Ce qu’il faut retenir du plan de déconfinement “progressif”

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Cet après-midi, mardi 28 avril, Edouard Philippe, présente à l’Assemblée nationale le plan de déconfinement, lequel repose sur « une stratégie nationale ». Les députés doivent prendre position dans la foulée et voter pour ce plan destiné à « protéger, tester, isoler. »

 

Retransmise en direct, la présentation du plan débute à 15h pile face à 75 députés respectant les distanciations. Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, prépare l’intervention du premier ministre en affirmant que « les plaies de cette crise s’annoncent profondes. »

A 15h05, Edouard Philippe prend la parole. « La France n’a jamais vécu telle situation, toutefois, le confinement ne peut l’être durablement, sinon il entraînerait des effets délétères » dit-il. On sent la porte s’entre-ouvrir sur la question que tout le monde se pose : va-t-on reprendre notre vie ? On devrait plutôt dire comment reprendre notre vie ?

Le gouvernement s’appuie sur 3 axes pour ce déconfinement « attendu mais redouté »: apprendre à vivre avec le virus, agir progressivement et adapter localement puisque le Covid 19 n’a pas impacté les départements et régions de la même façon.

La mise en œuvre passera donc par le triptyque « protéger, tester et isoler ».

 

Protéger

Après avoir reconnu  que « la France a dû gérer une pénurie de masques », Edouard Philippe annonce sous peu « une production multipliée par 5 ». Il pique au passage les scientifiques, « parfois les mêmes » qui ont déconseillé le port du masque au début de la pandémie avant de le recommander. Et assure qu’  « il y aura assez de masques au 11 mai. On pourra s’en procurer dans tous les commerces. J’invite  aussi les entreprises à équiper leurs salariés et les particuliers à en fabriquer. » Les collectivités locales qui engagent des frais de commandes de masques bénéficieront d’une prise en charge de 50%. 5 millions de masques sont aussi prévus pour les plus fragiles.

 

Tester

« A la sortie du confinement, nous serons en capacité de massifier les tests avec 700 000 tests virologiques par semaine. Des tests pris en charge à 100% par l’assurance maladie » promet Edouard Philippe. Des brigades dans chaque département seront constituées. Les médecins généralistes et les infirmières seront la 1e cellule d’information. Une personne testée positive au Covid induira également de tester ses proches et les personnes ayant été en contact.

 

Isoler

Il faudra isoler les personnes symptomatiques afin de casser les chaînes de transmission du virus. L’isolement se fera à domicile ou dans un hôtel réquisitionné pour une durée minimale de 14 jours. “L’isolement n’est pas une punition, c’est une mise à l’abri. Il doit être expliqué, consenti et accompagné”. Les préfets seront partie prenante des plans d’accompagnement.

 

Appli Stop Covid

Outil complémentaire mais représentant encore trop d’incertitudes, l’appli Stop Covid ne verra pas le jour maintenant. « Le débat est un peu prématuré, mais lorsque cela fonctionnera, le débat aura lieu et sera suivi d’un vote. »

 

Les différences territoriales

A partir du 30 avril et chaque jeudi, une carte de situation par département permettra  de se rendre compte du recul du virus… ou pas. La situation étant très différente selon les territoires, le déconfinement sera progressif. Au 11 mai, l’évaluation du nombre de cas est estimée à 3 000.  « Si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas » prévient le premier ministre. Mais si tout va bien, cette première phase de déconfinement ira jusqu’au 2 juin.

 

L’école

Les crèches et écoles rouvriront « de manière progressive » le 11 mai prochain sur la base du volontariat des familles. L’enseignement à distance restera donc en place.

Pour les tout petits, les enfants devront être 10 maximum ; en primaire, c’est 15 par classe. Les plus jeunes ne devront pas porter de masques. Avant 3 ans, il est d’ailleurs déconseillé.

Le 18 mai, « dans les départements où le virus est faible », les collégiens de 6e et 5e reprendront les cours. Des masques pourront être fournis.

Pour les lycées, la décision ne sera prise que fin mai sans qu’aucune explication ne soit donnée.

 

Les aînés

Le premier ministre demande de la patience… Les personnes âgées et ou fragiles devront continuer à limiter leurs contacts et sorties.

 

Le travail

Le gouvernement souhaite maintenir le télétravail au moins 3 semaines encore. En cas d’impossibilité, les entreprises devront mettre en place des horaires décalés.  De fait, le dispositif de chômage partiel reste en place jusqu’au 1er juin. « Il faudra ensuite l’adapter progressivement ».

 

Les commerces

C’est la soupe à la grimace pour les cafés et restaurants qui viennent d’apprendre que la réouverture n’est pas prévue avant au moins début juin. Une décision sera prise fin mai.

Tous les autres commerces et les marchés pourront reprendre leur activité au 11 mai « en respectant les flux, en veillant au personnel et en recommandant le port du masque. Un commerçant pourra subordonner l’entrée au port du masque.”

Pour les centres commerciaux de plus de 40 000 m2 générant beaucoup de fréquentation, l’Etat s’en remet aux préfets qui décideront de leur ouverture.

 

Les transports

Le port du masque sera obligatoire au 11 mai dans les transports publics. Egalement dans les bus et cars scolaires pour le chauffeur et les élèves à partir du collège. Seul un siège sur 2 pourra être utilisé. Edouard Philippe voulant réduire les déplacements, les réservations deviendront obligatoires dans tous les trains, TGV compris. Il déconseille fortement les déplacements inter-régions, sauf pour motifs professionnels ou familiaux. Et annonce que l’attestation de sortie ne sera plus obligatoire, « sauf pour les déplacements à plus de 100 km du domicile, possibles pour un motif impérieux, familial ou professionnel.”

 

La vie sociale

La vie sociale reprendra doucement son cours même si les activités collectives et de contact resteront interdites après le 11 mai. Les sportifs pourront s’exiler au-delà du petit kilomètre autour de leur domicile. Les petits musées et bibliothèques rouvriront mais pas les grands musées, ni les cinémas, théâtres et salles de spectacle, et même les salles des fêtes avant le 2 juin.

Tous les évènements culturels et festifs (très nombreux en Bretagne !) de plus de 5 000 personnes sont annulés jusqu’à septembre. Et les plages resteront inaccessibles « au moins jusqu’au 1er juin. » Un gros coup dur pour la saison touristique qui n’aura pas lieu.

Par ailleurs, « la saison 2019-2020 de sport professionnel, notamment de football, ne pourra pas reprendre. »

Les cérémonies religieuses ne reprendront qu’au 2 juin, sauf les obsèques qui restent maintenues.

Pour le premier ministre qui a utilisé à maintes reprises le terme « progressif » veut éviter les rassemblements. « Ils seront limités à 10 personnes sur la voie publique et dans les lieux privés. »

16h06, fin de l’intervention. Dans la foulée de cette présentation, les députés doivent voter ce plan. A l’heure où nous publions ces lignes, le débat est toujours en cours.

 

La rédaction