Nos lecteurs ont la parole : Petit moral mais grands espoirs

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Avec la reprise scolaire et associative, il n’est plus question de céder  à l’entre soi ou au pessimisme. Les lecteurs de L’Hebdo, de tous âges et de tous horizons, ont bien voulu répondre à nos questions sur leur moral en cette rentrée. Celui-ci est évidemment encore un peu en berne au vu du contexte sanitaire, mais l’espoir  d’un avenir meilleur semble bien présent.

 

L’Hebdomadaire d’Armor : Quel est votre moral ou état d’esprit en cette rentrée ?

Karine Huard, 45 ans, assistante maternelle, cheville ouvrière au cinéma Le Studio à Merdrignac: « Le moral est bon avec quelques inquiétudes quand même. Contents d’avoir pu rouvrir les portes de notre salle de cinéma, la rentrée va être compliquée mais notre équipe reste autant motivée. Des bénévoles arrêtent leur collaboration et des nouveaux arrivent. Nous sommes toujours en recherche de bénévoles afin d’offrir aux spectateurs le meilleur accueil possible et dans des conditions sanitaires pas évidentes du tout. »

Sébastien Legat, 43 ans, agent immobilier et président de l’union du commerce à Merdrignac : « Pour le moment, le moral est bon même si je m’attends à une chute immobilière d’ici la fin de l’année. »

Alycia Toxé, 13 ans, collégienne de Saint Méen le Grand : « Côté moral, je n’ai pas envie de retourner au collège mais j’ai très envie de revoir mes copines. »

Brice Vernin, 42 ans, responsable du centre culturel Mosaïque à Le Mené (Collinée) : « Heureux de pouvoir ouvrir à nouveau la salle à la population, d’y accueillir dès septembre des résidences d’artistes, les activités des associations et de lancer la saison le samedi 19 septembre. J’ai envie de voir revenir le public ! Et que les conditions sanitaires se stabilisent afin de pouvoir travailler plus sereinement. »

Nadine Tenoux, 44 ans, auxiliaire de la petite enfance, de Saint Méen le Grand : « C’est mitigé côté moral, j’attends de voir comment cela va se passer au niveau professionnel. Combien de temps va-t-on nous imposer les gestes barrières. On continue à aller dans l’inconnu.»

Jean Texier, 73 ans, responsable du festival des battages à Plumaugat : « Déçu de ne pas avoir pu proposer notre festival le 23 août car depuis 1975, il n’y avait eu aucune interruption. Le pique-nique des bénévoles sur le site de la fête a aussi été annulé par prudence. Dimanche dernier, une messe a quand même été célébrée aux intentions des bénévoles décédés et plus spécialement de notre premier président et du mari de la présidente actuelle décédé depuis la dernière fête. »

Séverine Robert, 40 ans, professeur de dessins et arts plastiques, de Trémeur : « Le moral est partagé. Je suis très contente de reprendre mon travail parce qu’il apporte beaucoup de contacts. Mais retrouver un rythme et des horaires après six mois passés à la maison, en famille, ça va être un peu dur au début, je pense ».

Fabien Briche, 64 ans, maire délégué de Saint-M’Hervon : « Je suis d’un tempérament optimiste. Les vacances ont été un peu étranges avec une ambiance particulière qui ne ressemblait à aucune autre. Des vacances, pratiquement sans aucune festivité, les contacts familiaux qui ont été volontairement réduits : ce n’étaient pas des vacances « normales ». Au titre de la fonction d’élu, le mois d’août a été plus calme, grâce à la bonne organisation et la bonne gestion des services qui ont su s’adapter après des semaines très compliquées. Une pause bienvenue pour tous afin de « recharger les batteries ».

Georges Blochet, 71 ans, technicien-conseil retraité, président de l’association Les Saints Patrons de Plumieux : « Le moral est bon, puisqu’il faut faire avec. »

Françoise Hervot, 54 ans, secrétaire au club du foot l’Indépendante mauronnaise depuis plus de 20 ans : « La situation actuelle fait que ce n’est pas évident. Toutefois je reste motivée, optimiste comme ces derniers mois. »

Georges Debuchy, 65 ans, de La Trinité-Porhoët, retraité de l’enseignement et président de l’ESAP section football : « Le moral est bon. » Tout simplement.

Annick Vincent, 71 ans, retraitée GDF, présidente du club de l’amitié de Mohon : « Moi aussi, le moral est bon. »

 

L’HA : Que retiendrez-vous de ces derniers mois ?

Karine Huard : « Ces derniers mois ont été difficiles avec la fermeture des salles de cinéma. Nous avons donc décidé lors de la réouverture de mettre en place des séances au mois d’août ; habituellement, le cinéma est toujours fermé ce mois-là. Nous avons investi dans une sono portable et une machine à pop-corn et en avons profité pour faire quelques travaux à l’intérieur du cinéma et effectué un grand nettoyage. »

Sébastien Legat : « Boulot, boulot, boulot, c’était de la folie avec des journées allant de 8h à 21h dès la fin du confinement jusqu’en août. Des bretons mais aussi des habitants du Sud, du Nord, des Alpes, des Pyrénées et même des Belges voulaient absolument acheter à la campagne. »

Alycia Toxé : « Le confinement m’a permis de travailler un peu plus au niveau scolaire et de faire du sport avec mon papa. »

Brice Vernin : « Ce confinement a été finalement positif en montrant que les pratiques culturelles et artistiques (lecture, musique, films …) étaient essentielles et ont permis à un grand nombre de citoyens « de tenir le coup », de continuer à avoir des liens. Il a pu même être l’occasion pour certains de révéler leurs talents et leur créativité en se lançant dans des réalisations vidéos, écritures, musique au balcon par exemple. A noter aussi que le soutien des collectivités au monde artistique et aux institutions culturelles a été réel. Ce qui a été plutôt encourageant. »

Nadine Tenoux : « J’ai eu beaucoup de temps libre et j’en ai profité pour apprendre la couture. Le confinement s’est bien passé mais il était temps que cela se termine. »

Jean Texier : « Ces derniers temps ont été plus reposants ce qui m’a permis de passer de bons moment en famille. Malgré tout l’ambiance de la préparation du festival a manqué avec moins de contacts et de rendez-vous. »

Séverine Robert : « Que c’est rare dans une carrière de faire une coupure professionnelle en restant à la maison avec ses enfants, surtout dans les conditions qui ont été les nôtres à la campagne, dans une maison assez grande, avec du voisinage très présent. On a pu redécouvrir le plaisir des jeux de société, des vieux films, du partage et des échanges. »

Fabien Briche : « Une adaptation assez incroyable de la vie quotidienne et, malgré les contraintes fortes, on a pu constater des règles sanitaires relativement bien respectées et comprises. La découverte aussi de la vie quotidienne avec un autre rythme de vie et la confirmation que l’on vit, malgré tout, relativement bien dans nos campagnes. Les jardins potagers s’en rappelleront car ils n’ont jamais vu autant de monde. Sur un autre sujet, suite au confinement, force est de constater que beaucoup d’élus et principalement les maires des petites communes ont été assez malmenés. J’avoue que cela devient inquiétant. »

Georges Blochet : « On a beaucoup trop parlé de la pandémie et de son cortège de soucis économiques. Cette litanie répétée sans fin a engendré une ambiance négative et morose, et une peur véritable. »

Françoise Hervot : « Parfois je ressentais un vide. Manque : c’est le premier mot qui me vient à l’esprit quand je pense au confinement. Nous étions confrontés à une nouvelle façon de vivre avec beaucoup de contraintes. »

Georges Debuchy : « Une fin de saison difficile à terminer. Puis des manifestations supprimées, ce qui entrainera un manque de finances, bien que le club de foot soit en bonne santé. »

Annick Vincent : « Le manque de contact avec mes enfants et l’isolement. Par contre, le confinement a amené de nouvelles relations. »

 

L’HA : Comment voyez-vous l’avenir ?

Karine Huard : « L’avenir du cinéma est très incertain car nous nous autofinançons et le cinéma perdure grâce au travail des années précédentes où la concurrence avec  internet n’existait pas. Tous les ans, le cinéma est en déficit budgétaire. Si rien n’est envisagé par les institutions publiques ou des investisseurs privés, le cinéma sera contraint de fermer ses portes dans un avenir très proche. De plus, la crise sanitaire n’arrange rien; les spectateurs ne sont pas revenus en nombre comme on aurait pu le penser et privilégient parfois les multiplex des grandes villes. »

Sébastien Legat : « J’aspire à la retraite…dans 15 ans. Plus sérieusement, j’espère me tromper sur la chute immobilière de fin d’année. Donc ce que je gagne maintenant n’est pas dépensé tout de suite. Je suis un peu pessimiste mais pas alarmiste. »

Alycia Toxé : « Depuis plusieurs mois, beaucoup de jeunes ont lâché prise et tout le monde ne sera pas au même niveau. Ça va être dur de reprendre et surtout pour le brevet en fin d’année. »

Brice Vernin : « Je vois la saison culturelle à venir comme des retrouvailles après un long voyage. Je fais confiance à la curiosité, la fidélité du public mais aussi le talent et la générosité des artistes pour qu’ensemble, nous puissions revivre des moments riches d’émotion et de réconfort. Je pense que le public sera de retour plus que jamais car le besoin de se retrouver pour vivre des moments d’exception, comme le spectacle vivant le permet, est fort. Je suis confiant, notre programmation saura satisfaire ce besoin de rire, d’évasion, de découverte. »

Nadine Tenoux : « L’avenir est incertain. J’espère que pour les enfants ce ne sera pas trop lourd à gérer au quotidien. »

Jean Texier : « Je souhaite que cette pandémie s’atténue en 2021 et que les associations puissent relancer leur festivités qui animent les vacances  d’été. »

Séverine Robert : « Pas forcément en positif. Le monde d’après mieux que celui d’avant, je n’y crois pas trop, pas plus qu’aux grands changements de fond. Par contre, au niveau intra familial et local, des liens sont resserrés et si ça peut rester et se développer, ça serait très bien. »

Fabien Briche : « Beaucoup de choses vont encore changer et, j’espère que les bonnes résolutions prises pendant le confinement, notamment, les achats dans les commerces de proximité vont se poursuivre. Espérons aussi que les parents, ayant eu à gérer leurs enfants pendant une longue période, vont mieux comprendre et intégrer quelle peut-être la difficulté des enseignants et du personnel communal mis à disposition des écoles, pour encadrer les enfants. »

Georges Blochet : « Cela risque de continuer dans la morosité si nous n’arrivons pas à changer notre manière de vivre les choses. »

Françoise Hervot : « Je profite de l’instant présent. La famille, les proches sont plus soudés. L’avenir ne me semble pas très rose. Cela dit on ne sait rien. »

 

L’HA : Quel est votre souhait pour ces prochaines semaines ?

Karine Huard : « Que les pouvoirs publics ne referment pas les cinémas, ce serait vraiment dramatique. Que ces mêmes pouvoirs publics aident financièrement les petites salles afin que celles-ci ne soient pas contraintes de fermer définitivement leurs portes. Fin octobre, nous avons notre évènement Halloween et espérons vivement ne pas être obligé de l’annuler.

Sébastien Legat : « Que la vie reparte car j’aime quand ça court. Je souhaite une reprise d’activité immédiate dans le domaine du commerce et de l’artisanat. Ma seule inquiétude serait qu’on adopte le modèle Belge en vigueur depuis le mois dernier, à savoir se limiter à un client par créneau de demi-heure. Ce serait la catastrophe au niveau économique. »

Alycia Toxé : « J’espère qu’il n’y aura pas un nouveau confinement et je souhaite de moins en moins de cas de Covid. »

Brice Vernin : « Que les conditions qui nous sont imposées, ne nous empêchent pas de VIVRE ! Et au contraire, nous ouvrent de nouvelles perspectives de solidarité, de curiosité, et d’inventivité. »

Nadine Tenoux : « La vie continue et on arrivera tous en même temps à Noël…. »

Jean Texier : « Garder le moral et préparer 2021 ! »

Séverine Robert : « Ça serait bien d’ouvrir  les yeux sur le consommer différemment, le mieux-vivre, le mieux-manger et pratiquer une consommation plus raisonnable. Et aussi que chacun cesse de penser que l’on est ce que l’on consomme, qu’avoir une belle paire de chaussures, une grosse voiture, c’est ça qui compte. »

Fabien Briche : « Que les habitants prennent conscience, que nous pouvons participer au « vivre mieux » avec un peu plus de solidarité, en comprenant plus encore les devoirs que nous avons les uns envers les autres pour vivre en pleine harmonie ; participer au maximum à la vie communale par des actions constructives et non pas en permanence critiquer. Réfléchissons à la chance que nous avons de vivre dans nos petites communes. »

Françoise Hervot : « Je souhaite qu’on reste en bonne santé et qu’une solution soit trouvée contre cette maladie. »

Georges Blochet : « Il faut apprendre à coexister avec le Covid, accepter les évènements pour mieux les surpasser, afin de mieux vivre cette période difficile, et ne pas perdre contact avec les personnes. »

Annick Vincent : « Retrouver les gens du club et reprendre les activités de loisir comme avant. En espérant que nos effectifs iront en augmentant. Le club doit reprendre ses activités le mardi 8 septembre à 13h30. »