Amazon, partenaire ou prédateur ?

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Emmanuel Macron milite pour la souveraineté mais la Banque publique d’investissement noue des partenariats avec Amazon…

Menace permanente pour le commerce français, Amazon est devenue synonyme de concurrence déloyale et d’évasion fiscale. Les pouvoirs publics s’inquiètent de l’expansion des plateformes numériques, favorisées par les confinements. Et depuis le début de la crise sanitaire, le président de la République multiplie les discours consacrés à la reconquête de la souveraineté – pharmaceutique, industrielle, numérique.

Partenariats

Pourtant, les pouvoirs publics n’hésitent pas à conclure des partenariats avec des entreprises numériques dans des domaines hautement sensibles. C’est ainsi que l’ensemble des données sur la santé des Français avait été confié à Microsoft, avant que le Sénat n’y fasse obstacle. Mais nul n’a empêché la Banque publique d’investissements (Bpifrance) de nouer avec Amazon deux partenariats.

Cet été, Amazon va participer à la campagne intitulée “L’Accélérateur du Numérique” en proposant aux petits entrepreneurs, aux artisans et aux commerçants des formations gratuites à la vente de produits sur internet. Ce qui permettra à Amazon de récupérer, non moins gratuitement, de nombreuses et très intéressantes données. Plus grave encore : Bpifrance a choisi Amazon comme hébergeur des prêts garantis par l’Etat aux entreprises touchées par la crise sanitaire. Comme les entreprises candidates à ces prêts doivent remplir des dossiers, Amazon connaît maintenant la santé financière des 500 000 entreprises qui ont bénéficié de ces prêts.

Inquiétudes

La sénatrice UDI Nathalie Goulet, Bernard Benhamou, secrétaire général de l’Institut de la souveraineté numérique, et Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France, ont exprimé leurs vives inquiétudes quant aux immenses facilités offertes à Amazon. Le directeur général de Bpifrance leur a répondu que la plateforme américaine était la plus efficace, ce qui offre à Amazon un bel argument publicitaire sans que la question de la souveraineté industrielle et de la survie du commerce français soit prise en considération.

Claudine Uzerche