Les Cadets sont le fleuron de Mauron

Depuis 1898, la Fédération sportive et culturelle de France rassemble des associations partageant un projet éducatif fondé sur des valeurs d’ouverture, de respect, d’autonomie, de solidarité et de responsabilité. Les Cadets de Mauron adhèrent à cette fédération. Toute l’année, les musiciens de l’harmonie fanfare animent fêtes, carnavals, festivals, et permettent l’apprentissage de la musique au plus grand nombre. Retour sur l’histoire des Cadets qui existent depuis la IIIe République.

 Forte de ses 217 000 licenciés et de 1 432 affiliés, la Fédération sportive et culturelle de France (FSCF) propose des activités sportives, artistiques et culturelles. Reconnue d’utilité publique depuis 1932, la FSCF privilégie une vie associative accessible à tous.  Son président est Christian Babonneau. Au niveau régional, la fédération est présidée par Marie Noëlle Gouiffes. Dans le Morbihan, elle rassemble un total de 5 306 licenciés.

Les Cadets de Mauron,  connus dans toute la Bretagne historique, y sont affiliés depuis près de 35 ans, autant d’années que la durée de la présidence de Pascal Martin à la tête de cette association d’harmonie fanfare.

Présents partout

Ce bénévole est aussi, depuis six ans, président de la commission régionale vouée à la musique. «  Dans l’activité culturelle de la fédération, on retrouve douze formations musicales : batteries, fanfares ou harmonies-fanfares. Les Cadets de Mauron participent régulièrement aux manifestations régionales telles que les concours d’ensemble. Nous avons obtenu trois fois de suite le premier prix d’animation en fanfare de rue dont le dernier à Quédillac (35) en 2019 », rappelle Pascal Martin, 57 ans. Depuis l’âge de 11 ans, il joue chez les Cadets de Mauron. «  La présidence de la commission régionale de musique demande du temps et des déplacements pour organiser des concours individuels et d’ensemble comme à Mauron en 2013 », souligne le responsable qui désormais est engagé à préparer le concours de 2021, prévu à Belle-Ile-en-Mer.

Le bénévole mauronnais s’occupe également de la mise en place d’un stage régional proposé tous les ans pendant les vacances de Noël. Cette année, près de soixante-dix musiciens venus de toute la Bretagne ont participé à ce rendez-vous au lycée La Touche à Ploërmel. Il a été suivi d’un concert de musique au centre culturel de Mauron.

La transmission auprès des jeunes est primordiale pour les Cadets de Mauron. Ici, lors d’un stage au lycée La Touche de Ploërmel en décembre dernier.
La transmission auprès des jeunes est primordiale pour les Cadets de Mauron. Ici, lors d’un stage au lycée La Touche de Ploërmel en décembre dernier.

Les Cadets depuis 1877

Bien avant la création de la fédération, les jeunes ont le choix de se rassembler auprès des patronages animés par les prêtres, lesquels à travers la pratique du sport, de la musique, du théâtre, veillent sur leur moralité. Ces patronages naissent au lendemain des lois constitutionnelles de 1875. A Mauron, se constitue le groupement des Cadets de Mauron « à l’initiative de Jean-Marie Le Nay, jeune abbé de 28 ans », raconte Pascal Martin. Et oui, les Cadets datent de la même période que la III République ! L’abbé Le Nay reste à la tête du patronage pendant 14 ans. Il meurt en 1890, et est inhumé au cimetière mauronnais. Une première harmonie existe déjà et anime les diverses fêtes jusqu’à la première guerre mondiale.

Il faut attendre les années 1920 pour que  la loi des associations de 1901, s’applique aux Cadets et qu’ils se dotent de statuts. Louis Pinsard prend les choses en main et les Cadets sont déclarés à la sous-préfecture de Ploërmel le 20 juillet 1920 en tant que « société d’éducation physique et morale. »

L’association reste dans le giron des prêtres encore pendant des années. Parmi eux, se trouve Théophile Bihouée. Dans les années 1921 à 1922, il mène les travaux de la construction du bâtiment de patronage. Les habitants, village par village, apportent avec des charrettes la pierre de Concoret jusqu’à Mauron. Le patronage construit, les pièces de théâtre y sont jouées. La première sera donnée le 5 octobre 1923, c’est une œuvre de Botrel intitulée «  Chantepie ». La même année, conférences et premières séances cinéma voient le jour. Ces dernières ne vont pas durer, en 1927 le cinéma est arrêté. Cependant, le théâtre continue jusqu’au nouveau millénaire, avec notamment les représentations de la troupe Saint- Laurent de Concoret.

Les années 1926 à 1927 sont difficiles pour les Cadets, l’association s’arrête pendant dix ans.

Nouveau départ en 1938

Le 23 janvier 1938, plusieurs personnes se retrouvent au patronage. Les Cadets sont relancés sous la présidence d’Ernest Quesnel, avec Pierre Perot, vice-président, Marcel Pellan, trésorier et secrétaire, puis les conseillers  Jean Salmon, Auguste Lucas, Jean Le Masle, Louis Blandel. La musique retentit de nouveau au patronage. La fanfare compte 38 musiciens et se produit dans les villages mauronnais. En 1939, les Cadets commencent à animer d’autres communes comme Guilliers et Questembert. En 1949, Auguste Lucas est élu nouveau président.

Souvenir du congrès eucharistique du 7 juin 1959
Souvenir du congrès eucharistique du 7 juin 1959.

Les prêtres poursuivent leur engagement initial: les tenues et les instruments neufs sont achetés  grâce à l’abbé Trégaro qui paye de sa poche. Les musiciens s’entraînent au patronage et emportent les premiers prix comme en 1956 à Hennebont.

En 1977, la fanfare partage le patronage avec la première section de majorettes, dirigée par Martine d’ Authenay, Cécile Caroche et Marie-Odile Jouvrot. Un an plus tard, Louis Blandel prend la présidence des Cadets.
En 1983, les Cadets organisent le concours régional de musique, gymnastique et twirling avec 3 000 participants venus de toute la Bretagne. 6 000 à 7000 spectateurs sont présents à Mauron.

Sur les Champs-Elysées

Deux ans plus tard, Pascal Martin propose de nouvelles idées menées à bien grâce à Jean-Paul Hamon, Pierre Saillard et un groupe de jeunes. Des  galas du rire et des noces bretonnes animent la vie mauronnaise pendant une dizaine d’années.

En 1988, la fanfare participe au concours national à Nantes, puis à Marans et Nivillac. En 1990, elle se rend à Newmarket en Irlande dans le cadre du jumelage. Dans les années 2000, les adhérents se font plus rares : « nous n’étions plus que six, Jean-Marie Desgrées du Loû, maire de l’époque, nous a soutenus et encouragés. Puis l’association est repartie avec des nouveaux musiciens et l’équipe de twirling », se souvient Pascal. Les Cadets se reconstruisent et en avril 2010, ils défilent sur les Champs-Élysées, et participent à la cérémonie de ravivage de la flamme du Soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe.

 

 

Les Cadets ont défilé sur les Champs-Élysées en avril 2010 et ravivé la flamme du Soldat inconnu sous l’Arc de triomphe.
Les Cadets ont défilé sur les Champs-Élysées en avril 2010 et ravivé la flamme du Soldat inconnu sous l’Arc de triomphe.

 

Pascal martin, garde précieusement en mémoire les anciens comme Henri Chartier, qui jouait déjà en 1938, et Jean-Paul Hamon, son formateur. « Il a joué avec nous jusqu’à son dernier souffle. En novembre 2015 nous étions à Saint-Léry pour une cérémonie et lendemain, il n’était plus. Quelques mois plus tard, en janvier, nous avons perdu Henri. »

La solidarité des habitants

En mars 2019, les Cadets sont obligés de quitter le patronage qui n’est plus aux normes de sécurité. Certains habitants de la commune se mobilisent alors afin que cette plus ancienne association bretonne retrouve au plus vite sa maison. Les fonds sont transmis à la municipalité pour qu’elle engage les travaux. Tel un cadeau de Noël « à la suite du don financier des Mauronnais, nous allons racheter et rénover le patronage », a promis  Yves Chasles, maire, lors des vœux de vendredi dernier. « Les Mauronnais sont venus à notre rencontre pour nous exposer leur souhait, par amour de leur commune, de faire un don en aide à la restauration du patrimoine de Mauron. Très vite, afin de présenter un projet à nos généreux donateurs, nous avons pris contact avec le diocèse à qui appartient l’édifice et fait estimer les travaux

C’est un projet transversal car il touche plusieurs domaines : culture, patrimoine, association. Le bâtiment sera racheté au prix de 80 000 €. Les travaux sont estimés à 170 000 €, plus 20 000 € pour la maîtrise d’œuvre. « Les dons recouvrent la moitié de la somme de 270 000 €. Nous avons fait les demandes des subventions. Dès le printemps nous allons lancer les appels d’offres », annonce le maire qui souhaite le début des travaux au printemps, voire à l’été 2021. « Dans le département nous avons seulement trois associations comme les Cadets, c’est notre fleuron », remarque avec fierté Yves Chasles.

Les Cadets en 1922

 

En 2019, concert à Mauron avec la fédération.

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *