COVID 19: A Mauron, une usine fabrique des masques bénévolement

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A Mauron, les employés de l’usine Brocéliande Confection, gérée par Giovanni et Valérie Capizzi, ont cousu, bénévolement, les masques pour les employés des grandes surfaces du secteur. En quatre jours, pas moins de 1 700 masques ont été réalisés.

« La solidarité c’est vital. Nous sommes fiers de coudre ces masques avec nos employés, venus bénévolement », commentent Giovanni et Valérie Capizzi, patrons de l’usine Brocéliande Confection. La première semaine de confinement, en respectant les règles pour stopper la contamination, une grande partie de l’équipe a fabriqué des masques de protection pour plusieurs magasins d’une grande enseigne au niveau du  département.  «Toute notre équipe était partante, nous sommes au total quarante personnes. Mais certains ont des enfants en bas âge et nous encouragent de leur domicile, vu le danger de ce virus », poursuivent les propriétaires à la tête de cette fabrique, depuis sept ans. « Nos masques ne sont pas fabriqués dans le tissu homologué parce que nous n’avons pas accès à ce tissu, mais nous avons fait ce que nous avons pu, avec les moyens que nous avons à notre disposition. »

A Mauron, Giovanni et Valérie Capizzi, patrons de l'entreprise Brocéliande Confection, ont fabriqué bénévolement avec leur équipe d'employés les masques de protection.
Giovanni et Valérie Capizzi, patrons de l’entreprise Brocéliande Confection, ont fabriqué bénévolement avec leur équipe d’employés les masques de protection.

Volontaires

Depuis son poste, chaque personne prend cet engagement à cœur comme Marie-Paule, 63 ans, dont 27 ans passés dans cette usine. « Dans ma vie j’ai fait beaucoup de bénévolat. J’aime me rendre utile pour aider les autres », explique-t-elle et continuant de repasser les plis des masques. À ses côtés, Delphine, 49 ans, dont 5 ans à l’usine et Marie Pierre, 61 ans, 41 ans d’usine, aussi habitantes de Mauron, font de même. Masque après masque, elles les replient et les fixent à chaud, avant que les couturières réalisent les ourlets et les attaches. Cette équipe peut aussi compter  sur Christine, 55 ans. « La situation nous semble catastrophique, alors avec nos moyens on essaye d’aider », commente cette couturière, habitante de Campénéac, employée à l’usine depuis 5 ans. « C’est sûr, c’est une goutte d’eau, mais si chacun de nous contribue à sa façon, on arrivera à endiguer ce virus. » 

D’autres couturières, les yeux figés sur le tissu suivent les mouvements réguliers de l’aiguille de leurs machines à coudre. Plus de mille masques ont été déjà cousus bénévolement dans cette usine grâce à : Joëlle, 58 ans, dont 40 ans à l’usine, Sylvie, 55 ans, employée depuis 1981, Marie-Loïc, 51 ans, dont 7 ans d’atelier couture, Nadia, 64 ans, 5 ans à l’usine, Noyale, 49 ans, employée en couture depuis plus d’un an, Christiane, 61 ans, dont 44 ans à l’usine. En plus du patron, deux messieurs sont  présents pour cette action : Marc, 42 ans, chargé de la découpe, depuis 12 ans et Alain, 30 ans, chef d’atelier, employé depuis 9 ans.

« Il s’agit de vies, si nos masques peuvent épargner des personnes, nous ne demandons que ça »,  espère Élisabeth, 56 ans, Mauronnaise, employée elle aussi dans cette usine depuis 1981. En allant faire ses courses,  visage couvert par un masque, c’est elle qui a attiré l’attention de Cécile Jugan, gérante du supermarché local. Elle lui a expliqué que dans son usine, ils ont fabriqué des masques pour eux et leurs proches, le temps que les masques homologués soient disponibles.

« Dans un premier temps je lui ai demandé s’il était possible de confectionner une quarantaine de masques pour nos employés vu que nous n’avons rien et pourtant nous sommes, à la demande du Président de la République, en mission pour la Nation »,  souligne Cécile Jugan.

A l’issue de cette première semaine de confinement, les machines à coudre, ciseaux, fer à repasser font une pause. Cette action bénévole de quatre jours a permis de fabriquer cet équipement de protection qui doit être lavé à haute température chaque jour, pour continuer à protéger. « Nous allons pouvoir transmettre le reste de 1 700 masques à Cécile et Thomas Jugan, gérants du supermarché », assurent  Giovanni et Valérie Capizzi.

 

Les masques sont  livrés

Ces masques, tel un trésor, sont désormais distribués aux employés du Super U. « Les masques en tissu de fibre serrée ont été donnés à nos employés qui doivent suivre la procédure de leur nettoyage. Les autres masques vont être transmis à quinze autres supermarchés U du département », précise Cécile Jugan.

« A présent, nous faisons face comme nous pouvons en désinfectant plusieurs fois par jour toutes les surfaces possibles du magasin »,  rassure la gérante. Et elle demande à ses clients de « venir au magasin plutôt l’après-midi, car le matin, il y a trop d’affluence. »

Les employés de Super U Mauron sont équipés des masques réalisés en local.

 

Le cabinet médical de Mauron, équipé grâce aux Concoretois

« J‘ai été contacté par le cabinet médical de Mauron qui était à la recherche de masques pour les personnels soignants. En effet, il n’y a plus aucun stock sur le cabinet et il leur faut une centaine de masques », explique Ronan Coignard, maire de Concoret, commune voisine de Mauron. «  Dans le même temps, Séverine Robin, une habitante de Concoret a proposé  de fabriquer des masques  en tissu ».

Le maire a alors proposé cette solution aux médecins de Mauron et « ils l’ont validée. Même si les masques en tissu n’ont pas autant d’efficacité que les masques industriels, ils permettent toutefois de limiter la propagation des microbes. Ceux confectionnés par Séverine et son équipe sont de trois épaisseurs et lavables.» Le lavage de ces masques à au moins   65° est très important, il est également possible d’y ajouter de l’eau de Cologne pour les rendre plus sains.

Utiles…mais pas suffisants

Le port de masque ne suffit pas si les personnes, obligées de travailler, ne prennent pas d’autres mesures : lavage des mains, port de gants, distances respectées.

 

Pour aider au maximum Séverine à la fabrication de ces masques, qui  le fait, comme ses amies, bénévolement et gratuitement, le maire de Concoret a demandé de l’aide aux habitants. «   J‘ai envoyé un mail à plusieurs Concoretois pour leur demander de m’apporter du tissu ainsi que des élastiques. J’ai été agréablement surpris de la mobilisation des habitants en peu de temps. Cela m’a permis de me rendre chez Séverine avec un bon stock de tissus. Cette démarche ne vise pas à remplacer les masques mais bien à faire face à la pénurie afin de protéger les personnels soignants. »

Qui est Séverine Robin ?

Originaire de Valenciennes, elle est venue vivre en Brocéliande avec mari et enfant en 2014. Elle fait partie de l’association Brocéliand’Co qui organise le marché du solstice à Concoret. Cette analyste programmatrice de formation, a changé voici dix ans, sa passion de couturière en métier. Ainsi est née son auto-entreprise Idéacoudre qui propose des ateliers couture pour tous les âges, création et fabrication notamment des vêtements et accessoires, retouches de vêtements.
Cette expérience et son engagement dans le monde associatif ne date pas d’aujourd’hui.   « Je tricote régulièrement des layettes pour les enfants prématurés et des bonnets pour les personnes touchées par le cancer », dit Séverine très modestement.  De ce fait, dès les premiers jours de confinement, elle a tout naturellement trouvé «  comment se rendre utile. » Aussitôt, elle a fabriqué les premiers masques et les a distribués aux commerçants alimentaires de Brocéliande. Elle a aussi prévenu les mairies qu’elle se tenait à leur disposition pour cette fabrication. C’est ainsi qu’elle a été contactée par Ronan Coignard.
En plus des habitants de Concoret, tout le pays de Brocéliande s’est mobilisé, en fournissant des élastiques  ou des draps à l’image de la recyclerie de Guer.

Séverine Robin et Ronan Coignard
Séverine Robin, couturière a déjà remis à Ronan Coignard, maire de Concoret, une partie des 100 masques prévus pour le cabinet médical de Mauron.

  1. L'Hebdo d'Armor
    | Répondre

    En pleine pandémie de coronavirus COVID19, à la campagne, il n’ y a pas besoin de lancer d’appel à la solidarité car elle se met en place de façon naturelle.

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