Voyages Ferron: Un nouveau carnet de route à Merdrignac

Le bâtiment tout bleu avec ses carrés de couleur en impose à Merdrignac. Les Voyages Ferron ont installé leurs nouveaux quartiers début juin dernier le long de la RN 164 à La Héronnière. Face à un horizon dégagé, l’entreprise familiale qui existe depuis 1960 a pris une nouvelle route pour un nouveau départ.

Les Voyages Ferron sont une institution dans le secteur. Fondée en 1960 par Bernard Ferron, le papa (photo ci dessous) qui a démarré avec un seul car, la société est aujourd’hui dirigée par ses filles, Danièle et Catherine (Françoise est décédée), lesquelles ont entraîné dans leur giron d’autres membres de la famille. Les nouveaux locaux situés à La Héronnière à Merdrignac abritent toute l’équipe dirigeante et la flotte de cinquante cars sur un terrain clos de 15 000 m2. « La visibilité depuis la RN 164 et la sécurité du site sous vidéosurveillance, ont été des atouts indéniables dans notre stratégie de développement. A Ménéac où nous avons toujours été implantés, nous étions plus qu’à l’étroit. Les bureaux, le parking… tout était devenu trop petit. Il était temps de voir les choses en plus grand » avance Danièle Fraga, la gérante.

 

Le transport scolaire, l’activité principale

Tout au long de l’année, les cars Ferron blanc et bleu sillonnent les routes de campagne dans le cadre du transport scolaire. « On répond à un marché public et un appel d’offres. Cela représente 60 % de notre chiffre d’affaires » poursuit Danièle Fraga. Avec 65 lignes à desservir et près de 1 500 élèves transportés chaque jour, de la primaire au lycée, la société couvre un périmètre de 40 km à la ronde, allant de Montauban de Bretagne à Ploërmel en passant par Loudéac.

Maîtrisant cette activité de longue date, elle propose chaque année une action de prévention routière afin d’apprendre aux élèves transportés les règles de conduite à observer dans le car, en montant ou sortant de celui-ci. S’ensuit toujours une mise en pratique d’évacuation d’urgence. Tout cela ne veut pas dire qu’il n’y aura jamais plus de soucis (ceintures découpées, fauteuils abîmés, chewing-gums collés ou pire, des accidents…) mais Danièle Fraga admet que « les incivilités sont moindres à la campagne que dans les villes. Nous ne subissons pas de violence contrairement à certains collègues. » Bien sûr, il faut parfois répondre à des parents mécontents concernant une chamaillerie entre enfants mais les familles comprennent vite qu’un conducteur qui regarde sa route ne peut pas voir ce qui se passe derrière lui.

Quant au parc, il est renouvelé régulièrement ; un car de transport scolaire coûte au minimum 120 000 €. Les conducteurs passent une formation obligatoire tous les cinq ans. « Grâce aux nouveaux locaux, c’est dorénavant le formateur qui se déplace et plus nous, ce qui est un vrai confort dans le planning déjà serré. »

Le tourisme offre de nouveaux horizons

Le transport scolaire, même s’il reste l’activité majeure de l’entreprise, ne suffit pas à remplir l’agenda à l’année, vacances scolaires obligent. C’est pourquoi les voyages de tourisme ont été développés dès les années 1990 afin d’assurer du travail de janvier à décembre. Aujourd’hui, cette branche représente 30 % de l’activité, elle est en progression. Les 10 % restants sont consacrés au transport sanitaire, un service toujours basé sur Ménéac.

Que cela soient des excursions à la journée, des courts ou longs séjours, plus de 60 destinations sont proposées. « Les plus gros mois de l’année sont mai, juin et septembre, ils nous permettent d’offrir des tarifs bien plus intéressants qu’en haute saison. Cécile qui s’occupe de l’élaboration des voyages depuis plus de 20 ans propose une nouveauté chaque année. Même si nous allons à Lourdes depuis toujours, sont venues s’ajouter bien d’autres destinations : Portugal, Norvège, Autriche, Ecosse, le lac de Constance en Allemagne… On propose aussi des croisières car l’idée est de donner l’envie de voyager et de découvrir tout en apportant un vrai plus culturel via la présence d’un guide » explique encore Danièle.

Les cars sont à eux seuls une invitation au voyage.

 

Contrairement aux idées reçues, les clubs du 3ème âge ne sont pas les plus demandeurs de séjours, ils préfèrent les sorties à la journée. A contrario, les jeunes retraités préfèrent voyager en camping-cars que de rallier les clubs. Ces véhicules concurrencent directement l’entreprise qui capte aujourd’hui plutôt une clientèle individuelle qui souhaite voyager, mais pas seule. « Se déplacer en car grand tourisme permet de mélanger les gens issus de classes sociales différentes, du jardinier au secrétaire de mairie, de les faire se rencontrer et échanger. N’est-ce pas le but premier du voyage ? »

Les cars au design épuré sont très confortables et bien équipés : sièges inclinables, wifi, prises USB, climatisation, repose pieds, poubelles, toilettes, vidéo, …  L’équipe teste toujours le matériel avant d’acheter, il faut dire qu’un car de tourisme vaut la bagatelle d’environ 320 000 €, mieux vaut ne pas se tromper. Les derniers en date sont équipés de moteurs Euro 5 ou Euro 6, moins polluants. Comme pour les cars de transport scolaire, toute la flotte est équipée d’éthylotests qui empêchent le moteur de démarrer en cas d’alcoolémie du conducteur.

Toujours dans le but d’innover, les Voyages Ferron surfent aussi désormais sur la vague du tourisme industriel : les chantiers navals de Saint Nazaire, le pôle d’excellence Airbus, Michelin, les mouchoirs de Cholet et autres biscuiteries de renom sont venus s’ajouter au panel des propositions.  Chaque année, l’entreprise adresse environ 5 500 brochures à sa clientèle. Pour la fidéliser, elle a aussi développé le parrainage.

Le dernier car arrivé du parc Ferron. Il tourne avec un moteur Euro 6, plus performant et moins polluant.

 

Grand confort à Merdrignac

L’équipe dirigeante et ses 58 salariés à temps partiel ou à temps complet, se sentent comme des poissons dans l’eau à Merdrignac. Le bâtiment, conçu avec l’aide de la CARSAT et imaginé par un architecte briochin, offre 1 500 m2 de bureaux à la vue imprenable sur le bourg et la campagne, et un espace pour les salariés avec vestiaires séparés, cuisine et chambre. Il y a aussi l’atelier sans fosse mais équipé de colonnes qui permettent de soulever les cars et de travailler en dessous à hauteur d’homme. La station de lavage juste à côté est alimentée par l’eau de pluie (chaque lavage de car demande 400 litres d’eau). Un gigantesque parking permet de garer tous les cars et un autre plus petit et fermé, héberge les véhicules des clients partis en voyage. « On fait de notre mieux pour que l’entreprise perdure et que tout le monde se sente bien » ajoute Danièle. L’investissement a été conséquent, plus d’un million d’euros.

 

Les Voyages Ferrons se sont installés à Merdrignac début juin.

 

Reste l’éternel problème du recrutement. L’entreprise manque de personnel à temps plein pour assurer les voyages. Alors, les retraités rempilent et assurent les remplacements mais cela n’est pas une solution à long terme.

Enfin, à l’heure du diesel bashing et de sa disparition annoncée d’ici une dizaine d’années, Danièle Fraga reste optimiste. Elle a déjà réfléchi à comment remplacer les 300 000 litres de gasoil nécessaires à l’année. « Le biométhane, un gaz vert produit à partir de la méthanisation, est pour notre activité, une solution bien plus adaptée que l’électricité. Cela permettrait de nous fournir en local via les déchets agricoles et les usines de méthanisation. »

Faire vivre le territoire a également toujours fait partie des priorités de la famille Ferron- Fraga-Pichard- Pichon.

Delphine Jeannest

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