Pour une rentrée scolaire plus sereine: Les enfants de Ménéac en colonies apprenantes

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Du jour au lendemain, le confinement a induit chez les enfants une rupture des liens scolaires et sociaux, fragilisant ainsi leurs compétences et savoirs. Afin de leur permettre de rattraper le retard et de possibles lacunes, et surtout éviter le décrochage, l’Etat par l’intermédiaire de l’Education nationale, proposait dès la réouverture des écoles en juin, le dispositif « vacances apprenantes ».  Au sein de celui-ci, les « colonies apprenantes » allaient faire partir en vacances, en juillet et août, 250 000 jeunes de 3 à 17 ans. Les élèves du milieu rural faisant partie des publics prioritaires, la commune de Ménéac s’est positionnée dès la connaissance du dispositif. 31 enfants ont ainsi bénéficié de ces colonies réinventées.

A quelques jours de la rentrée, ils sont gonflés à bloc pour attaquer une nouvelle et vraie année scolaire. Clara, Elina, Ewen et tous leurs copains et copines auront fait partie de celles et ceux à avoir bénéficié du dispositif « colonies apprenantes » grâce à leur commune. « Nous en avons entendu parler dès le mois de mai et nous nous tenions à l’affût de la circulaire arrivée en mairie le 16 juin car il fallait être très rapide pour se positionner alors qu’en même temps, la municipalité était occupée à organiser le déconfinement, la réouverture des établissements scolaires puis l’installation du nouveau conseil municipal. Nous avons dans la foulée, informé les familles par le biais des écoles, des collégiens et du Flash infos hebdomadaire. Le bouche à oreilles a fait le reste. Fin juin, nous avons signé une convention avec la Direction départementale de la cohésion sociale du Morbihan afin de pouvoir faire partir 35 enfants de la commune » indique Isabelle Recoursé, adjointe au maire de Ménéac, « au taquet depuis le début » sur ce dossier.

Le nourrissage des girafes : un temps fort de la colonie apprenante Apprenti soigneur à Branféré.
Le nourrissage des girafes : un temps fort de la colonie apprenante Apprenti soigneur à Branféré.

Une aubaine pour les enfants du milieu rural

Si la commune a été si vive à réagir, c’est parce qu’elle a tout de suite compris que ces colos apprenantes étaient une véritable aubaine pour les enfants du milieu rural et leurs familles. « Le critère de vivre à la campagne et/ou d’avoir des difficultés d’accès à Internet permettait de bénéficier d’un séjour coûtant de 450 € à 510 € entièrement pris en charge par l’Etat à raison de 80 % et par la commune à hauteur de 20 %. Seul le transport restait à charge des parents. Le quotient familial ne rentrait pas en ligne de compte contrairement à d’autres collectivités qui l’exigeaient » poursuit l’élue. Pour Ménéac, sur un coût total de 14 820 €, le reste à charge s’élève à 2 964 €.

En peu de temps, les inscriptions par le biais de la municipalité se sont enchaînées dès le 26 juin. In fine, 31 enfants de la commune, âgés de 6 à 17 ans, ont profité d’un séjour labellisé par l’Etat, proposé entre le 5 juillet et le 29 août. Les familles avaient le choix du thème et lieu du séjour, elles ont opté pour Apprenti soigneur à Branféré (56), Aventures et cabanes en forêt (56), le P’tit corsaire (56), Jolly Jumper (56), Art et nautisme (29), et Défi game (35). L’organisation et l’animation étaient assurées par les organisateurs habituels de colonies de vacances (association d’éducation populaire, collectivité territoriale, structures privées, comité d’entreprise) qui ont dû intégrer le renforcement des apprentissages au programme des séjours.

Ni cours, ni leçon

L’objectif de ces colonies apprenantes n’est pas de proposer des cours ou des leçons aux enfants, ou de se substituer aux professeurs, mais plutôt de remobiliser le socle commun des compétences scolaires de façon ludique et par le biais de la transversalité.  Ainsi, la colonie Apprenti soigneur à Branféré a permis d’approfondir les connaissances sur les animaux à travers des jeux et des questionnaires. Ewen Mainguy, n’est pas prêt d’oublier sa rencontre avec les habitants de la ferme, les pandas roux, et les girafes auprès desquelles il a assisté au nourrissage en coulisses. Quant aux singes, il en connait désormais un rayon du haut de ses 9 ans. « J’ai appris que les singes de l’ancien monde qui vivaient en Afrique et en Asie n’avaient pas de queue et pouvaient se tenir debout ; c’étaient ceux qui avaient le plus de points communs avec l’homme. Les singes du nouveau monde ont une queue et s’en servent comme un outil » relate-t-il. D’habitude anxieux, sa maman Magali Mainguy l’a trouvé plus assuré en rentrant. « C’était sa première colonie et il est prêt à y retourner même s’il n’y a pas de copain avec lui » confie-t-elle. Un sacré pas en avant.

Elina, la grande sœur d’Ewen, âgée de 12 ans, est quant à elle partie avec 3 copines et 2 copains en colonie Art et nautisme dans le Finistère. Aussi enthousiaste que son frère, elle aussi voudrait bien repartir l’an prochain car elle a adoré « rencontrer de nouveaux amis, apprendre à faire de la voile et danser la chorégraphie du matin avec les animateurs pour bien démarrer la journée. » Concernant l’aspect sanitaire lié au Covid, le protocole a été respecté à la lettre « jusqu’au port du masque en groupe et à la désinfection journalière de la combinaison de voile » complète la maman qui savait ses enfants « plus en sécurité dans cette colonie qu’au supermarché où tout le monde touche à tout. »

La vie en collectivité faisait aussi partie du programme. Chaque enfant avait des responsabilités : débarrasser son couvert, faire la vaisselle…
La vie en collectivité faisait aussi partie du programme. Chaque enfant avait des responsabilités : débarrasser son couvert, faire la vaisselle

Autonomie et vie en collectivité

Avec le repli à la maison imposé par le confinement, les enfants avaient également besoin de retrouver une vie sociale et de l’autonomie. Pour ce faire, rien de tel que la vie en collectivité. Ils devaient donc mettre leur couvert, débarrasser, faire la vaisselle, ranger leur chambre ou tipi… autant de petits gestes qui font grandir. Clara Conoir, 9 ans, également en colonie Apprenti soigneur à Branféré, a apprécié cette façon de faire. Partie 2 fois auparavant en colo classique, elle attend déjà son prochain séjour. « Ma fille est rentrée le sourire aux lèvres, heureuse d’avoir vécu une journée au contact des animaux, et participé à la vie collective et aux veillées. Indéniablement, cela ouvre l’esprit et crée des souvenirs inoubliables » confie Christelle Conoir, sa maman, également conseillère municipale à Ménéac.

Enfin, dans l’idée d’un échange gagnant-gagnant, les enfants ont été invités à fournir en mairie photos et témoignages, histoire de laisser une trace indélébile de ces colos pas comme les autres. Ceux-ci arrivent petit à petit. Par exemple, Elsa et Ethan disent avoir «  très apprécié la colo à Branféré »  ou encore Clara et Zoé: « Nous avons aimé dormir en toile de tente. Les activités étaient top (accrobranche, VTT, construction de cabanes….). »

Isabelle Recoursé, Magali Mainguy et Christelle Conoir peuvent se féliciter d’avoir fait bénéficier de ce dispositif (lequel pourrait être renouvelé a annoncé Jean Castex) aux enfants. Preuve qu’une petite commune d’environ 1 650 habitants (et 110 scolaires) peut aussi bien qu’une grande, pour peu qu’elle s’en donne les moyens.

 

Delphine Jeannest