Pannes de réseau, micro coupures, démarchage téléphonique: On sature !

Même si vivre à la campagne comporte de nombreux atouts, il ne faudrait pas en oublier les inconvénients comme l’éloignement des services, la désertification médicale, des frais de route élevés ou encore le problème de mobilité. D’où le sentiment d’abandon souvent évoqué. Alors quand viennent s’ajouter des pannes de réseau téléphoniques, des micro coupures électriques fréquentes et intempestives, ainsi que le très polluant démarchage téléphonique, les habitants saturent, ils disent en avoir ont plein les bottes.

Avez-vous remarqué que plus les années passent, plus le réseau internet et téléphonique se dégrade ? Bon nombre d’entre nous conviennent que les services fonctionnaient bien mieux il y a dix ans qu’aujourd’hui. La plupart du temps courtes, ces pannes ont fini par prendre leur aise un peu partout sur le territoire. Certaines peuvent durer plusieurs semaines mettant dans l’embarras les abonnés ruraux qui subissent déjà de plein fouet la fracture numérique. Il faut dire qu’il est n’est plus rare de voir des poteaux téléphoniques penchés, cassés, voire même couchés le long des routes, le fil savamment enroulé et posé à même le sol. La faute à un matériel vieillissant puisqu’accusant plusieurs décennies, aux vents forts ou à aux maladresses liées à aux manœuvre dans les champs ou fossés. Bon nombre de ces poteaux ont aussi été étayés, probablement par les propriétaires des parcelles en attendant l’hypothétique passage d’une équipe de réparation. Il s’agit souvent du sous-traitant, voire du sous-traitant du sous-traitant…

Il n’est plus rare de voir les poteaux téléphoniques dans cet état là le long des routes.

Des pannes téléphone et internet récurrentes

Face à l’inertie ambiante, des citoyens ont souhaité réagir face à ces pannes. A l’instar de Michel Lescouet qui demeure à Sévignac, près de Broons. Du 21 décembre au 7 janvier derniers, il se retrouve coupé du monde tout comme ses voisins. « C’était déjà arrivé une autre fois un peu plus loin. Les équipes qui venaient pour réparer avaient fait plusieurs déplacements. Un coup c’était l’échelle qui ne convenait pas, une autre fois c’était la pièce qui n’était pas la bonne » explique-t-il.  Ce qui l’a marqué dans cette histoire, c’est la situation de voisins plus âgés. « Ils n’ont qu’un téléphone fixe. Le monsieur est malade et venait de rentrer de l’hôpital. Comment auraient-ils fait pour appeler les secours en cas d’urgence. Ce n’est pas normal de rester aussi longtemps sans téléphone quand même. » Un retraité qui a vu un poteau resté par terre pas loin de chez lui pendant des semaines renchérit : « Bien sûr, si c’était en ville, ça ne resterait pas longtemps comme ça mais en campagne, tout le monde s’en fout ! On n’est que des ploucs nous autres, alors... » Après quelques jours de tranquillité, ce lundi 27 janvier, une nouvelle panne s’invite dans la commune,  cette fois à l’intersection des RD 16 et 39. Le fil téléphonique a été décroché, comme ce fut le cas le 21 décembre dernier.  Renseignements pris, la réparation n’aura lieu que dans 15 jours…

Même scénario à Eréac où des habitants ont été privés de service de début décembre jusqu’au 21 janvier, soit près de 2 mois ! « Il y a un an, un poteau avait déjà été abîmé. En novembre, suite à une tempête, deux poteaux sont tombés sur la route, ils ont été dégagés mais le fil courait toujours à terre » relate Christine Navière. Début décembre, c’est la panne totale. L’opérateur en situation de monopole promet alors une réparation sous quelques jours. Mi-décembre, des techniciens arrivent.

« Je leur ai demandé s’ils allaient remettre les poteaux.  Ils m’ont répondu qu’ils n’étaient pas au courant et sont repartis sans réparer la ligne. Ils ont en revanche coupé et enroulé le fil qui traînait toujours à terre…. » Sachant que les mairies disposent d’une ligne directe pour contacter le propriétaire du réseau téléphonique, Christine signale le problème. Sans plus de succès. Elle reçoit en revanche un message qui lui annonce que l’entreprise aux 266 millions de clients est débordée et qu’aucune nouvelle intervention n’est prévue avant mi janvier. Entre-temps, on lui propose le prêt d’un modem 4G pour deux mois, ce qui lui permet de se connecter mais pas de téléphoner. « Cette solution n’a pas été proposée à mes voisins, pourquoi ? » s’interroge t-elle. Au 16 janvier, après 3 allers retours à Dinan, soit 200 km,  les choses bougent enfin. Les poteaux sont réinstallés cinq jours plus tard. Trop tard pour un voisin qui avait préféré résilier sa ligne fixe et acheter un téléphone portable. Coup de bol, le lieu-dit n’est pas en zone blanche ou grise, ici les communications passent. Christine convient qu’elle s’est adaptée à la situation car elle n’a pas d’obligation personnelle. « Je pense en revanche aux personnes isolées et malades ou celles qui sont en télétravail et qui ont un besoin impératif de ces services. Deux mois sans rien, c’est long, trop long. »  De plus, c’est aux abonnés de demander un dédommagement, car là encore rien n’est proposé de façon spontanée alors que les facturent continuent de courir …

La Région promet la fibre optique et le très haut débit pour tous en 2026, est-ce là la solution pour une meilleure qualité de service ? Rien n’est moins sûr car le déploiement (qui accuse énormément de retard) est prévu en partie aérien et non de façon enterré.

Des micro coupures électriques intempestives

Comme si les pannes de téléphone et internet ne suffisaient pas, il y aussi les micro coupures et coupures électriques qui s’invitent autant à domicile qu’en entreprise, et ce plusieurs fois par jour. Rien à voir avec celles orchestrées ces derniers jours par les syndicats contre la réforme des retraites. Là, il s’agit bien de coupures de quelques secondes ou minutes liées à une anomalie sur le réseau (vent, chute ou frottement de branche…). Toujours du côté de Broons, il y en a eu plusieurs en l’espace de quelques jours, le midi et le soir, espacées de 5 minutes à peine. Mercredi dernier, ce fut au tour de Mérillac, Saint Vran et Le Mené. Inutile de préciser que les appareils électroménagers, les box et les écrans détestent cela. Les coupures les rendent vulnérables et les foyers à avoir remplacé un ordinateur ou un autre équipement électrique ne sont plus des cas isolés. Les plus impactés sont les foyers situés en « en bout de ligne » car ils subissent en plus des baisses de tension régulières.

Les micro coupures électriques endommagent les appareils électro ménagers et électroniques.

 

Haro sur le démarchage téléphonique

Tous concernés ! Dès 8h du matin, le midi et le soir, même le samedi. Assurance ou mutuelle à prix cassé, isolation à 1 €, bureau d’études relevant soi-disant d’un ministère, d’une Région ou d’un Département, assistant d’une astrologue, ou encore message sur le répondeur d’une voyante demandant de rappeler un numéro inconnu mais surtout surtaxé, qui n’a jamais reçu ce genre d’appel provenant d’un 02 ou 09 comme s’il s’agissait d’un simple appel en local ? Les appels démarrent toujours par un silence, preuve que cela provient de l’étranger. Nos lignes téléphoniques fixes et portables sont devenues archi polluées. Les abonnés saturent car ce manège dure sans que rien ne change. Bloctel, une sorte de liste rouge mise en place par l’Etat en 2016, a prouvé toute son inefficacité, les presque quatre millions de personnes inscrites croyaient pourtant dur comme fer à leur tranquillité. Il n’en est rien.

Il y en a plus qu’assez du démarchage téléphonique ! C’est pourquoi 320 000 personnes ont déjà signé la pétition de l’UFC Que chosir ?

Face à cet échec cuisant, le gouvernement monte enfin au créneau. Le projet de loi du député C.Naegelen est actuellement en discussion à l’Assemblée nationale. En parallèle, plusieurs associations de consommateurs ont lancé le 20 janvier une pétition contre le démarchage téléphonique  via UFC Que choisir déjà signée par près de 320 000 personnes. Le lendemain, le secteur du bâtiment emboîtait le pas demandant des mesures drastiques contre ce démarchage  qui instaure un climat de défiance. Cette loi propose de renforcer l’arsenal législatif et punitif jusqu’alors peu convaincant (1 000 établissements contrôlés en 2019 pour 66 sanctions d’un montant total de 2,3 millions d’euros). Les sanctions, pour l’heure dérisoires, pourront aller jusqu’à 375 000 €. Il est aussi prévu de publier les noms des entreprises ayant fauté et de lutter contre la fraude aux numéros surtaxés. Vite, il faut faire vite car avec la mise en place du dernier dispositif Ma Prime Rénov, entré en vigueur ce mois-ci, le démarchage pourrait repartir de plus belle.

 

Delphine Jeannest

3 Responses

  1. dominique HUET
    | Répondre

    le démarchage téléphonique existe aussi chez moi.

  2. dominique HUET
    | Répondre

    je n’ai pas encore fait de lecture de l’herbomadaire d’armor sur le net. Pourtant je paie.

    • L'Hebdo d'Armor
      | Répondre

      Bonjour, nous avons laissé un message sur votre répondeur. Merci de nous rappeler.

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