Les oiseaux se font rares au jardin

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L’humain mène la vie dure aux oiseaux. En trois décennies à peine, un tiers à cinquante pour cent des espèces ont disparu. « L’hirondelle, l’alouette des champs ou encore le macareux moine, espèce emblématique du milieu marin sont en perte de vitesse » confirme Valentin Jego, en service civique au Groupe d’Etudes Ornithologiques des Côtes-d’Armor (GEOCA).

L’alouette des champs est en perte de vitesse.

 

Plusieurs facteurs expliquent cette situation : la réduction de la disponibilité alimentaire et de l’habitat liée à la modification des milieux naturels et à l’utilisation de pesticides, herbicides et insecticides, le développement  des monocultures, l’intensification des pratiques agricoles, la pollution, l’urbanisation ou encore les chats, les premiers prédateurs des oiseaux. En mer, les largages pétroliers et prises accidentelles n’arrangent pas les choses.

Par ailleurs, pendant la période du confinement, les oiseaux se sont sentis moins contraints par l’activité humaine, ils pouvaient nicher près des chemins habituellement fréquentés par les hommes et devenus déserts. A San Francisco, une étude a même révélé que les oiseaux chantaient moins fort en raison de la baisse du bruit dans la ville. Le déconfinement à la mi mai 2020 a quant à lui correspondu à la période de reproduction et de nourrissage des petits ; cela a nui à bon nombre d’espèces qui ont été dérangées par le retour de l’homme en extérieur.

Le nourrissage, une bonne idée ?

Le nourrissage par temps très froid peut aider les oiseaux tels que mésange, rouge-gorge et verdier d’Europe, mais il faut savoir que cette opération a un impact non négligeable sur la répartition des espèces. « Nous savons que certaines d’entre elles peuvent carrément changer de zone migratoire et se retrouver en Grande Bretagne au lieu d’être en Espagne. »

Les mangeoires sont également porteuses de risques sanitaires. « La réunion de différentes espèces, les excréments qui stagnent sur le plateau où sont posées les graines et les moisissures qui développent des micro-toxines sont sources de maladies, voire de mortalité. Le verdier d’Europe, adepte du nourrissage, en a payé un lourd tribut, il est désormais inscrit sur la liste rouge nationale des espèces menacées » poursuit Valentin.

Pour bien faire, même si 80 % des oiseaux se débrouillent très bien sans nous ou migrent pour se nourrir, mieux vaut déposer les graines en plusieurs fois, entretenir régulièrement les mangeoires (installées hors de portée des chats) avec de l’eau chaude (ou du savon de Marseille et rincer à l’eau froide). Les salmonelloses et parasites intestinaux seront ainsi évités. « Les autres alternatives sont de favoriser au jardin les essences locales qui produisent des baies et des petits fruits et laisser l’accès au compost les jours les plus froids. »

Grippe aviaire

En pleine période de grippe aviaire et de confinement des volailles, on peut se demander si les oiseaux des jardins sont également  impactés. « Apparemment non, ils ne sont pas vecteurs de la maladie » rassure Valentin Jego. Mais là encore, une mangeoire souillée et fréquentée par un oiseau migrateur en même temps qu’un oiseau de nos jardins, pourra être cause de problème. Toute mortalité anormale doit alors faire l’objet d’un signalement.

Le nourrissage des oiseaux doit se pratiquer avec parcimonie. Ici, une mésange bleue.

 

Accueillir les oiseaux

Si vous rêvez de les entendre et de voir virevolter au-dessus de vous, votre jardin doit être le plus naturel possible. Exit les produits chimiques ! Les haies et les arbustes sont idéaux pour accueillir les nids de fin janvier à fin juillet, et de ce fait, la taille printanière est à oublier. Privilégiez plutôt l’hiver pour le faire. Non seulement la biodiversité sera protégée mais les oiseaux pourront surtout se nourrir des petits fruits, baies et insectes, indispensables à leur alimentation et à leur apport énergétique.

Les oiseaux de nos jardins jouent pleinement leur rôle dans l’écosystème. Voilà de quoi se motiver pour les protéger.

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