Projet cœur de bourg de Merdrignac : Étudiants et citoyens ont leur mot à dire

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La zone intitulée « cœur de bourg » à aménager.

En Centre-Bretagne comme dans toute la France, les petites villes et leurs bourgs souhaitent se revitaliser, être plus attrayants et plus vivants. Dans le cadre du programme « Petites villes de demain », de nombreuses villes entament des consultations citoyennes et des projets pour redynamiser leur centre-ville. Merdrignac a souhaité reprendre une idée qui attendait depuis longtemps au conseil municipal : la revitalisation du « cœur de bourg ».

« Réaliser un projet qui part des citoyens et qui leur revient ». C’est l’idée qu’a souhaité développer la mairie de Merdrignac pour la revitalisation du centre bourg. Déjà en discussion depuis de nombreuses années, l’idée d’un nouvel aménagement de ce site avait émergé en 2016. « Cela fait plusieurs années que la mairie a racheté ces terres » explique Isabelle Goré-Chapel, première adjointe au maire chargée de l’attractivité résidentielle, économique et touristique et de la qualité de vie en ville.

Au conseil municipal, il était « impossible de se mettre d’accord sur ce qu’on voulait faire, tous les élus avaient des volontés différentes pour ce lieu » détaille Isabelle Goré-Chapel. Le dossier reste donc au point mort. Dans le cadre du programme « Petites villes de demain », elle souhaite relancer cette idée. Ainsi, en 2020, elle rencontre des étudiants du lycée du Mené en BTS et leur propose de travailler sur le sujet : « je souhaitais aussi mettre ce lycée en avant » explique-t-elle.

« Un lieu de vie intergénérationnel »

Entre temps, une crèche s’est installée. Cette crèche et l’arbre planté au milieu de la parcelle sont les deux seules contraintes imposées par la ville aux étudiants : « On leur a laissé carte blanche pour créer un lieu de vie intergénérationnel et accessible à tous. »

Le CFA du Mené, et particulièrement les responsables de la formation en apprentissage, ont approuvé la mission. Didier Bernat, directeur du CFA souligne que ce projet englobait les quatre missions principales de l’établissement : « la pédagogie, l’animation du territoire, l’expérimentation et même l’insertion ».

« Ils étaient 13 ou 14 binômes pour dévoiler leurs idées devant le conseil municipal. Cela leur a permis de voir comment cela fonctionne sur le terrain. » Emmanuelle Demur, responsable pédagogique, considère que ce partenariat a permis aux étudiants de s’investir dans un projet. L’autre aspect positif remarqué par Olivier Leguerinel, responsable du service « Vie de l’apprenti », est « l’esprit d’équipe et la cohésion constatés dans le groupe après ».

Des projets « différents et innovants »

Maxime Pailler, formateur principal de cette formation, est « fier » du travail de ses étudiants : « Ils ont su s’adapter aux moyens humains et financiers de la ville et à l’exigence de la commande. Le contrat moral qu’il y avait entre eux et la ville était dur : ils travaillaient seuls, puis en binôme, puis il fallait gérer la maîtrise d’échelle et être critique face au travail réalisé. » Il souligne également que cette mission  a redonné confiance à certains élèves et leur a apporté la fierté de voir un tel projet aboutir et être vu par des élus et des citoyens : « Il y en a deux qui ont fait 50 kilomètres pour revenir présenter leurs esquisses. La plupart l’ont mis dans leur porte-folio. »

Ce projet leur a donc servi d’exercice. Les apprentis étudiants ont même été amenés à le présenter lors d’une visio-conférence en face de 500 personnes pour le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement). « Tous ont rendu un travail, avec plus ou moins de réussite. Mais ils peuvent tous être fiers de ce qu’ils ont fait » détaille Maxime.

Jardin, aire de jeu, parcours de sports, bancs, espace de détente, terrain de pétanque… Les six étudiants, dont le travail a été retenu,  ont tous une vision personnelle de ce que pourrait devenir ce lieu, en restant dans le thème de l’accessibilité et de l’intergénérationnel. Les six projets sont ainsi « différents et innovants » selon Isabelle Goré-Chapel. Maxime Pailler souligne en effet que sa pédagogie a  été avant tout « une analyse réflexive sur le pourquoi. Cela leur a aussi permis d’apprendre à respecter les échéances, notamment en incluant le maître d’ouvrage (donc la ville de Merdrignac) dans la pédagogie à travers des rendez-vous, des retours… »

Une fois les travaux réalisés, la sélection de la mairie s’est réalisée en deux temps. Tout d’abord, les volontaires pouvaient présenter leurs plans  à l’oral au conseil municipal, accompagné d’un film explicatif. Cinq élèves se sont présentés et les élus ont retenu un de ces projets. Puis, dans un second temps, les élus ont vu les 28 présentations orales des 28 élèves, sans film explicatif, et ont choisi cinq autres maquettes.

Consultations citoyennes

C’est donc en tout six  projets d’étudiants qui ont été retenus pour la suite. La suite, c’est la consultation citoyenne. « Mon opinion n’est pas primordiale » commente Isabelle Goré-Chapel. Ainsi, depuis le 20 octobre, les Merdrignaciens sont appelés à donner leur avis sur les différents projets. « Nous avons inauguré une exposition dans le centre-ville de panneaux avec les six projets d’étudiants avec une boîte aux lettres pour recueillir les avis des passants. Nous avons ensuite rassemblé les panneaux dans la salle de la Madeleine pour une présentation avec des ateliers samedi 20 novembre. Enfin, nous allons également au-devant de la population pour lui demander son avis. »

En partenariat avec le cabinet-conseil FuturOuest, un stand a été monté pour le marché du mercredi matin. Alors que l’exposition à l’intérieur n’avait rassemblé que « quelques personnes » selon Isabelle Goré-Chapel, le fait d’aller au contact des gens a porté ses fruits. « Cela fonctionne mieux quand on va vers les habitants », souligne Éric Robin, maire de Merdrignac.

Pendant leur promenade habituelle, de nombreux Merdrignaciens se sont intéressés au stand et ont donné leur avis. Des avis souvent partagés : « J’aurais envie de mélanger des éléments de chacun des projets » confie une Merdrignacienne. Isabelle Goré-Chapel lui explique que la mairie « n’est pas fermée à combiner différents aspects des projets ».

Des votes et idées pour imaginer le futur

Samuel Gautier, de FuturOuest explique la démarche de consultation : « Nous demandons à chacun ce qui se passe bien à Merdrignac, ce qui pourrait être amélioré. Puis on précise sur la zone du cœur de bourg. On écrit tout cela sur des papiers adhésifs qu’on colle sur des affiches et on les invite aussi à voter pour leur projet favori. »

Son collègue Loïc De Châteaubriand est en pleine discussion avec un riverain, qui se demande si la fête de la musique, habituellement organisée dans cette zone du cœur de bourg, pourra toujours se tenir. Mathilde Chesneaux, autre collaboratrice du cabinet de consultation, explique que « nous avons du monde parce qu’on est dans le passage du marché mais il y a une majorité de séniors. Ainsi, nous avons prévu de nous rendre au lycée du Mené puis au Val de Landrouët dans l’après-midi pour avoir différents avis. »

Les projets peuvent également être consultés sur le site de la ville et sur l’écran tactile interactif devant la mairie. Les votes peuvent s’effectuer en ligne. « Nous tiendrons un conseil municipal sur ce sujet en décembre ou janvier pour établir un cahier des charges pour le bureau d’études et peut-être commencer les appels d’offre » poursuit Isabelle Goré-Chapel.

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