamballe le 3 mai prochain.

« L’Ukraine a déjà gagné la guerre ! Pourquoi ? Parce que Poutine sera le plus détesté du monde pour un siècle au moins. Il deviendra l’homme des frontières de la honte, celui qui écrase les civils, même son peuple. Son pays enfermé sera une 2e Corée du Nord. L’Ukraine sortira glorieuse de la guerre même si elle devait perdre un bout de son pays. »

Jacky Lebas n’y va pas par quatre chemins. Il vit le conflit en son cœur dont « 17 nuits de bombardements. » Marié à Elena, une ukrainienne, il se sent ici chez lui et n’a jamais envisagé de fuir. Au contraire. Une petite voix lui dit de rester pour témoigner. Des hommes partis sur le front lui envoient dès les premiers jours des photos et des vidéos explicites, un choc ! Il décide à son tour « entre fougue et insouciance malgré mes 70 ans » de rendre compte par lui-même et se rend à Kyiv, Mariupol, Butcha, Irpin, Korosten…  « Partout, je visite ces ruines et croise ces hommes qui ont tout perdu et traînent comme des zombies une photo à la main trouvée entre deux pierres » raconte Jacky. A Butcha, il dit avoir eu « très très peur. Il fallait faire attention à chaque pas. Les russes avaient tout miné avant de partir, y compris les cadavres… »

Quand la guerre a éclaté, « personne n’y croyait malgré les signaux indiquant le contraire », Jacky Lebas venait de terminer un long format sur l’après Tchernobyl et un livre sur l’Ukraine : « La terre oubliée». En 1989, il était en Roumanie pour un documentaire sur la chute du dictateur Ceausescu. Mais jamais, il n’aurait pu imaginer qu’il filmerait un jour la guerre dans son pays d’adoption.

Jacky Lebas à Jytomyr en Ukraine
Jacky Lebas à Jytomyr en Ukraine

 

Le 1er reportage de Dorothée Olliéric, grand reporter, le place dès fin février, sous le feu des médias. 42 télés du monde entier le sollicitent en trois jours. « Pris au piège volontairement », Jacky se dit que cette exposition internationale doit servir à l’Ukraine. Un bilan de santé étant prévu en France au printemps, c’est décidé, il profitera de cette échéance pour donner des conférences.

Son tour de France sera digne d’un marathon, à raison de deux villes par jour. Le but final étant de « financer de nouvelles fenêtres pour la maternité de Jytomyr. Les bébés naissent actuellement dans les sous-sols du bâtiment bombardé par l’armée russe » explique-t-il. Pour ce faire, il a créé l’association Slava Ukrainia.

Les dernières frappes russes sur la ville datent du 15 avril. Et depuis le 18 avril, les avions russes décollant de Biélorussie passent sans cesse au-dessus de Jytomyr. « Ils vont frapper vers le sud et l’est… »  A l’image de Mikolaïv, Mariupol, la région du Donbass….

Ses conférences s’appuieront forcément sur des images de la guerre en cours, mais elles seront surtout un message porteur d’espoir et d’avenir pour l’Ukraine. « Le public découvrira ce pays magnifique et de nombreuses photos plutôt émouvantes que choquantes prises avant la guerre. Un échange d’environ 1h suivra avec la salle. J’ai hâte ! » conclut Jacky au cours d’un long entretien.

Pratique: La conférence, organisée en partenariat avec l’association lamballaise « Je soutiens l’Ukraine » se déroulera le mardi 3 mai à 20h à la salle municipale Pierre Lanoë à Lamballe. L’entrée est libre et ouverte au grand public.

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