Saint-Launeuc: Le potager Ar Duën, premier prix d’un concours renommé

Posté dans : Article à la une 0

Le 20e concours national des jardins potagers, organisé par la Société Nationale d’Horticulture de France, a classé 1er prix le potager du domaine Ar Duën dans la catégorie « potager dans un environnement paysager. » Rencontre avec David Le Bars, le chef jardinier.

Le chef jardinier du domaine Ar Duën est aux manettes depuis six ans. Lorsqu’il est arrivé à Saint Launeuc, le potager n’existait plus, David, qui a eu « carte blanche» l’a entièrement recréé à partir d’une friche. Ce potager a depuis pris ses aises, il alimente en temps normal les cuisines des trois restaurants du domaine situés au cœur du bourg.

Sur 5 000 m2, poussent 150 variétés de légumes, ainsi que des plantes aromatiques, médiévales, néandertaliennes, romaines ou encore amérindiennes. D’autres encore, consommées par nos aïeux sortent de l’oubli grâce à David qui les remet au goût du jour. Pour lui, « créer un jardin, c’est croire en l’avenir » explique-t-il en reprenant les mots d’Audrey Hepburn. Tous les semis sont faits sur place.

S’inspirer de la nature

Sur cette terre humide et bleue argileuse, il pratique la permaculture, une technique qui s’inspire de la nature. Le principe est de reproduire le fonctionnement des écosystèmes naturels. Les plantes interagissent entre elles, grandissent sans pesticide ni produit chimique. L’usage de l’eau est limité au profit d’un paillage épais qui retient l’humidité dans le sol. « Il faut toutefois être vigilant car ici, le sol est naturellement humide de par la proximité des nombreux étangs. Je ne peux pas planter avant début mai, voire la mi-mai en fonction de la météo » explique David.

Courges éponges et riz russe

Les infiltrations d’eau ayant eu raison du mur d’enceinte cet hiver, le chef jardinier, plutôt que de voir cela comme une catastrophe, préfère prendre le bon côté des choses. « Je suis actuellement en train d’agrandir le potager qui va passer de 5000 à 8 000 m2. Cet agrandissement accueillera de nouvelles plantes médicinales pour soigner les petits bobos, des courges éponges non comestibles qui une fois séchées deviennent des éponges végétales, une ancienne variété robuste de riz russe  « Duborskian »,  des massifs en terre de bruyère, et des haies de charmilles. J’ai également déplacé les fruitiers près des écuries, ce qui offre une vue imprenable sur la forêt, l’étang et l’ancienne forge. » Une volière est également en projet.

David Le Bars est ici au cœur de son élément. Il se sent si bien au potager qu’il n’hésite pas à faire le trajet de Plouha une semaine sur deux. « Ce qui me plait ici c’est le cadre magique, une certaine liberté de travail due à la confiance du propriétaire des lieux, ainsi que les animaux. J’adore voir les cerfs se baigner le matin dans l’étang. »

Une candidature remarquée

Etant dans le partage et la transmission, le chef jardinier ne rate aucune occasion de pouvoir faire connaître le potager. « La candidature au Concours national des jardins potagers était une occasion de faire connaître cet endroit magique. » Le potager Ar Duën se retrouve à concourir au côté de potagers de châteaux et parcs entretenus par des équipes d’une dizaine de jardiniers. En raison de la situation sanitaire, le jury ne pouvait se déplacer, le dossier a donc été constitué sur une base de photos et vidéos, un historique du domaine, les critères de pratique de jardinage et la connaissance des plantes cultivées. « Je pense que c’est le fait de partir de zéro qui a convaincu le jury de nous attribuer le premier prix dans la catégorie « potager dans un environnement paysager »» poursuit David en toute modestie.

Le concours, ouvert à tous les jardiniers, proposait cinq catégories et une hors concours. Très connu dans le milieu du jardin, il offre une belle visibilité aux lauréats, y compris dans la presse spécialisée.

Un nouvel arbre remarquable

Au cœur de ce potager qui côtoie un jardin aux mille roses dont la prénommée Ar Duën, et des œuvres d’artistes, germent aussi des idées d’animation. Ainsi, si la situation sanitaire le permet, le marché aux plantes devrait être de retour le jeudi de l’Ascension 13 mai avec un temps fort parrainé par Patrick Mioulane, expert jardin sur RMC: la labellisation « arbre remarquable » d’un chêne sessile tri-centenaire du domaine. « Planté à la demande de Colbert, c’est le plus gros recensé en Bretagne » explique David.

Dans la deuxième quinzaine de juin, en association avec les Jardins de la Peignie à Ménéac, devrait suivre la Semaine de la rose.

Enfin, dans l’idée que tout le monde puisse profiter des légumes et fruits du potager, un mini marché est prévu début juin sur la placette devant l’Auberge Ar Duën.

D’ici là, David continue chaque vendredi à donner un coup de main et partager ses conseils avec les élèves jardiniers en herbe de l’école des Menhirs à Lanrelas qui créent leur premier potager dans le cadre de la première Coupe de France des potagers à destination des établissements scolaires.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *