A Ménéac, au vieux cimetière, des sépultures racontent la vie d’autrefois

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Lorsque Régine Masalia, adhérente du CEGENCEB (Cercle généalogique du Centre Est Bretagne) et Danièle Civel, membre du comité de rédaction du bulletin interparoissial la Barque de Pierre, ont eu connaissance de la reprise des concessions en état d’abandon par la municipalité, au vieux cimetière du bourg de Ménéac, les deux femmes ont remonté le fil du temps avant que la commune récupère les terrains libérés. Ces derniers ne seront en effet plus proposés pour de nouvelles concessions puisque c’est le nouveau cimetière situé route d’Illifaut qui les accueille.

Soixante-cinq sépultures sont concernées par la reprise des concessions en état d’abandon. La liste des noms est affichée au cimetière d’origine. « Elle peut laisser planer des doutes sur un éventuel désamour ou sur une absence d’intérêt des descendants des familles ménéacoises concernées et inhumées en plein cœur de leur bourg. Nous avons donc à cœur de sensibiliser sur les signes visibles d’abandons (herbes sauvages éparpillées, monuments brisés…) » expliquent les deux femmes.

Au-delà des frontières communales

Ces « abandons » signifient-ils que les racines familiales laissent les nouvelles générations indifférentes ? Non bien entendu. C’est pourquoi, Régine Masalia et Danièle Civel sont parties sur les traces de quelques sépultures qui racontent la vie d’autrefois à Ménéac et ont porté le nom de ce bourg bien au-delà de ses frontières.

Les parents Androuet

Dans ce cimetière, on trouve la tombe de Joseph Androuet (1849-1913) et de son épouse Françoise Crestaux (1850-1898), parents de Henri et Pierre Androuet, deux très célèbres maître-fromager et restaurateur parisiens très connus et prisés dans toute l’Europe et dont les produits se vendent toujours dans les meilleurs établissements aux quatre coins du monde.

Julie et Anne Du Plessis de Grenédan

Il y aussi la tombe de Julie et Anne Du Plessis de Grenédan, habitantes de la Villa Keranna (dite le « château »), qu’elles ont fait construire au début du XXe siècle après avoir quitté le château familial de la Riaye laissé à Jean du Plessis de Grenédan, leur petit-neveu né à Mayenne le 20 novembre 1890. Celui-ci, chef d’un réseau de renseignements pendant la seconde guerre 1939-1945, est dénoncé, arrêté, torturé puis déporté dans diverses prisons d’Allemagne nazie. Malgré deux tentatives d’évasion, il finit son calvaire dans celle de Wittlich, près de Cologne où il succombe d’épuisement le 20 mai 1943. Sa dépouille quasi « vénérée » par ses compagnons d’infortune sera bien gardée  au camp jusqu’à la fin de la guerre. Après une cérémonie à Paris, son cercueil sera rapatrié et restitué à son épouse pour être inhumé dans la chapelle Sainte Anne de son domaine de la Riaye qu’il aimait tant (voir le livre Ménéac 56 de Paul Gilles). « Sa détermination, son courage sans faille ont sans doute été considérés et sa mémoire honorée, à juste titre, comme celle d’un véritable héros ménéacois. Pourtant, comment ne pas s’étonner aujourd’hui que son monument commémoratif taillé dans un célèbre menhir ne soit pas mis plus en valeur ? » se demandent les deux femmes.

Le patronyme Bazin

Enfin, il y a également la tombe de Léontine Bazin, un patronyme inscrit dans la commune depuis le XVIème siècle. Le nom de famille Bazin est également étroitement lié à de nombreux religieux (ses) à la paroisse. Joseph et Marie Bazin étaient par exemple parents de très nombreux enfants dont deux prêtres et quatre religieuses.

« Avant qu’il ne soit trop tard, avant que les 65 sépultures disparaissent à tout jamais,  pourquoi ne pas envisager très rapidement au cours d’une sortie scolaire, une promenade « historique » dans les allées du vieux cimetière ? » suggèrent encore Danièle et Régine.

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