Darius surmonte le pic d’Aneto

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Un mauronnais, adepte du dépassement de soi, au pic d’aneto

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Aller toujours plus haut, toujours plus loin. Le dépassement de soi résonne comme une évidence pour Darius Bekeris. Ce grand sportif qui réside à Mauron aime se lancer un défi une fois par an, de préférence au cœur de la nature sauvage. En avril dernier, il est parti en solo dans l’ascension du plus haut sommet des Pyrénées, le pic d’Aneto. Récit d’une aventure hors norme et d’un homme convaincu par le fait que « la pratique du sport assure la santé physique et mentale ».

pic d'aneto
Darius et Rasa Bekeris, passionnés de sport, sont persuadés que la pratique adaptée des exercices physiques permet de se maintenir en bonne santé.

Darius Bekeris, éducateur sportif diplômé d’État, intervient dans plu-sieurs associations locales dans le secteur de Mauron. Pour lui, le sport est un des moyens de gravir le sommet d’une vie plus saine et plus harmonieuse. Ainsi, toute l’année, il encourage et encadre des personnes de tout âge à pratiquer du sport notamment dans l’Association santé sport adapté (Assa). Voici pour le côté public.
Côté privé, une fois par an, il se lance un défi « pour garder la forme et de se dépasser. Généralement, ce sont des défis en pleine nature, car j’adore la nature, surtout sauvage » confie-t-il. « Et comme j’adore les Pyrénées, je me suis dis pourquoi pas l’Aneto, le point culminant de la chaîne des Pyrénées à une altitude de 3 404 mètres.» Le périple est ainsi programmé pour avril dernier.

Avant de partir pour cette grande aventure, le quarantenaire est taraudé par la même question : « la performance acquise en faisant du sport dans le cadre associatif, me permettra-elle de monter jusqu’au sommet ou au contraire faut il que je me prépare encore mieux ? J’ai pris le risque, je suis parti comme j’étais, sans préparation spécifique » souligne-t-il. Précisons que Darius est en grande forme pour faire du sport au quotidien.
La majorité de ses défis, Darius les réalise avec son épouse Rasa, masseur-kinésithérapeute mauronnaise, également présidente de l’association Assa. Mais cette fois « je suis parti avec mon ami Patrick, un passionné des Pyrénées. »

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Darius et son ami Patrick lors de l’ascension du mont l’Aneto dans les Pyrénées. Patrick a dû abandonner. Darius est reparti le lendemain en solo.

4 heures de marche vers le refuge

Une fois sur place, à Bagnères-de-Luchon en Haute Garonne, le risque d’avalanche ne permet pas aux deux hommes de se rendre en Espagne à pied, au refuge de la Rencluse. Ils décident alors de contourner le massif de Maladeta, en passant en voiture par l’Espagne, pour se rendre à Benasque où ils laissent le véhicule au parking.
Sac a dos au dos, raquettes aux pieds, Darius et Patrick prennent la direction du refuge de Rencluse à 2 140 mètres d’altitude. « Cela correspond à quatre heures de marche en hiver. »
Le jour J, le départ est fixé pour 7 h. « Il y avait beaucoup de neige, et là bas, le dénivelé est très important (1 250 mètres pour atteindre le refuge). C’était une course difficile dès le début », se souvient Darius. Mais la motivation d’atteindre l’objectif et les panoramas magnifiques qui les attendent les deux hommes poussent vers le pic d’Aneto. « Nous avons progressé jusqu’à 3 100 mètres d’altitude quand un gros nuage est arrivé ainsi que du vent fort, nous ne voyions plus rien de notre itinéraire. Pour ne rien arranger, mon ami Patrick souffrait de douleurs aigues dans les genoux, de crampes, et ressentait une fatigue excessive. C’est avec une grande déception que nous avons décidé de renoncer et de faire demi-tour. » Sage résolution quand on sait que le pic d’Aneto est le théâtre de plusieurs décès et accidents chaque année.

Repartir en solo

Le soir, Darius réfléchit et prend la décision de repartir dès le lendemain matin. En solo.
« Je me suis mis en route à 5 h du matin avec une lampe frontale. Je voulais avoir le maximum de temps possible et rejoindre le sommet avant le midi. Il avait encore neigé, il faisait nuit et froid, la visibilité était très mauvaise, et mes muscles étaient fatigués de la veille. Mais je connaissais l’itinéraire, donc j’avançais rapidement, avec une plus grande motivation.»
En altitude, la neige devient de meilleure qualité. Darius, sous un ciel bleu, traverse le glacier d’Aneto, le plus grand des Pyrénées, jusqu’à la dernière étape. « A nouveau, un grand nuage a tout couvert, j’ai perdu la direction mais je savais une chose : il fallait-monter coûte que coûte. C’était le moment le plus difficile avec la fatigue, le froid, le vent, sans aucune visibilité. Je n’étais même pas certain d’être sur la bonne route. Avec toute cette neige, je m’enfonçais jusqu’au nombril. J’ai vécu un moment de grande solitude, de peur et de confusion, voire même une volonté de renoncer. »
Il n’est même pas 11h. Darius s’en-courage, et avance centimètre par centimètre « dans ce nuage où j’avais l’impression de patiner sur place. » Il finit par s’accrocher et monter sur une roche. Au bout d’un moment, les nuages commencent à se dissiper et là sous ses yeux, apparaît enfin le Graal, le fameux pic d’Aneto.

Forces insoupçonnées

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Darius surmonte le pic d’Aneto !

Il lui restait encore à franchir le fameux pas (ou pont) de Mahomet situé à une cinquantaine de mètres de l’arrivée. L’antichambre de la cime disent certains. « Les randonneurs occasionnels sont parfois stoppés dans ce passage aérien. En effet, à droite et à gauche de cette courte et haute arête d’une trentaine de mètres, se trouvent des pics plus ou moins importants. Il y a de quoi donner le vertige. Petit à petit, parfois à quatre pattes, je suis passé et ai réussi à atteindre ce toit du monde. »
Pourquoi cette obstination ? « Dans les aventures comme celle-ci, on se découvre et on trouve les forces que nous n’aurions jamais imaginé avoir. Le fait d’avancer à tout petits pas nous apprend énormément sur la patience, le courage, la volonté. Pendant toute l’ascension, j’avais toujours dans mon cœur mon fils et ma femme. Et dans mes pensées, mes adhérents qui me font confiance en venant régulièrement faire du sport avec moi. Ils sont assidus, ils ne lâchent rien tout l’année, ils sont plus courageux que moi. Cela m’a vraiment motivé. J’espère un jour avoir une possibilité d’organiser une sortie en montagne avec toute l’association. »
Fort de ce nouvel exploit, notre lituanien d’adoption a depuis repris sa vie quotidienne avec l’espoir de voir aboutir un nouveau projet à la rentrée prochaine.

Propos recueillis par la rédaction

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