A Trémorel, 45 habitants seront vaccinés grâce à une jeune élue

Posté dans : Article à la une 1

Certains habitants de Trémorel, commune proche de Merdrignac, l’appellent désormais « Sainte Aurélie ». Aurélie Madigand, quatrième adjointe à la municipalité, vient d’obtenir quarante-cinq rendez-vous afin que les personnes âgées volontaires soient vaccinées au plus vite dans un centre dédié. La plupart ne maîtrise pas l’outil informatique ou avait abandonné les coups de téléphone, de guerre lasse. La cadette du conseil municipal a pris les choses en main.

Depuis l’ouverture des rendez-vous pour la vaccination anti Covid, beaucoup de personnes font état d’un parcours du combattant. Que cela soit par téléphone ou sur une plateforme dédiée, peu d’entre elles obtiennent un rendez-vous du premier coup. « Alors imaginez une personne âgée, isolée, non dotée de matériel informatique et seule au téléphone avec jamais personne au bout du fil ou une attente de près d’une heure… Impossible pour elle de décrocher un rendez-vous. Pire, elle risque de ne pas retenter sa chance et donc ne sera pas vaccinée » explique Aurélie Madigand.

Déjà, dès le premier confinement en mars 2020, la commune de Trémorel avait mis en place un plan Covid pour les aînés et les personnes vulnérables. A ce moment-là, Aurélie Madigand venait tout juste d’être élue mais n’était pas encore dans ses fonctions puisque le conseil n’a pu être installé qu’en mai. Marie-Thérèse Goubin, en revanche, était déjà présente. La 2e adjointe aux affaires scolaires explique : « Un réseau d’une dizaine de bénévoles et d’élus s’était proposé de prendre des nouvelles des plus fragiles au téléphone et de faire leurs courses. Pour ce faire, une liste par âge et par situation avait été dressée ; une cinquantaine de personnes avaient ainsi été aidées. Au 2e confinement d’octobre 2020, nous avons ressorti cette liste. » Entretemps, le conseil municipal avait été installé avec de nouveaux membres dont Aurélie, élue 4e adjointe aux affaires sociales.

Des habitants en difficulté

Le 18 janvier 2021, quelques jours après l’administration des premières doses de vaccin en France, s’ouvre la vaccination « grand public » à destination des 75 ans et plus et des personnes dont la pathologie peut conduire à une forme grave de la maladie. Cela représente 6,4 millions de français à vacciner. Le numéro vert national et les plateformes internet sont rapidement débordés. « Bon nombre d’habitants se sont retrouvés en difficulté, sans pouvoir obtenir de rendez-vous » confirment les deux élues. Le conseil municipal décide alors de prendre les choses en main. « Début février, nous avons contacté 122 personnes susceptibles de se faire vacciner. Suite aux retours en mairie, nous avons ensuite dressé la liste de celles et ceux qui étaient partants pour un rendez-vous. » Aurélie entre alors en jeu.

15 à 20 fois par jour

Liste et documents en main, la jeune adjointe de 28 ans, appelle et se connecte dès qu’elle peut. « Souvent 15 à 20 fois par jour, y compris la nuit, en mangeant, avant d’aller au travail ou en rentrant. Le 8 février, j’ai appelé 28 fois le centre de Loudéac entre 14h et 14h30. Une personne a fini par me répondre que tout était complet et qu’il fallait que je rappelle 8 jours plus tard. »

Le 15 février, Aurélie apprend qu’un centre de vaccination va ouvrir à Montfort sur Meu (35) le 22 février. Elle se connecte et obtient 6 rendez-vous pour le 3 mars. « C’était fou, sous mes yeux, les créneaux partaient comme des petits pains ! » L’après-midi même, elle retente la chance avec Loudéac. « Après 50 minutes d’attente au téléphone, des lignes toutes occupées, puis encore 30 minutes d’attente », elle décroche 3 nouveaux rendez-vous. Finalement, la dame de la Protection civile qui lui répond au bout du fil, comprend qu’Aurélie souhaite des rendez-vous pour plusieurs personnes de sa commune. Elle lui propose alors de lui envoyer sa liste de 28 noms pour caler les vaccinations le même jour. Deux heures plus tard, Aurélie Madigand est rappelée. « J’apprends que tout le monde aura sa première injection le 22 févrierJ’étais franchement contente » se souvient-elle. Le covoiturage est organisé avec les élus et les familles et chaque futur.e vacciné.e reçoit un plan de vaccination dans sa boîte aux lettres, avec la marche à suivre.

La cadette du conseil municipale de Trémorel, Aurélie Madigand, ici en compagnie de Marie-Thérèse Goubin, également élue, a œuvré sans relâche pour aider les aînés de sa commune à se faire vacciner.

 

Erreur de date

Le jour J, alors que certains font route vers Loudéac, le maire Michel Rouvrais, apprend qu’il y a eu une erreur de date à la prise de rendez-vous. Les trémorelois sont attendus non pas le 22 février mais le 22 mars ! « Patients et compréhensifs, les habitants ont bien réagi » conviennent les deux femmes. Entretemps, de nouvelles demandes de vaccination arrivent en mairie. Aurélie s’attèle une nouvelle fois à la tâche. Patiente, elle insiste sans relâche. Au total, elle aura obtenu 45 rendez-vous de vaccination ! « Elle nous a bluffés. Grâce à sa pugnacité, ses efforts ont été payants » félicite sa collègue Marie-Thérèse Goubin.

La jeune élue, préparatrice en pharmacie de profession, ne considère pas qu’elle a réalisé un exploit. « J’ai la fibre sociale en moi depuis toujours, j’ai simplement eu envie d’agir. Je voyais nos aînés découragés, et voulais les aider à la hauteur de mes moyens » explique-t-elle en toute modestie. Aurélie aimerait que cela puisse « donner des idées à d’autres communes. » 

Aux personnes qui tentent d’obtenir un rendez-vous par téléphone, elle livre une astuce : « Lorsque vous appelez un centre de vaccination, l’attente peut être très longue. Plutôt que de patienter à ne rien faire, laissez le téléphone près de vous en mode haut-parleur et continuez vos activités le temps qu’on vous réponde. »

Transport à la demande

Cette aide à la prise de rendez-vous a aussi un but final : la mobilité et l’autonomie des habitants sans moyen de locomotion. « Pour le déplacement à la 2e injection à Loudéac, nous les incitons à faire appel au transport à la demande, un service de la communauté de communes. On voit que dans nos communes rurales, la solidarité n’est pas un vain mot » conclut Marie-Thérèse Goubin.

  1. Claude ETIENNE
    | Répondre

    Bravo a cette élue qui rend honneur à son mandat ce qui nest pas le cas de tout le monde. Dans ma commune, Ménéac, la municipalité n’a rien fait mis à octroyer à quelques élus (maire, 2 adjoints et leur amis ou proches) le reliquat des doses de l’EHPAD.

    Bravo encore à Aurélie MADIGAND

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *