A Concoret, Arnaud coupe des chênes pour la cathédrale Notre-Dame

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Parisien d’origine, cet habitant de Concoret, bûcheron de métier, a participé à l’abattage de huit chênes qui vont servir à la reconstruction de la cathédrale parisienne.

« Ce qui est arrivé à la cathédrale de Notre Dame de Paris est malheureux. Aujourd’hui j’ai de la chance à participer avec mes moyens à la reconstruction de ce monument emblématique français », confie Arnaud Engel, originaire de la région parisienne, installé depuis onze ans à Concoret. En mars dernier ce bûcheron de métier a abattu des chênes « pour la reconstruction de la flèche de la cathédrale », raconte ce professionnel, employé depuis dix ans dans l’entreprise de l’exploitation forestière de Philippe Loyer à Campénéac.

La Bretagne fournit une vingtaine d’arbres, dont huit proviennent de la forêt de Paimpont. Au total en France, 1 300 chênes sont offerts par les propriétaires forestiers. A la place des chênes abattus en forêt de Paimpont, quinze nouveaux seront replantés. Pour mener à bien cette opération, depuis que la reconstruction de la flèche à l’identique a été actée, c’est toute la filière bois qui s’est mise en marche. La sélection des arbres a été menée bénévolement par les Experts forestiers bretons, sous l’égide de France Bois Forêt et de l’établissement public Notre-Dame-de-Paris en charge de la restauration de l’édifice. L’Office National des forêts a fait le même travail dans les forêts domaniales et communales.

Une fois coupés, les arbres doivent être débardés et transportés vers différentes scieries bretonnes. Le bois sera ensuite scié pour faire les pièces de la charpente.

Huit chênes de plus de cent ans

« Nos huit chênes sont abattus. J’en ai abattu quatre et mon patron autant. Prochainement, je vais aller en forêt chercher le dernier qui est déjà coupé mais à cause du terrain humide, n’a pas pu être transporté au bord de la route », explique Arnaud Engel qui a appris son métier de bûcheron « sur le tas quand j’habitais en Seine-et-Marne. J’ai même eu mon entreprise, puis nous sommes venus avec mon épouse nous installer en Bretagne », raconte-t-il. Pour lui, c’est « un honneur de participer à ce travail ». Les chênes dont il avait la charge avaient plus de cent ans, et le plus haut mesurait dix-huit mètres. « Ils ont été choisis parce que ce sont des arbres en bonne santé, droits. Deux des huit chênes ont été légèrement courbés, justement pour la flèche », décrit-il.

Ces arbres de Brocéliande ont été sélectionnés avec le concours de l’association des propriétaires privés de Paimpont, présidée par Matthieu de Launay. Un travail précis et rapide car il fallait  les abattre avant la montée de sève, soit au plus tard fin mars. Les propriétaires privés se sont vivement engagés dans cette action solidaire. Ils ont offert les chênes et payé les bûcherons professionnels, dont l’entreprise où exerce Arnaud Engel, qui habituellement coupe exclusivement les arbres malades, voire déjà très vieux. « C’était très émouvant pour moi de couper ces chênes en sachant qu’ils vont continuer de vivre à Paris, sur les hauteurs de Notre-Dame

Fin de chantier prévue en 2024

Désormais, le bois doit sécher pendant dix à douze mois avant d’être utilisé pour la réalisation de pièces de la charpente. Les charpentiers devraient réaliser les assemblages fin 2022. La charpente de la cathédrale pourrait être levée courant 2023, pour une fin de chantier prévue en 2024.

Pour rappel, l’incendie survenu à la cathédrale Notre-Dame de Paris s’est déroulé les 15 et 16 avril 2019, pendant près de 15 heures. Le feu s’est déclaré en début de soirée à l’intérieur de la charpente et a pris rapidement une grande ampleur. Les flammes ont détruit intégralement  la flèche, les toitures de la nef et du transept et la charpente de la cathédrale. La flèche de la cathédrale s’est effondrée pendant l’incendie. Elle était constituée d’une charpente de 500 tonnes de bois, recouverte de 250 tonnes de plaques de plomb. Les deux tiers de la toiture, dont la charpente en bois de chêne, datant de l’époque de la construction de la cathédrale – du début du XIIIe siècle pour la nef et du XIIe siècle pour le chevet – ont été détruits.

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