Romain Boutron, nouveau « patron » des Côtes d’Armor

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Au cours d’une session exceptionnelle, les conseillers départementaux élisaient Romain Boutron, nouveau président des Côtes d’Armor avec 34 voix sur 54 bulletins exprimés (19 blancs et un vote pour Thibault Guignard). Le 1er vice-président en charge des finances, succède logiquement à Alain Cadec, élu  sénateur le 27 septembre, et qui a démissionné du Conseil départemental  en raison de la loi sur le non cumul des mandats. Dans ses nouvelles missions, Romain Boutron est entouré de 12 vice-président.e.s dont Isabelle Goré-Chapel et Mickaël Chevalier, les conseillers départementaux du canton de Broons. Portraits et entretiens croisés.

 

Romain Boutron veut « un débat d’idées et de fond avec l’opposition »

En 2014, Romain Boutron, est élu maire de Plémet, puis premier vice-président aux finances et à l’administration générale à Loudéac Communauté Centre Bretagne. En avril 2015, Alain Cadec fait basculer le département à droite après 39 ans à gauche. Tout juste élu président du Conseil départemental, le briochin accorde sa confiance à l’édile du centre Bretagne qui est ensuite élu 1er vice-président en charge des finances. A 37 ans, il devient aujourd’hui  le plus jeune président d’un conseil départemental de France.

L’Hebdomadaire d’Armor : Dans quel état d’esprit êtes-vous deux jours après votre élection et au moment où entre en vigueur le 2ème confinement ?

Romain Boutron : Je suis heureux et fier à la fois même si ce n’est pas une surprise pour les costarmoricains puisqu’Alain Cadec avait exprimé son souhait que je le remplace. L’intérêt de la mission et le travail accompli ont fait qu’il ne m’a fallu que 30 minutes, le temps de faire le trajet Saint Brieuc-Loudéac,  pour que j’accepte son idée. Il est clair que j’ai envie de poursuivre le travail de « la maison ». Pour l’instant, je suis en « septaine » après avoir été testé positif au Covid, (l’entretien a été réalisé jeudi 29 octobre).  Les symptômes légers ont disparu et j’enchaîne les réunions en visioconférence. Tout à l’heure, j’étais en cellule de crise départementale par écrans interposés afin d’assurer la continuité des services.

L’HA : Comment allez-vous concilier vos fonctions d’élus et votre vie professionnelle ?

RM : Je vais être contraint de démissionner de la municipalité de Plémet et souhaite que Chantal Névo, première adjointe, me remplace dans mes fonctions de maire. L’élection devrait avoir lieu vers le 26 novembre. Côté professionnel, j’ai démissionné de mon poste aux Carrières Lessard en février dernier pour gérer des investissements privés ; j’ai un projet entrepreneurial. Quant à la politique, tout est question d’organisation. Avoir un parcours en politique c’est oui ; en faire un métier pour en vivre, c’est non. C’est la condition sine qua none si les citoyens veulent des élus proches du terrain. Je suis un élu de terrain et je veux le rester. Même si ce sera plus dur avec le 2ème confinement.

L’HA : Comment s’est déroulée la passation avec Alain Cadec ?

RM : La passation a eu lieu sur tous les dossiers. Nous avons une trajectoire avec un fort investissement à poursuivre : collèges, port du Légué, agglomération briochine… Jusqu’aux prochaines élections, nous nous adapterons et maintiendrons le département en ordre de marche. Même si on semble s’acheminer vers un report des départementales, je ne veux pas que cela soit un sujet de tension au sein de l’hémicycle.

L’HA : Quelles sont vos relations avec l’opposition ?

RM : On se connait bien, nos relations ne vont pas changer. Je souhaite avoir avec l’opposition un débat d’idées et de fond car les inimitiés et les histoires n’intéressent pas les citoyens.

L’HA ? Parmi les 12 vice-président.e.s qui vous entourent, deux sont du Sud du département, comme vous. Etait-ce une volonté ?

RM : Absolument pas. Cette décision ne dépend pas d’un secteur géographique mais de compétences et de qualités humaines. Isabelle Goré-Chapel et Mickaël Chevalier ont tout cela.

L’HA : Un dernier mot pour nos lecteurs ?

RM : Même si je viens du Sud des Côtes d’Armor, je serai le président de tout le département et de tous les costarmoricains sans exception. Il est clair que j’ai un fort attachement au milieu rural et j’aimerais que le département découvre les atouts du centre Bretagne. Qui sait, on est peut-être dans un changement de position.

 

Romain Boutron, nouveau président des Côtes d’Armor, est également le plus jeune président d’un conseil départemental en France. ©Thierry Jeandot.

 

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Mickaël Chevalier : « 2020 se clôture de façon acceptée et acceptable »

Mickaël Chevalier  aura 46 ans dans quelques jours. Il est maire de Plumaugat depuis 2008, conseiller départemental et président du groupe du centre et de la droite républicaine depuis 2015, et  5ème vice-président  en charge de l’habitat, des gens du voyage et de la politique de la ville à Dinan agglomération depuis 2017. Il vient également d’être élu tout récemment vice-président du Smictom Centre-Ouest. Technicien conseil en bâtiments agricoles, il est en disponibilité professionnelle depuis plusieurs années. La semaine dernière, il a été élu 2ème vice-président du département en charge des finances, des ressources humaines et des contrats de territoire.

 

L’Hebdomadaire d’Armor : Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Mickaël Chevalier : C’est une nouvelle prise de fonction dans un contexte particulier, il va falloir gérer les choses au mieux. Dans un contexte de fin de mandat, et certainement de report d’échéance électorale, le conseil départemental est dans la continuité des mesures prises depuis le début de la crise sanitaire. Les perspectives sont bien entendu chamboulées mais on a dégagé suffisamment de marge de manœuvre. Même s’il reste des inquiétudes pour 2021 entre autres sur les dépenses sociales et la baisse des recettes fiscales, 2020 se clôture de façon acceptée et acceptable. Je rappelle que le volet solidarité et social représente la moitié du budget départemental et que nous avons « osé » mettre en place la réforme sur les ASAD (Associations de Soins et d’Aides à Domicile).

L’HA : Comment allez-vous organiser votre nouvel emploi du temps ?

MC : Il ne devrait pas y avoir d’impact sur l’organisation actuelle puisque les finances et les ressources humaines étaient déjà dans mes compétences. Je continuerai de partager mon temps entre ma commune où j’assure une permanence chaque samedi matin et le département.

L’HA : Quelles sont vos relations avec l’opposition ?

MC : On est là pour débattre et c’est normal qu’il y ait des accrocs en période pré-électorale. L’opposition a la position de « taquineur », je lui souhaite de présenter des candidats aux prochaines élections.

L’HA : Votre élection est-elle un atout pour le canton de Broons ?

MC : La fonction de vice-président ne désigne pas un territoire. Avec Isabelle Goré-Chapel, mon binôme, si nous sommes élus, c’est parce que nous sommes des élus de terrain actifs qui traitons les territoires de façon équitable.

L’HA : Un dernier mot pour nos lecteurs ?

MC : Dans un contexte sanitaire qui se gère et face à une réalité sociale difficile depuis 6 mois pour les familles, les entreprises et les personnes âgées, nous resterons des élus de proximité et de terrain et serons toujours attentifs à la cartographie sociale. Faisant partie des conseils d’administration des collèges et des EHPAD, nous continuerons d’être en prise avec la réalité du terrain chaque jour.

Mickaël Chevalier: "Nous resterons attentifs à la cartographie sociale"
Mickaël Chevalier: « Nous resterons attentifs à la cartographie sociale »

Isabelle Goré-Chapel : « L’action d’un.e élu.e se passe sur le terrain »

Isabelle Goré-Chapel  est chargée de mission alimentation à la Chambre d’Agriculture régionale depuis le printemps dernier. Elue à la commune de Merdrignac en 2014 et 2020, elle est première adjointe en charge de l’attractivité économique, résidentielle et touristique. En 2015, aux côtés de avec Mickaël Chevalier, son binôme, elle est élue conseillère départementale du canton de Broons où elle siégeait dans la commission action sociale. Depuis lundi 26 octobre, Isabelle Goré-Chapel est la 11ème vice-présidente  du Département, en charge de l’environnement et des mobilités.

L’HA : Dans quel état d’esprit êtes-vous au cœur de cette actualité intense et quelques jours après votre élection ?
Isabelle Goré-Chapel : Évidemment,  je suis contente de cette élection à la vice-présidence de l’environnement et des mobilités au département, c’est une reconnaissance de la part de mes collègues. Mais la priorité est la situation sanitaire et l’accompagnement de tous dans ces moments difficiles. Je n’oublie pas que l’une des missions principales du Département est l’action sociale de la petite enfance aux personnes âgées, des services d’aides et d’accompagnements à domicile, des EHPAD.

L’HA : Faut- il envisager une nouvelle conciliation de votre  vie professionnelle et d’élue (municipale et départementale) ?
IG-C : Évidemment le fait d’évoluer au sein de l’exécutif du département demande de consacrer plus de temps qu’auparavant. La variable d’ajustement sera professionnelle, la loi le permet. Dans cette question, il manque un élément important : ma famille.

L’HA : Quelles seront vos nouvelles missions au département ? Y aura-t-il toujours autant de terrain ?
IG-C : L’action d’un élu se fait sur le terrain quelles que soient ses missions. Mes missions concerneront la qualité de l’eau, les espaces naturels, les forêts, la biodiversité, l’aménagement rural, les chemins de randonnées, voies vertes, vélo route, aménagement foncier. J’essaye de ne pas en oublier.

L’HA : Qu’en est-il et qu’en sera-t-il de la relation avec l’opposition ?
IG-C : Je pense que nous sommes élus pour que les Côtes d’Armor soient un département attractif dans son ensemble. Nous n’avons pas les mêmes propositions pour le faire, ce qui est normal, mais cela doit se pratiquer dans le respect des uns et des autres.

L’HA : Un mot pour les lecteurs de L’Hebdo, habitants du sud et centre costarmoricain, qui voient là l’opportunité de valoriser leur territoire ?
IG-C : Nous avons un territoire exceptionnel, constitué de cours d’eau, de forêt, de chemin de randonnée, souvent en manque de notoriété et pourtant avec un fort potentiel. Je suis contente et fière de le revendiquer et d’y vivre.

Isabelle Goré-Chapel : « L’action d’un élu se fait sur le terrain quelles que soient ses missions. »
Isabelle Goré-Chapel : « L’action d’un élu se fait sur le terrain quelles que soient ses missions. » Crédit photo: Thierry Jeandot