A Merdrignac, les petits commerces assurent !

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La pandémie de coronavirus-COVID 19 contraint plus que jamais à s’adapter, se réorganiser, voire se réinventer. Avec une France en confinement, plus de 8 millions de salariés ne sont plus au travail (en date du 12 avril) et la plupart des magasins dits « non essentiels » ont fermé leurs portes depuis la mi-mars. L’Etat a poussé ainsi les citoyens à s’approvisionner en grandes surfaces et n’évoque que trop rarement la présence infaillible des petits commerçants alimentaires. Pourtant, ils sont nombreux à ouvrir le rideau chaque jour malgré les contraintes liées à la sécurité sanitaire. Exemples avec les commerces de bouche de Merdrignac.

La boulangerie 1863 : « Le pain longue conservation est plus demandé»

« Plus personne ou presque ne vient chercher son pain tous les jours, les gens respectent les mesures dans l’ensemble » confie Laurent Chevalier de la boulangerie 1863. Le patron a fait un marquage au sol, crée un sens de circulation et installé une plaque de plexiglas devant la caisse. Voit-il plus ou moins de clients depuis le début du confinement ? « Nous vendons la même quantité de pain, mais ce qui a changé c’est la demande en progression du pain de longue conservation » poursuit le patron. Concernant l’organisation du travail, il se désole d’avoir « du mettre les 2 pâtissiers en chômage partiel, tellement c’est calme en viennoiseries, pâtisseries et sandwiches. Les gens ne se font plus plaisir en ce moment. » Pour autant, il constate de l’entraide : « certains viennent chercher du pain pour plusieurs maisons. » Lui aussi est prêt à mettre la main à la pâte pour faire de la livraison à domicile « si la demande se fait ressentir. » Même s’il  reste inquiet sur la durée de cette pandémie et de son évolution, « je fais selon la situation, et on s’adaptera au jour le jour. »

A la boulangerie 1863, l’équipe s’adapte au jour le jour.
A la boulangerie 1863, on s’adapte au jour le jour.

 

La boulangerie Guého : « Le client n’est pas difficile »

La boulangerie Guého est aussi sur le pont. L’équipe de 4 personnes est au travail même s’il a fallu se réorganiser un peu. « C’est une personne à la fois, une en vente et une au fournil, cela permet de tourner et de rester ouvert 7 jours sur 7 avec une bonne amplitude horaire » indique Marie-Claire Guého, la gérante. Commerçante de longue date, elle a appris « à garder la tête haute dans les moments difficiles. Discuter avec les gens et les écouter donne des idées et je suis convaincue que c’est dans la difficulté qu’on peut compter sur nous. » Anticiper est donc son mot d’ordre. Au début de la pandémie, ce n’était pas plus de 2 clients dans le magasin, aujourd’hui c’est un seul. Une vitre haute a aussi été installée devant la caisse. « Les clients comprennent bien ces mesures, nous n’avons constaté aucun comportement irrationnel. » Côté vente, la patronne constate que « le pain bio que nous avons lancé début décembre commence à bien se vendre. Il se conserve bien, c’est donc le moment de le développer. » Moins de succès en revanche pour la pâtisserie et les chocolats de Pâques faits maison. « Le client n’est pas difficile en ce moment mais n’a pas l’esprit à l’achat plaisir. » Alors, afin de limiter la casse, le chocolat étant un produit fragile, la boulangerie a mis en place une offre promotionnelle. « Deux chocolats achetés, un offert ! » Depuis le début du confinement, une livraison à domicile et sans contact est assurée à partir de 10 € d’achat, sur Merdrignac et alentours. « Ce service est un vrai plus, nous avons de bons retours » convient Marie-Claude Guého.

A la boulangerie Guého, il faut devinez le poids de cet œuf de Pâques. Un jeu pour faire venir la clientèle.
A la boulangerie Guého, il faut devinez le poids de cet œuf de Pâques. Un jeu pour faire venir la clientèle.

 

Boucherie Lemoine : « Il n’y a pas de rupture »

En quelques jours, comme ses collègues commerçants, Philippe Lemoine et sa femme ont dû sécuriser le magasin « malgré la fermeture des magasins de bricolage » et se réorganiser dans leur travail. « Il y a eu un afflux de commandes le jeudi et le dimanche de la 1e semaine de confinement, ainsi que le jeudi et vendredi de la 2e semaine de confinement. Qu’en sera-t-il des prochaines semaines ? Difficile à dire » avance le boucher de père en fils qui enchaîne les grosses journées. « On prépare commande sur commande, des tickets à 100 € ou 200 €. Des familles entières confinées à la maison prévoient les repas sur plusieurs jours, voire la semaine. D’autres font des groupements d’achat pour un même quartier ou un même village. L’encaissement par carte bleue est privilégié. » Il regrette toutefois que «  la mairie n’a pas encore pris de nouvelles des commerçants restés ouverts.  Je pense que tout le monde aurait apprécié. » Sur la question de l’approvisionnement, que la clientèle se rassure : « Ici, tout est local, même l’abattoir  puisqu’il est à Montauban de Bretagne. Il n’y a donc pas de rupture et je continue d’être livré par les fournisseurs. » Preuve qu’il n’y a pas de souci, Philippe Lemoine propose en ce moment des colis de viande pour faciliter la vie des gens. Entre chaque client ou à chaque fois qu’il touche de l’argent ou un ticket restaurant, il se nettoie les mains avec un produit bactéricide. « C’est plusieurs dizaines de fois par jour, cela abîme les mains mais le moral est là, je suis d’un naturel optimiste ! »

La boucherie Lemoine a enchaîné les commandes les deux premières semaines de confinement.
La boucherie Lemoine a enchaîné les commandes les deux premières semaines de confinement.

 

Boucherie Bodin : « Le magasin a rouvert une semaine plus tôt »

Lorsque le confinement a été instauré, Christophe et Lydie Bodin avaient tiré le rideau de la boucherie éponyme pour profiter de leur mois de congés annuel. Mais comment passer de bonnes vacances dans ces conditions ? « Pour la clientèle, on a décidé de rouvrir le magasin une semaine plus tôt, soit vendredi 27 mars. Le temps de faire les aménagements liés à la sécurité : une zone d’attente et un espacement d’1,50 m entre chaque client. Il n’a ya pas plus de 2 personnes dans le magasin. Dès le premier jour, la clientèle était de retour » précise le couple. Est-ce que les habitudes ont changé avec la pandémie et le confinement ? « Oui, les clients viennent moins souvent mais pour de plus grosses courses. Bon nombre prend des plats à emporter ou de la viande pour la semaine. La seule baisse observée est peut-être sur les entrées mais c’est normal, plus aucune réception n’est organisée en ce moment. » A la boucherie du haut du bourg, il n’y a pas non plus de problème d’approvisionnement. Ici aussi,  tout est local « jusqu’à l’abattoir montalbanais ». Et rouvrir avant la date prévue a eu un impact positif. « On savait déjà l’attachement de la clientèle à ses commerçants mais se l’entendre dire c’est encore plus motivant » lance le boucher qui souhaite « bon courage à tout le monde » en attendant de jours meilleurs.

A la boucherie Bodin, les clients viennent moins souvent mais pour de plus grosses commandes.
A la boucherie Bodin, les clients viennent moins souvent mais pour de plus grosses commandes.

 

La supérette « Votre Marché »: Sébastien Besnard maintient le lien

Le temps du confinement, le merdrignacien est seul aux commandes de la supérette. Il a préféré écarter sa salariée de tout danger. « Je n’étais pas rassuré de la savoir exposée, elle non plus. On a convenu ensemble qu’elle prenait une semaine de congés avant sa mise en chômage partiel » explique-t-il. Certes, le magasin tourne, mais a perdu toutes les commandes liées aux évènements festifs (location de buvettes et barnums, achat de fûts de bière…) qui ont tous été reportés, voire annulés.

Avec les autres commerces alimentaires restés ouverts, la supérette apporte encore un peu de vie dans le centre-ville de Merdrignac. « Les gens font plutôt les courses le matin, l’après-midi c’est vrai que c’est un peu mort » constate Sébastien Besnard. Il a donc adapté ses horaires et ferme désormais à 18h au lieu de 19h. « Je pourrai fermer une heure plus tôt mais j’ai pensé aux salariés qui ont aussi besoin de courses en rentrant du travail. »

Clientèle fidèle et nouvelles têtes

La clientèle habituelle reste fidèle au magasin. Celle-ci vient moins souvent pour cause de confinement mais remplit de plus gros plus paniers « pour pouvoir tenir plusieurs jours ». Les commandes restent également raisonnables avec « peut-être une hausse en demande de beurre, certaines personnes demandant 4 à 5 plaquettes de 250 grammes d’un coup. » Une nouvelle clientèle ainsi que celle qui venait le dimanche pour du dépannage viennent également pour de « vraies courses ».

En ouvrant son rideau quasi chaque jour, les lundi et jeudi après-midi sont réservés aux passations de commandes et livraisons, Sébastien maintient le lien social de proximité. Ecoute, sourire et attitude bienveillante y sont pour beaucoup. Par ailleurs, il n’y a jamais plus de 5 à 6 personnes dans le magasin « toutes respectueuses des distances de sécuritéPour leur sécurité, le gel hydroalcoolique est à disposition en entrant et en sortant, je porte un masque et des gants, la caisse est protégée par une glace et les zones de contact, poignées et caddies sont désinfectés plusieurs fois par jour. »

« Ne pas nous oublier après le confinement »

Lorsque le commerçant a fini sa journée, il retrouve sa femme, infirmière libérale, ainsi que ses trois enfants. Scolarisés en maternelle, CP et CM2, ils font classe à la maison « et je peux vous dire qu’il y a du boulot. » Là aussi, il a fallu retrouver une organisation. Et maintenir le lien familial alors que les deux parents sont encore sur le terrain au quotidien.

Comme ses collègues, Sébastien Besnard « fait le dos rond » en attendant des jours meilleurs. Forcément, il se pose des questions sur l’après COVID-19. « Cette pandémie, ce n’est pas bon pour le commerce en général. Je ne vois pas de reprise réelle avant septembre-octobre. Mais quand tout recommencera et que tous les commerces rouvriront, je voudrais dire aux citoyens de ne pas nous oublier, nous les petits, qui faisons de notre mieux pour maintenir le lien pendant cette période. »

Depuis le début du confinement, Sébastien Besnard œuvre seul aux commandes de sa supérette.
Depuis le début du confinement, Sébastien Besnard œuvre seul aux commandes de sa supérette.

Un service de drive local avec la commune de Mérillac

La commune de Mérillac et la supérette « Votre marché » proposent un service solidaire le temps du confinement. Le principe est calqué sur celui du drive (conduire en anglais), un service d’achat à distance. « L’objectif est de répondre avant tout aux besoins de nos plus anciens qui peuvent se sentir un peu démunis par les temps qui courent » commente Claude Delahaye, le maire de Mérillac.  En partenariat avec le seul commerce de la commune, le Mérillac bar, lequel réactive son point épicerie, il est donc possible d’y récupérer des courses préalablement commandées. Sébastien Besnard se charge de préparer les colis à Merdrignac que la municipalité vient ensuite chercher. Trois élues en charge de ce service de proximité, recueillent les commandes sur simple coup de téléphone. Il s’agit d’Anita Meunier au 06 25 27 73 62, Sylvie Huet au 06 20 65 60 99 et Annie Perquis au 06 88 90 42 02. Ne pas hésiter à les contacter.

 

Consommer local n’aura jamais pris autant de sens qu’en ce moment. N’est-ce pas enfin l’occasion de revoir nos habitudes d’achat et de favoriser tous ces petits commerçants (et artisans) qui font le tissu commercial, artisanal et social d’une commune, toute l’année, sans jamais fléchir. Sans eux, nos villages et nos campagnes seraient bien tristes. Mais si nous ne jouons pas le jeu du local collectivement, c’est ce qui se produira tôt ou tard. Et pas simplement avec le commerce de proximité, mais avec tous les corps de métier.

 

Delphine Jeannest

  1. yves claudel
    | Répondre

    Le festival king de ménéac aura lieu les 4 et 5 septembre prochains a ménéac 56490 sur le site plein air de la salle des sports. il rassemblera les artistes suivants : jean baptiste Guegan, the celtic social club, orchestre de bretagne et ses onzes musiciens, ken dirvy, emij vove, alain messa combo, malted milk soul orchestra, one over the eight prix entrée 40 euros avec carte pass 8 euros pour les moins de 12 ans. possibilité de retrait en cas de mauvais temps à la salle des sports.sécurité garantie. buvettes et restauration sur place. organisation : entreprise d organisation de spectacles musicaux KING 3, rue de beaumanoir 56490 MENEAC Téls : 0623333096 0256616201 Email : gipsy56@sfr.fr yves claudel.

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