Le temps des récoltes dans les potagers

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C’est le plein été. C’est aussi le moment des pleines récoltes dans les potagers. Sensibilisation à l’environnement oblige, les jardiniers sont de plus en plus nombreux à se passer de l’arsenal chimique et aussi à tester de nouvelles méthodes de cultures. Voici quelques conseils pour une période pleine de plaisirs.

Les mois d’été sont ceux où l’on engrange en plus grande quantité les fruits de son travail d’automne et de printemps. Laitues, tomates, concombres, courgettes, petit pois, fèves, pommes de terre, haricots ont donné ou donnent à plein.

Les promesses d’hiver se font déjà jour : les potimarrons font rêver pour les potages de temps froids, les topinambours, les héliantis (un peu le même genre de légume en moins pénible à éplucher) sont magnifiques, les pommes de terre seront encore bonnes, les betteraves rouges aussi mais elles sont déjà délicieuses toutes jeunes et râpées, les poireaux sont sans doute déjà plantés pour les soupes. Bref, c’est l’euphorie. Mais… car il y a souvent un ou plusieurs mais dans une vie de jardinier. Corvées d’arrosages, plantes indésirables, bestioles qui auraient bien envie de partager la récolte sans y avoir contribué donnent parfois quelques soucis.

Arrosage

Il est important de savoir que certains légumes sont très gourmands en eau et que sans cette eau, la récolte sera très décevante. Concombres, céleri-rave (originaire des marais), haricots, fraises font partie de ceux-là. En revanche, la tomate est assez peu exigeante en arrosages. Manier l’arrosoir n’est pas ce qu’il y a de plus passionnant au jardin. L’une des astuces est de ne pas laisser le sol à nu. On peut le recouvrir de tonte de pelouse, des feuilles de légumes récoltés à côté, de carton, de broyage de déchets verts. Avantages : il y a moins d’évaporation ; les plantes indésirables voient leur croissance ralentie ; le sol reste meuble ; les micro-organismes qui travaillent le sol sont pour la plupart inopérants sur un sol sec mais sur un sol ombragé et humide, c’est la joie ; les vers de terre peuvent aisément poursuivre leur travail incessant d’aération et d’enrichissement du sol. Inconvénient : certains rongeurs trouvent là un super lieu de lieu de vie avec hôtel restaurant à volonté ! Enfin, les paillis enrichissement le sol de carbone, de cellulose, d’azote.

Le paillage a de multiples avantages. Ici, les céleris-raves vont pouvoir garder le pied au frais en cas de chaleur importante.
Le paillage a de multiples avantages. Ici, les céleris-raves vont pouvoir garder le pied au frais en cas de chaleur importante.

Les insectes aimés

Dans un jardin (potager ou d’agrément, mais le potager est aussi un bel agrément), il est très important d’avoir des insectes. Abeilles, xylocopes (grosse abeille charpentière), papillons, syrphes (petites guêpes inoffensives), bourdons jouent un rôle très important dans la pollinisation (donc dans les futures récoltes). Mais ils ne viennent que s’ils y trouvent leur compte. Dans la nature aussi c’est donnant-donnant. Des pieds de bourraches, un peu de trèfle, des coquelicots, de la mélisse, du thym, des orties et bien d’autres plantes leur conviendront parfaitement, à condition, évidemment de laisser venir les fleurs. Il ne faut pas hésiter à laisser une plante sauvage mener sa vie ici et là. Un jardin trop propre n’est pas attirant pour la faune. Des petits tas de bois, des tas de brindilles, des cachettes naturelles, des pots vides, des cageots à l’envers, toutes ces choses qui font un peu « bordélique » génèrent beaucoup de vie.

Les insectes moins aimés

Toutefois, on peut avoir l’impression que certaines bestioles ne sont là que pour dévorer les légumes. C’est le cas des altises, ces petites « puces de terre » qui sont capables de vous dévorer un rang de choux en quelques heures. C’est vrai pour la mouche de la carotte dont les larves creusent des galeries dans les carottes, panais, persils et peuvent réduire voire anéantir votre moisson. C’est encore vrai pour les « vers » du poireau qui détruisent le meilleur du légume. Les pucerons sont également de grands prédateurs, surtout sur les plantes trop enrichies en matières azotées. Il y a des solutions qui consistent à pulvériser régulièrement purins d’orties, de rhubarbe (excellent insectifuge) ou des huiles essentielles de plantes. La meilleure technique, mais un peu contraignante et coûteuse, est de poser un filet anti-insectes. C’est radical au niveau de la pénétration des insectes mais pour nettoyer, c’est un peu pénible.

Les maladies

Presque tous les jardiniers vous le diront : il est de plus en plus difficile d’obtenir des tomates en extérieur. Le terrible mildiou, maladie à champignons peut détruire vos plants de tomates, d’aubergines, de pommes de terre en deux ou trois jours. Une solution est évidemment de les mettre sous serre (à condition d’aérer suffisamment) mais tout le monde n’a pas de serre. Voici un petit mélange qui se révèle parfois très efficace à condition de l’employer avant l’apparition des taches noires ou dès le début. Dans un pulvérisateur (de taille adaptée à la quantité à traiter), mettez pour un litre : trois ou quatre gouttes d’huile essentielle d’origan compact, un peu de savon noir liquide pour aider à la dilution, une demi-cuillerée à café de bicarbonate de soude, une cuillerée à soupe de lait demi-écrémé et mélanger tout ça avec l’eau. Pulvériser à volonté. L’huile d’origan est un anti cryptogamique (détruit les champignons), le bicarbonate de soude dessèche et le lait acidifie ce qui ne convient pas au champignon. Rien ne coûte d’essayer. L’huile d’origan s’achète en magasin bio ou en pharmacie.

Obtenir des tomates en extérieur n'est pas toujours très facile à cause du mildiou.
Obtenir des tomates en extérieur n’est pas toujours très facile à cause du mildiou.

Auxiliaires

Les auxiliaires sont les bénévoles du jardin. Ils font une partie du travail à la place du jardinier ou, le plus souvent en complémentarité. Les animaux, parfois microscopiques font un travail de géant. Bactéries, levures, champignons aident à la dégradation des matières végétales restées sur place et apportent de la matière organique au sol. Les vers de terre aèrent le sol, digèrent la matière organique et la rejettent, enrichie de mille et une substances qui en font un véritable engrais. De nombreux insectes en mangent d’autres et régulent ainsi les populations de  nuisibles. Tout le monde connaît la coccinelle dévoreuse de pucerons. Idem pour la (ou le) forficule qui en plus de manger des insectes avale des végétaux trop mûrs, un peu pourris. Il fait donc du nettoyage. Les oiseaux sont précieux dans un potager. Certes, il leur arriver de goûter aux fraises, aux autres fruits et légumes mais le plus souvent, ils se nourrissent eux aussi d’insectes, de chenilles ou de graines. Les cloportes mangent le bois mort tout comme la larve de la cétoine dorée. Pour avoir des auxiliaires, il vaut mieux leur laisser de la place. Des arbres, des nids, des cachettes, des buissons, des endroits un peu délaissés, un peu humides, un peu sauvages.

Le crapaud épineux, le plus répandu en Bretagne, a toute sa place dans un potager pour limiter la prolifération des mollusques.
Le crapaud épineux, le plus répandu en Bretagne, a toute sa place dans un potager pour limiter la prolifération des mollusques.

Anticiper l’hiver

 Il ne faut pas oublier d’anticiper l’hiver. Il est encore temps de planter les choux brocolis, les choux fleurs, les choux de Bruxelles. Si vous n’avez pas fait votre semis, il vous faudra acheter des plants car le temps que vos propres plants soient bons à planter, il sera trop tard. Il ne faudra pas oublier les endives, les scaroles, les radis noir et autres radis d’hiver. Pour que vos jeunes plants ne souffrent pas de la replantation, la meilleure technique est de les semer dans des petits cubes de terreau, comme les professionnels. On trouve dans certaines jardineries des presse-mottes pour faire, cinq, dix, quinze ou plus de mottes d’un coup selon la surface à planter et les moyens financiers du jardinier. Deux avantages majeurs : en ne mettant qu’une ou deux graines dans chaque motte, on évite le gaspillage de graines. Quand on replante, le légume de souffre pas de l’arrachage et de la replantation.

Des fleurs

Les fleurs attirent les insectes pollinisateurs. De plus, elles mettent de la couleur dans le jardin. Des soucis, des coquelicots, des roses, des tournesols, des mélanges de fleurs de type « prairie sauvage » ou « pollinisateurs » feront le bonheur du jardinier, des insectes, des passants, des amis. Sans compter que certaines de ces fleurs sont comestibles. La bourrache, le coquelicot, la capucine peuvent être consommés (avec modération parfois). Certaines roses ou les fleurs de sureau peuvent faire d’excellentes gelées ou sirops. Bref que du bonheur.

Laisser des plantes aller au bout de leur cycle peut permettre de belles découverte comme cette fleur d'alkékenge (ou amour en cage ou physalis) qui a passé tout l'hiver sur sa tige.
Laisser des plantes aller au bout de leur cycle peut permettre de belles découverte comme cette fleur d’alkékenge (ou amour en cage ou physalis) qui a passé tout l’hiver sur sa tige.

Astuce

Vous avez plein d’herbes aromatiques ? Profitez-en pour préparer des huiles aromatisées au thym, au basilic, à l’origan, au romarin. L’une des techniques consiste à faire chauffer de l’huile d’olive jusqu’à un léger frémissement, d’y plonger les plantes fraîches et de les laisser frémir quelques minutes. Une fois embouteillée (quand elle a refroidi), cette huile délivrera les parfums les plus subtils dans les salades, sur les pizzas maison dans les pâtes. Certains passent l’huile au mixer pour libérer davantage les arômes.

Les aromatiques sont là pour la saveur, la santé, les fleurs mais aussi l'esthétique à l'image de cette boule d'origan doré.
Les aromatiques sont là pour la saveur, la santé, les fleurs mais aussi l’esthétique à l’image de cette boule d’origan doré.