Dans Le Mené, pas question de confinement pour les agriculteurs : C’est le plein boom

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Rythmée par l’arrivée du printemps, avec dame météo en chef d’orchestre, la saison des labours et des semis commence pour nos amis agriculteurs. Grâce à un temps clément et sans pluie, les tracteurs sont de sortie depuis quelques jours, sur des routes et chemins à présent désertés par les voitures. Cela donne un peu de vie dans nos campagnes affectées par la crise sanitaire actuelle qui se prolonge. Exemple dans Le Mené à Plessala.

Comme dans la plupart des exploitations agricoles du secteur, les journées de labeur s’allongent au GAEC Pitel, au village du Breil à Plessala. Rien n’est cependant tout à fait comme d’habitude car il faut se plier aux mesures nécessaires pour faire face à l’épidémie de Coronavirus.  La vigilance et la prudence sont donc de mise, d’autant plus qu’il y a eu un cas confirmé de Covid-19 dans la commune. Dans cette exploitation laitière familiale, rien n’est laissé au hasard. Le tank de lait est soigneusement et très régulièrement désinfecté. A l’heure de la collecte, la porte de la laiterie reste ouverte et des lingettes et produits désinfectants sont mis à disposition du chauffeur. Le matin, Maryline, la cheffe d’exploitation qu’elle co-gère avec son mari Patrick,  ne manque pas de préparer les attestations dérogatoires pour les déplacements en tracteur. Elle admet toutefois que les « contrôles sont inexistants pour le moment, même si on croise les voitures des gendarmes de temps en temps ». Autre changement dans les habitudes, les représentants ne passent plus, les livreurs évitent les contacts et l’inséminateur a renforcé ses protections. Côté approvisionnement, la famille qui avait coutume d’aller au bourg très régulièrement, fait ses emplettes pour quinze jours sans oublier de se munir de gants pour le charriot de course. Le pain est désormais livré à domicile deux fois par semaine.

Autrement la vie continue et les jours filent à une vitesse grand V car l’ouvrage ne manque pas. Outre la traite deux fois par jour, avec un prix du litre de lait qui reste stable pour le moment, la famille s’emploie à préparer la terre pour les semis de maïs, épandre du fumier et du lisier, sortir les génisses, semer l’orge de printemps, sans parler des opérations de « rattrapage de blé » et des déplacements réguliers à Saint Vran, puisque le GAEC y possède de la terre. Mais en se projetant vers les semaines à venir, l’inquiétude est palpable car dans environ trois semaines, l’ensilage d’herbe débutera et là plus question de vivre en autarcie, les agriculteurs ont besoin d’entraide avec des temps de convivialité, lors de repas partagés midi et soir entre voisins. « Si nous sommes encore confinés, il faudra trouver un plan B voire faire plus d’enrubannage ». Dommage, car ces moments d’échanges et de soutiens mutuels sont plus que jamais nécessaires en particulier pour le monde agricole….

Un numéro vert est à la disposition des agriculteurs pour toute question concernant la crise sanitaire : Tél: 0801 902 369.

Le printemps est synonyme d’un regain d’activité pour le monde agricole. Au GAEC Pitel, tout le monde est sur le pont.
Le printemps est synonyme d’un regain d’activité pour le monde agricole. Au GAEC Pitel, tout le monde est sur le pont.

Plus aucun repas chez les clients

Salarié dans une ETA locale, Julien a actuellement des journées bien remplies. Si les chantiers de travaux publics ne sont plus envisagés, c’est la saison où les engins de l’ETA Rouillé sont très sollicités pour de l’épandage, des semis et autres récoltes de printemps, d’orge de blé ou de pois avec en ligne de mire le fauchage puis l’ensilage d’herbe. Muni d’une attestation de déplacement permanente, Julien ne note pas de grands changements dans sa façon de travailler si ce n’est l’aspect convivial du métier. En effet, exit les pauses déjeuner chez les clients, on évite désormais les contacts au maximum  et il faut se contenter d’un repas froid « sur le pouce le midi ». Pour Julien,, le confinement, c’est se retrouver seul, au grand air ou au volant de son tracteur.

Julien a des journées bien remplies mais ne voit plus ou presque plus ses clients.
Julien a des journées bien remplies mais ne voit plus ou presque plus ses clients.